In Jo., xxx11, 18 (11) (G. C.S. 1V, p
An. 7, DA190:11 68e
42. Voir au sujet de la préexistence de l’âme du Christ : HuET, P. G. xvur, col. 802 sq., FREPPEL, op. cit., I, pp. 413 sq., KYRILLOS, op. cit., 11, pp. 92-116.
43. Voir BARDY, art. cit., D. T. C. x1, col. 1541; LIESKE, op. cît., Pp. 119-131; Capiou, La Jeunesse. pp. 302-306; KYRILLOS, op. cit., II, pp. 92-116; VôLKER, op. cit., pp. 110-116. Tous ces auteurs croient à l’orthodoxie foncière de la pensée d’Origène sur ce point. Evidemment, bien des expressions qu’il emploie seraient aujourd’hui inutilisables, car nous leur donnerions un sens soit nestorien, soit monophysite. Mais si on considère l’ensemble des textes, on s’aperçoit qu'il ne leur prêtait pas cette signification hétérodoxe.
44. Sur la distinction des deux natures, voir les textes cités pp. 70 et 129. Origène voit parfaitement ce qu’il faut attribuer à la divinité et ce qui doit l'être à l'humanité. Sur l’unité des natures de nombreux textes peuvent être invoqués, qui ne distinguent pas le Verbe de Jésus. Ainsi Hér., 1, 8 (G. C. S. 111, p. 8, 1. $ sq.), commentaire de Jér., 1, 6 : « Je ne sais pas parler ». Origène applique ces paroles au Christ : « Le Sauveur, quand il se trouve dans le Père et dans la majesté de sa gloire, ne parle pas un langage humain, il ne sait pas s'exprimer avec les mots d’ici-bas. Lorsqu'il vient dans un corps humain, il dit au début : Je ne sais pas parler car je suis trop jeune. Trop jeune il l’était en effet selon sa naissance corporelle, mais il était ancien en tant que Premier Né de toute créature; trop jeune il l’était aussi parce qu’il est arrivé à la fin des siècles, et il est venu tard à la vie ». De même CC 1, 66 (G. C. S., 1, p. 120, 1. 21 sq.) : Jésus voulait nous enseigner « qu’il y avait quelque chose de divin dans l’homme qu’on voyait, et c'était le Fils de Dieu au sens propre. Mais ce n’est pas le moment de
Mais l’union de l’âme de Jésus au Logos nous intéresse, car elle explique comment cette âme est l’image du Verbe, et aussi, toutes distances gardées, le modèle suivant lequel l’âme du fidèle s’attache au Logos. De même que la génération du juste par Dieu dans chacune de ses bonnes actions imite, bien que de loin, la génération éternelle et continuelle du Logos par le Père, — ét c’est pourquoi il y a un rapport de modèle à image entre le Fils unique et les fils adoptifs 45 —, de même l’adhésion du fidèle au Logos est une imitation lointaine de l’union hypostatique 46, Voici quelques passages du Peri Archon, qui donnent l'essentiel sur l’union de cette âme avec le Logos : « Comme il est l’Image du Dieu invisible, il donne invisiblement sa participation à toutes les créatures raisonnables 47, et chacune y prend part dans la mesure où elle s’attache à lui par amour... Cette âme,
disserter sur le composé (= d’homme et de Dieu), et sur les éléments qui constituaien Jésus fait homme ». In Jo., 11, 8 (4) (G. C. S. 1v, p. 62, I. 20) : Le Cavalier Verbe de Dieu de l’Apocalypse (XIX, 11-16) porte un manteau taché de sang qui est sa chair. Les textes de ce genre sont nombreux et affirment clairement l’unité de personne. Sur la communication des idiomes, voir PA 11, 6, 3 (G. C. S. v, p. 143, 1. 2 sq.). Ce sont des textes qui devraient donner leur sens à des essais théologiques que nous trouvons maladroits, parce que nous avons trop présente à l’esprit la signification que des hérétiques postérieurs ont donné à des expressions semblables, signification qu'Origène n’y mettait pas. Il faut ajouter que, bien qu’Origène ait une conception tout à fait personnelle de Dieu et de son Verbe, qui le montre chrétien et non mésoou néoplatonicien, il n’a pas une idée claire de la personnalité : il ne percevait donc pas le reproche qu’un moderne pourrait faire à sa conception de l’âme de Jésus, celui de donner au Verbe incarné une double personnalité, celle du Verbe, et celle de l’homme, dont le siège est précisément l’âme, détentrice du libre arbitre. Mais les notions de nature et de personne ne sont guère plus distinctes chez lui que chez ses contemporains.
Un autre texte, fort intéressant, se trouve dans In Mt., xvi, 8 (G. C. S. x, p. 500). Origène blâme ceux qui « sous prétexte de glorifier Jésus confondent ce qui concerne le Premier-Né de toute création avec ce qui regarde le corps et l’âme de Jésus, et peut-être aussi son esprit : ils pensent que Jésus, tel qu’on l’a vu et qu’il est venu à l'existence, est un et non composé; ils ne pensent pas sainement. Demandons-leur si celui qui a été donné en rançon pour les hommes est l’Image du Dieu invisible dans sa divinité, le Premier-Né de toute création dans son essence supérieure, celui en qui ont été créées toutes choses... Demandons-leur à qui il a été donné en rançon, quel est cet ennemi qui nous retient prisonniers jusqu’à ce qu’il reçoive la rançon; demandons-leur aussi si ce dernier peut recevoir une telle rançon, une rançon si considérable, pour ses captifs. Je ne dis pas cela pour mépriser l’âme de Jésus et la diminuer, mais c’est cette même âme qui, selon l’opinion commune, est donnée par le Sauveur : en effet son essence supérieure, sa divinité, ne pouvait être donnée en rançon. Ce n’est pas qu’aujourd’hui je sépare Jésus du Christ, car je sais fort bien que Jésus-Christ et son âme ne font qu’un avec le Premier-Né de toute création, et l’on peut dire de même de son corps. Tout cela n’est qu’un, d’une manière bien plus vraie, si je puis ainsi parler, que dans le cas de l’âme qui s’attache au Seigneur et ne forme qu’un seul esprit avec lui ». La distinction et l’unité des natures sont enseignées dans ce texte d’une façon parfaitement claire. Quant à la fameuse théorie des droits du démon, qu’on présente d’ordinaire comme étant l’explication que donne Origène de la Rédemption, on ne la trouve qu’en exégèse de Matth. xx, 28 et je ne Pai pas rencontrée dans d’autres textes que celui-là : c’est une exégèse occasionnelle, et il ne semble pas qu’il faille lui accorder beaucoup d’importance.
A5: PE XX, 4/-Ctp. 1120: re
46. In Jo., 1, 28 (30) (G. C. S. 1v, p. 36, L. 12). Il met en rapport l'union des deux natures avec l’âme du fidèle qui se « mélange » au Saint Esprit, « et ainsi chacun des sauvés devient spirituel ».