Cf. pp. 90-01 : In Ÿo., xxxI1, 28 (18) et xIII
64. In Rom., Vu, 7 (cf. note 61) : « .… quae se per omnia Verbo ac Sapientiae Dei ita coaptavit, ut in nullo prorsus ab ejus similitudine decolor haberetur... ». PA 1, 2, 8 (cf. pp. 114-115), les deux statues « .… fieret autem alia statua membrorum habitu ac vultus liniamentis, specie ac materia, per omnia similis.. ». I] s’agit de la ressemblance du Christ-homme avec Dieu, à plus forte raison avec le Logos-Dieu, qui est intermédiaire entre Dieu et l’âme de Jésus,
diminuée , Enfin l’âme du Christ est intercalée, comme une seconde image intermédiaire, entre Dieu et les hommes, puisque ces derniers parviennent par son imitation à la ressemblance divine et à la qualité de fils 66,
Origène cite souvent, d’après les Septante, ce texte des Lamentations $7 : « Le souffle de notre face, le Christ Seigneur, a été pris dans leurs destructions, lui dont nous disions : À son ombre nous vivrons parmi les nations ». Le sens littéral concerne le dernier roi de Juda, Sédécias, l’« Oint du Seigneur » qui a été mené en captivité, et enlevé à son peuple. Mais Origène l’applique au Christ, en supprimant le membre de phrase « a été pris dans leurs destructions ». Et comme le mot ombre (ox&) est pour lui un équivalent plus ou moins exact d'image, il l’entend aussi de l’âme du Christ. « De même que l’ombre du corps est inséparable du corps, et reproduit infailliblement ses mouvements et ses gestes, je pense que (le prophète) a voulu montrer les actions et les œuvres de l’âme du Christ, qui adhérait inséparablement à lui, et exécutait toute chose selon son impulsion et sa volonté : c’est pourquoi il l’a appelée ombre du Christ Seigneur, ombre sous laquelle nous vivons parmi les nations 8 ». Cette vie parmi les nations à l'ombre du Christ n’est pas autre chose que notre vie terrestre, au milieu des ombres des réalités célestes $%, comme il est dit dans l’Écriture : « Notre vie terrestre n’est-elle pas une ombre ? » ©, Entre la connaissance du Verbe à travers son humanité, et celle de la « vérité » de cette ombre, c’est-à-dire du Verbe divin, il y a toute la différence de la connaissance « dans un miroir et en énigme », seule possible sur cette terre, et de la connaissance « face à face » 71, réservée pour le ciel. Ce terme d’ombre appliquée à l’âme de Jésus manifeste nettement l’infériorité de l’image par rapport au modèle 72. Bien que l’huma-
65. La comparaison des deux statues affirme au moins que le Christ en tant qu’homme est une copie du Père, mais de plus petites dimensions.
66. Cette gradation avec deux images intermédiaires : Dieu-Logos-Ame du Christ-âmes individuelles, rappelle celle de Plotin : l’Un-le Noûs-l’Ame du Mondeles âmes individuelles. Elle a peut-être trouvé quelque inspiration dans le Moyen Platonisme. La Psyché plotinienne contient en elle les autres âmes, qui sont à la fois une seule Âme et des âmes distinctes. L’âme du Christ contient bien elle aussi d’une certaine façon les autres âmes, puisqu'elle a pour corps l'Eglise : et l'Eglise, corps du Christ, préexiste à l’Incarnation, tout comme l’âme du Christ. Voir G. Barpy, La Théologie de l'Eglise de saint Irénée au concile de Nicée, pp. 145 sq.