CHAPITRE II
« On parle des principes (&pxñ) d’une science dans le sens où nous disons que les rudiments (ororyeix) de la grammaire sont ses principes. Et l’apôtre a en vue cela lorsqu'il dit: Alors que vous devriez depuis longtemps être des maîtres, vous avez encore besoin qu’on vous enseigne les rudiments des principes de la sagesse de Dieu 1, On peut envisager de deux façons les principes d’une science, suivant sa nature ou par rapport à nous : comme si nous disions du Christ que son principe naturel est la divinité, mais que, par rapport à nous, qui ne pouvons, à cause de sa grandeur, commencer à apprendre sa Vérité? le principe est l’humanité; et c’est ainsi qu’est enseigné aux petits Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié. On peut dire que les principes naturels de cette science sont le Christ en tant qu’il est Sagesse et Puissance de Dieu; mais par rapport à nous ils sont exprimés par la phrase : Le Verbe s’est fait chair pour habiter parmi nous, et nous ne pouvons commencer à le comprendre que de cette façon 3 ».
Si le Logos dans sa divinité est Image du Père, il se manifeste nécessairement à nous à travers son humanité. Certaines dispositions religieuses sont nécessaires pour apercevoir le Dieu à travers l’homme Jésus : ni Caïphe, ni Pilate, ni les Juifs qui réclamaient sa crucifixion, ne les ont eues 4 Mais encore faut-il que l’humanité de Jésus soit elle-même une image de Dieu pour cela.
La distinction de la divinité et de l’humanité en Jésus est très nette chez Origène. C’est l’homme qui est tenté 5, qui se plaint à l’agonief, qui meurt ”, et non le Logos. Après avoir montré dans le Verbe l’Image de Dieu, il faut voir comment l’homme Jésus, ou suivant les termes
x Elebr; NV, x2 é
2. Vérité au sens de réalité originelle, par opposition à image. 4
3. In Jo., 1, 18 (20) (G. C. S. 1v, p. 22, 1. 27), cf. Fragm. in Jo., Lxx1 Gbid., p. 539, 1. 19). «Peut-être est-ce le propre du débutant de croire (seulement) au Fils de l’homme et du progressant de monter jusqu’à croire au Fils de Dieu. Il peut alors dire : Si nous connaissions autrefois le Christ selon la chair, nous ne le connaissons plus maintenant selon la chair seule, mais en tant que Fils de Dieu » (II Cor., v, 16).