HEz.,1v, 1 (G. C.S. vi, p
30. Dans l’Zn Ÿo., 1, 17 (18) (G. C. S. 1v, p. 22, 1. 14) Origène rejette nettement l’idée que la matière est inengendrée. Cette conception n’est pas « pour nous, qui croyons que Dieu a tiré les êtres du néant, comme l’enseignent la mère des sept martyrs dans les livres des Macchabées (11 Mac., vit, 28), et l’ange de la Pénitence dans le Pasteur ». Origène a encore des hésitations sur la canonicité du Pasteur d'Hermas, et il semble le citer ici comme Ecriture.
31. Ser.in Mt. 50 (G. C. S. x1, p. 109, 1. 1 sq.) : Dieu façonne les corps glorieux avec une matière céleste, comme il a façonné avec de la terre le corps terrestre. DENIS (op. cit., p. 167) prétend que selon Origène Dieu ne crée que les esprits, puisque tout ce qui est créé par lui l’est à son image, et que son image est spirituelle. Cette déduction, tirée de principes que Denis attribue à Origène, est démentie par les textes, notamment par CC, 1v, 54-56 (G. C. S. 1, p. 326, 1. 21 sq.) : Celse prétend, à la suite du Timée de Platon, que Dieu n’a pas créé les corps; Origène le réfute longuement.
32. In ÿo., xuux, 50 (49) (G:. C. S. 1v, p. 277, L. 30). À propos de ÿoan., IV, 38 : « Je vous ai envoyé moissonner ce que vous n’avez pas travaillé : d’autres ont travaillé et vous êtes venus sur leur labeur ». Ces autres sont les anges qui mélangent les âmes et les corps dans le sein maternel : ce texte pose bien des questions qui ne peuvent être résolues que dans le cadre d’une étude sur l’angélologie et la démonologie d’Origène. Dans le Timée le Démiurge fait les âmes, mais il laisse aux dieux inférieurs qu’il a créés le soin de façonner les corps (42 E-43 B, x, p. 158).
33. Voir In Jo., 1, 17 (G. C.S. 1v, p. 21, 1. 3 sq.) : «Il y a aussi un principe (ou un début 4x) du devenir (yevéoewc) qu’on croirait pouvoir trouver dans cette phrase : Au début Dieu créa le ciel et la terre. Mais je pense que cela est exprimé plus clairement dans le livre de Job : Voici le début du rAdoux du Seigneur, fait pour être la dérision de ses anges. On pourrait croire en effet que le ciel et la terre ont été les premiers êtres créés dans le monde du devenir. Mais il est préférable de suivre la seconde opinion, et de dire que le premier des nombreux êtres corporels a été celui qui est appelé le dragon, qui est nommé aussi quelque part la grande baleine, celui que le Seigneur a dompté. Et il faut savoir que si la vie de ceux qui sont dans la béatitude des saints est tout à fait immatérielle et incorporelle, celui qu’on appelle le dragon est tombé de cette vie pure, et a mérité d’être lié avant tous les autres à la matière et au corps, afin que le Seigneur dise dans sa réponse du milieu des nuées : Voici le début du rhéou« du Seigneur, fait pour être la dérision de ses anges ». Au sujet du diable voir dans le chapitre suivant « l’image du diable ». Nous verrons aussi que, si la vie des bienheureux au ciel est dite par ce texte immatérielle et incorporelle, il ne faut pas y voir une négation de la résurrection des corps, affirmée très souvent et très clairement. Cela veut dire que les bienheureux ne vivent plus selon le corps terrestre, avec ses
est le premier Terrestre % : parce qu’il est tombé le premier de l’état supérieur, et qu’il a désiré une autre vie que la meilleure, il a mérité d’être le principe, non de la production (#rioux), ni de la création (roinua), mais du modelage (roux) du Seigneur, fait pour être la dérision des anges » %5, Cette étude de mouiv et de radrretv confirme l’idée que la création des corps est postérieure à la chute, dont elle est la conséquence, et que les textes sur les deux créations sont à comprendre dans la perspective de la préexistence. Le terme de mouïv s'applique à la création noble, celle des esprits, celui de rAérreiv à la création inférieure, celle des corps, consécutive au péché.
Dans l’In Matthaeum %, Origène fait remarquer, à grand renfort d’érudition hébraïque, que, dans chacun des deux récits, le sexe n’est pas désigné par les mêmes termes : dans la première création il s’agit de mâle et de femelle, dans la seconde d'homme et de femme. Et la formation de la femme ne figure que dans le second chapitre. Aussi conclut-il : « Jamais la femme n’a été faite selon l’image, ni l’homme (ävhe), mais les premiers (parmi les êtres selon l’image) sont dits mâle, et les seconds femelle ». Et il interprète ainsi ce dernier membre de phrase : « Et celui qui a produit (xrioxc, plus large que créer) dès le début le Christ selon l’image — puisqu'il se trouvait sous la forme de Dieu — l’a fait mâle, et il a fait femelle l’Église, leur donnant à tous deux un unique selon-l’image ». C’est le seul texte, à notre connaissance, où le Christ soit dit xur” eixéva et non comme d’ordinaire eixov. Le premier récit est donc interprété du Christ et de l’Église: nous en verrons l’explication plus loin.
Origène aborde à nouveau cette question dans la première homélie sur la Genèse #7. Il se demande comment l’Écriture parle de mâle et de femelle dans la première création, alors que la femme n’a pas été formée. Son explication est que Dieu prédit ce qui va se passer pour prévenir une objection de l’homme concernant l’ordre qu’il lui donne :
limitations et ses misères, mais obéissent entièrement à l'esprit. Le juste, qui vit sur terre lui-même, vit dans le corps et non dans une certaine mesure selon le corps : voir p. 185 (et note 34) et p. 247. Le diable est lié à la matière, non qu’il ait un corps matériel semblable au nôtre, mais parce que c’est de la prostituée, la Matière, qu’il engendre ses fils (1n Ÿo., xx, 16 (14), cf., p. 133, note 32). Il affirme que le diable n’a pas un corps terrestre dans le CC 1v, 92 (G. C. S., 1, p. 365, L. 12 sq.), mais un corps plus subtil que le nôtre (PA 1, praef., 8, G. C. S., v, p. 15, L. 13). Alors que le juste vit dans un corps matériel, mais non selon lui, le diable qui n’a pas de corps matériel, utilise la matière pour ses fins (HYér. latin., 11, 9, G. C. S. vin, p. 298, L. 26, cf. p. 185). Tout cela est clairement exposé en PE, xxvi, 5 (G. C. S. 11, p. 362, L. 4 sq.) à propos du juste qu ia son roXreuua dans le ciel; et en CC 1v, 92 (G. C. S. 1, p. 365,1. 10-13) au suje 1des démons qui se vautrent sur les corps terrestres les plus épais et les plus impurs ,mais qui ont cependant la connaissance de l’avenir, car ils sont privés de corps terrestre
34 Voir la note précédente, et dans le deuxième chapitre la partie intitulée « Image du Terrestre, image du Céleste ».