LA PAPAUTÉ AU X- SIÈCLE
Il y avait huit siècles passés que le christianisme s'était étendu au sein des nations qui bordaient la Méditerranée. Au commencement du x'^ siècle il arriva une époque dans la papauté qui en aurait dégoûté les nations si elles n'avaient pas déjà été trop détournées de la vérité et si leur sens moral n'avait pas été perverti par les idées sémitiques. Au sein de la ville et du monde papal régnaient tous les vices imaginables; la papauté était devenue le hochet des grands et des femmes. Théodora et Marozia , la mère et la fille , deux dames romaines, disposaient de la tiare. Riches, belles, influentes , elles régnaient , non par les facultés morales sur les hautes classes romaines, mais par l'abandon le plus entier qu'elles faisaient de leur personne à ceux qui leur offraient des châteaux et des forteresses. En 91 4 Théodora fit nommer Jean X au souverain pontificat. En 931 Marozia fit élire pape son tils Jean XI, jeune homme de vingt-cinq ans.
Mais tous ces désordres devaient être dépassés un peu
il, LE MOYEN AGE.
ifîcatdeJeanXII, qui régnait de l'an-
con^^ /Domme de dix-huit ans, ce pape fut le
"^^ feon noDld'Octavienenceluide JeanXII,
' * SS is doute une forme plus ecclésia tique. Le
^ ie nous citons plus i)as fera comprendre
/ conséquences et les résultats des extra-
/ques importées depuis si longtemps dans
^par les races traficantes du désert. •« Jean XII
xa tiré, il y a deux ans, des mains d'Adelbert,
p.. raison que le diable hait Dieu.
Ueii., ir (Olhon II) , comme nous le savons par expérience, escîin homme sage, qui observe , qui chérit les lois divines, qui protège par ses armes les droits ecclésiastiques et séculiers, qui s'honore par ses mœurs et qui s'illustre par ses lois. Tout cela au contraire manque au pape Jean ; personne ne l'ignore. Et d'ailleurs ce qui le prouve c'est qu'il a donné à la veuve de Rainier, son vassal, à sa maîtresse , le gouvernement de plusieurs villes avec des croix et des calices d'or de l'église de Saint-Pierre ; ce qui le prouve, c'est la mort récente d'Etien nette, son autre maîtresse, qui n'a pas survécu à son avortement. Le palais de Latran , autrefois l'habitation des saints, n'est plus aujourd'hui qu'un lieu de débauche où il loge sa concubine, sœur de celle de son père. II n'y a plus une femme honnête d'aucun pays qui ose venir visiter l'église des apôtres ; car on sait que depuis quelques jours il a abusé par force de qVielques-unes , ou mariées, ou veuves, ou vierges. Tout lui est bon , belles ou non, riches et pauvres. Les églises des apôtres tombent en ruines, il pleut sur les autels, et ceux qui y entrent peuvent craindre de les voir crouler sur eux (1) ».
Quelles réflexions ne s'élèvent pas dans l'esprit de l'homme sérieux au tableau des mœurs abominables de la société papale comparé à celui des mœurs des sociétés germaniques du Nord ! On voit l'essence chananéenne chez tous ces personnages de la papauté et leurs acolytes. On voit chez les empereurs d'Allemagne, au contraire, cette raison d'observation , cet esprit pratique , le bon sens et le sentiment de vérité qui caractérise les races caucasiques. Et aujourd'hui encore la dignité humaine n'est-elle pas seulement intacte ailleurs qu'au milieu des sociétés oblitérées par des abstractions vagues et rêveuses, détournées de la loi naturelle des rapports par une idéologie qui perd de plus en plus les
(1) Luitprand, de Rébus imperatorum et regum, I. yi, th. 6.
GHAP. II. GORDOUK. ' 349
mœurs, les pensées, la loyauté, le cœur, l'âme et l'esprit de peuples tout entiers? Or, tous ces désastres ne sont produits que par la fausse donnée théologique et sociale sortie de 1 élucubration cérébrale opérée par le sentimentalisme mystique et ténébreux qui s'élança du désert pour abîmer les nobles populations qui vivaient dans le bonheur et l'ordre dans des contrées fertiles et favorisées par les bienfaits de la nature.