HGén., 1, 14 (G. C.S. vi, p. 18, 1. 16 sq
« Croissez et multipliez-vous »; ou bien, idée intéressante, que Dieu crée tout par couples, le ciel et la terre, le soleil et la lune, Mais vite essoufflé par cet effort d’exégèse littérale, il se tourne, comme à son habitude, vers l’allégorie, et voit dans le mâle et la femelle les deux éléments qui constituent notre homme intérieur, l’esprit et l’âme, et qui peuvent engendrer, à la condition que l’âme soit soumise à l’esprit.
Il est évident que si l’on voit, comme Philon et Origène, dans les deux récits de la Genèse, deux créations différentes, la difficulté que pose la mention du sexe dans le premier est insoluble, et l’interprétation allégorique semble être la seule possible. L’embarras de notre docteur vient de ce que, si la première création est celle des vées préexistants d’avant la chute, on ne comprend guère ce que le sexe a à faire : ces intelligences n’ont pas de sexe, et Origène, bien que son interprétation soit différente de celle de Philon, devrait arriver aux mêmes conclusions. Il ne le dit pas nettement, mais on peut le déduire d’un principe qui se trouve plusieurs fois dans son œuvre: la fin est toujours semblable au commencement, l’eschatologie reproduit l’« archéologie » #8, Or l’In Matthaeum ® affirme que dans le monde de la résu:rection il ne sera plus question de sexe, puisque la génération sera supprimée avec le devenir, conformément à la parole du Keigneur : « Dans la résurrection on ne se mariera plus, mais les hommes seront comme les anges dans le ciel » #. On ne connaîtra plus alors qu’un unique et éternel mariage, celui du Christ avec l’Église 41, Nous voyons maintenant pourquoi Origène interprète la création de l’homme selon l’image, mâle et femelle, du Christ et de l’Église : elle exprime l’union parfaite qui joignait alors au Verbe le monde des intelligences, union qui reprendra à la fin des temps, lorsque les conséquences du péché seront surmontées #,
$ 2. — Le lieu du selon-l’image
Nous avons exposé, dans la première partie de ce travail #, l'opinion de certains chrétiens, qui, au sein même de la grande Église 4, mettaient l’image dans le corps, et se représentaient en conséquence Dieu
38. Le principe est clairement posé en PA, 1, 6, 2 (G. C. S. v, p. 79, L. 22 sq.). On le retrouve en PA 11, 1, 1 (sbid., p. 107, 1. 9 sq.). En In Ÿo., xx, 37 (G. C: IS IV D 202, 1. 12) l’œuvre de Dieu était parfaite dès le début, mais le péché l’a gâtée, et la venue du Christ la rétablit dans sa perfection primitive.