‹ Théologie cosmogonique; ou, Reconstitution de l'ancienne et primitive loiChapitre 88 sur 154 · LES FAUSSES DÉCRÉTALES · texte numérisé non relu

LES FAUSSES DÉCRÉTALES

Lorsqu'au milieu du ix* siècle, la faiblesse et les contra- . dictions du pouvoir temporel à lui suscitées par un parti prêtre, au'un illustre esprit, qu*un seul esprit a justement qualifié dans nos temps récents, avaient été amenées insensiblement et avec ruse par le clergé, l'église fît un pas de plus. Le caractère de l'époque était barbare; il pouvait menacer l'église. Pour parer à ce danger imminent, on inventa les fausses décrétales qu'on attribua à Isidore de Séville , évêque qui mourut en 636 , et dont la fausseté est reconnue par tous les esprits sérieux. Le but de cette collection de droits canoniques, était d'assurer un pouvoir et une prépondérance excessives aux évêques. Mais il faut lire ce canon hiératique pour se faire une idée des prétentions exorbitantes que s'y arrogèrent les chefs de la religion , de celte religion qui prétendait et qui prétend toujours que son règne n'est pas de ce monde. On y dit qu'un laïc ne peut accuser un ecclésiastique, qu'il doit supporter en toute numilité les fautes de Thonime d'église : que la puissance du clergé élait infiniment supérieure à celle des laïcs; que le pape pouvait excommunier des rois et des princes, et les déclarer déchus de leur couronne. On voit que l'église n'y allait pas de main morte pour anéantir le pouvoir réel pratique et salutaire qui naturellement cherchait à résister à SCS envahissements.

A l'époque de l'apparition des fausses décrétales, l'église, pour légitimer sa tendance k l'usurpation temporelle en Italie, et la tyrannie qu'elle exerçait réellement dans les petits Etats de l'Eglise, inventa une donation de Constantin, donation faite, disait-on, au pape Sylvestre, à l'occasion du baptêrne de l'empereur. On le voit , rien ne répugnait aux hommes d'église pour s'emparer de la domination du monde vi de ses joui.<sanccs. Mois déjà, dès l'année 1)99,

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l'empereur Othon III, et, en 1152, les Romains reconnurent la fausseté et le mensonge de oette soi-disant donatio Constantini magni; et au xv* siècle , le célèbre Laurent Valla écrivit sur ce sujet : « De falso crédita et ementita donatione Const. M, »

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