Matth., XXII
4ï. In Mt., xvur, 33 (G. C. S. x, p. 692, 1. 5 sq.). N
42. Voir sur cette Eglise céleste dans la préexistence G. BARDY, La théologie de l'Eglise, p. 146 sq.
CCE D:103: ra | sé In Rom., 1, 19 (P. G. xi1v, col. 871 À) ».. Anthropomorphitas. qui in Ecclesia
positi imaginem corpoream hominis Dei esse imaginem dicunt ».
comme corporel. Parmi eux est nommé Méliton de Sardes. Origène indique leurs arguments dans un texte dont nous avons parlé #. Ils se basent d’abord sur les anthropomorphismes de la Bible, qui assignent à Dieu des organes corporels. Ensuite sur les théophanies : comment Dieu se serait-il montré aux patriarches s’il n’avait pas de corps ? Ils se représentaient enfin le second récit de la création comme une simple répétition du premier, le premier concernant déjà l’homme corporel, fait selon l’image 4.
La position d’Origène nous est déjà connue : la distinction des deux récits, l'opposition entre mouiv et rk&rreiv, le désir de supprimer de la première relation une véritable séparation des sexes, tout cela affirme que la création selon l’image n’est pas corporelle. Il nous faut exposer les arguments qu’Origène, en de multiples passages de son œuvre, rétorque aux anthropomorphites. Il démolit d’abord les leurs. Les anthropomorphismes de la Bible! mais si on les prend à la lettre, on tombe dans la plus complète incohérence. « On lit dans Zacharie: Les sept yeux du Seigneur qui regardent toute la terre 47. Si Dieu a sept yeux et nous deux, nous ne sommes pas faits à son image.De même nous ne sommes pas doués d’ailes, alors que le Psaume XC affirme de Dieu qu’on espérera sous ses ailes #: s’il est aïilé, alors que nous sommes des êtres aptères, l’homme n’est pas fait à l’image de Dieu. » Et ainsi de suite #. Mais ses adversaires sont des charnels qui ne savent rien comprendre spirituellement. « Ils pensent ainsi parce qu’ils ne possèdent pas ces oreilles qui permettent d'entendre d’une façon digne de Dieu les paroles de Dieu que contiennent les Écritures 50, » Cette polémique se situe donc dans sa lutte en faveur du sens spirituel des Écritures, et il revient souvent sur la question des anthropomorphismes bibliques 51,
On ne trouve pas, dans le passage des Selecta in Genesim que nous commentons, une réfutation de l’argument concernant les théophanies. Mais Origène ne serait pas embarrassé pour la faire, et nous en avons exposé les éléments dans la seconde partie de ce travail. C’est le Logos, révélateur du Père, exécuteur de ses actes ad extra, qui est l’agent des théophanies, et cela dès avant l’Incarnation; mais ses apparitions consistent essentiellement en une communication intérieure; cela est vrai aussi pour le Christ incarné, car il ne suffit pas de voir son humanité, pour connaître à travers lui le Père %2. I] n’est donc pas nécessaire de supposer Dieu corporel, pour expliquer les théophanies.
45. Cf. p. 63. Sel. in Gen., 1, 26-27 (P. G. xu1, col. 93 AB).