Voir pp
Avec ces arguments de raison, des arguments de convenance: il est impie d'affirmer Dieu corporel 5, il faut entendre l’Écriture d’une façon digne de celui dont elle parle. Mais Origène s'appuie surtout sur l’autorité de l’Écriture elle-même. Il invoque le témoignage de Moïse, qui ne parle pas de matière à propos de la création de l’homme selon l’image, et affirme ainsi nettement que le selon-l’image est incorporel 5, Il n’est pas question d’image dans la Genèse au sujet du ciel ni de la terre, du soleil ni de la lune, ni d’aucune créature corporelle, mais au sujet de l’homme seul 5. Le premier article de ce chapitre développe le témoignage de Moïse comme Origène le comprend. Et saint Paul vient lui aussi à son secours. Ne condamne-t-il pas les anthropomorphites avec les idolâtres parmi ceux qui ont changé la gloire du Dieu incorruptible, le rendant semblable à l’image d’un homme 56? Ne donne-t-il pas l’interprétation correcte des deux récits de la Genèse, lorsqu'il parle du vieil et du nouvel homme, du nouvel homme « créé selon Dieu » « qui se renouvelle pour la connaissance à l’image de son Créateur » 57 ou qu’il mentionne l’homme extérieur corruptible, et l’homme intérieur capable de renouvellement 58.
La critique d’Origène n’atteint pas seulement ceux qui verraient l’image dans le corps seul, mais ceux qui la mettent, comme c’est le cas d’Irénée, dans l’ensemble du composé humain. « Si le selonl’image se trouve dans les deux éléments, il faut alors que Dieu soit composé, constitué lui aussi d’âme et de corps, pour que la partie supérieure du selon-l’image soit dans son âme, la partie inférieure et corporelle dans son corps, ce que personne parmi nous ne prétend %, »
Le refus d’Origène de voir le selon-l’image dansle corps, conséquence de l’incorporéité de Dieu, n’entraîne pas un mépris du corps. En effet la dignité de la participation à l’image rejaillit sur lui. S’il n’est pas comme chez Plotin l’ultime dégradation de l’image, Origène voit en lui comme Philon le sanctuaire qui abrite le selon-l’image. « Le corps est le temple de celui qui a reçu par sa participation à l’image de Dieu
So Gers DTA GAC SAV IDUTS, LL 16);