Ad Mart., xivit (G. C. S. 1, p. 43, 1. 5 sq
86. Fragm. in Luc, 53 (G. C. S. 1x, p. 259, 1. 40 sq.). Un texte du Peri Archon oppose l’anima et la mens, rapprochant cette dernière du spiritus : (Paul) joint plutôt l'intelligence que l’âme au Saint Esprit. Je pense qu’il le montre lorsqu'il dit : Je prierai par l’esprit, je prierai aussi par l’intelligencé; je psalmodierai par l'esprit, je psalmodierai aussi par l'intelligence (7 Cor., xiv, 15). Il ne dit pas : Je prierai par l’âme, mais : par l’esprit et par l’intelligence; il ne dit pas : Je psalmodierai par l’âme, mais : par l’esprit et l'intelligence » (PA 1, 8, 2, G. C. S. v, p. 155, 1. 2 sq.). Le voÿc ou mens, qui est la faculté contemplative (cf. p. 233 sq.), est joint à l'esprit par ce qu'il est la partie supérieure et pneumatique de l’âme, celle qui est sous l’influence de l’esprit. Et il est distingué de l’âme dans son ensemble, car elle comprend, en plus de l'intelligence, une zoné qui est sous la dépendance du corps. Le texte paulinien oppose plutôt rveüux et voüs qu'il ne les joint. Le nveüua c’est l'inspiration charismatique produisant des états d’extase (comme la glossolalie). Saint Paul trouve que l’engouement des Corinthiens pour ces états extatiques est exagéré, et il veut que l'intelligence garde son rôle dans la prière. Voir J. DUPONT., Gnosis… pp. 154 sq. Nous ne croyons pas que G. VERBEKE ait raison d’écrire (op. cit., p. 456) : « la partie supérieure est appelée voÿc ou nveüux, les deux autres éléments constitutifs sont désignés par les tèrmes Yuxñ et o@ux. D’après cette conception, le nveüux désigne donc la partie raisonnable de l’âme humaine et est synonyme d'intelligence ». Nous ne voyons guère de texte qui attribue au pneuma les fonctions intellectuelles : il est représenté comme extérieur à l’âme qui doit se conformer à lui; le noûs et le logos qui est en chacun désignent la partie supérieure et pneumatique de l’âme, celle qui se conforme au pneuma. Le vobc et le mveüux ne peuvent se confondre, et le Peri Euchès (11, 4 : G. C. S. 11, p. 301, L. 28 sq.) les distingue nettement à propos de I Cor., xiv, 15 : « Notre intelligence ne peut pas prier si l'esprit ne la précède dans la prière : elle se tient dans son obéissance ». De même HŸos., Xx, 1, fragment grec de la Philocalie (G. C: S. vu, p. 417, 1. 30) citant Z Cor., xIv, 14 : « Mon esprit prie, même si mon intelligence reste inféconde »; cette phrase se trouve dans un texte étonnant, qui affirme que l’Ecriture agit sur l’âme même lorsqu’on ne la comprend pas, fortifiant les bonnes puissances qui sont en nous, et débilitant lès mauvaises.