‹ Théologie de l'image de Dieu chez OrigèneChapitre 170 sur 276 · Cant · texte numérisé non relu

Cant

222. L'Épouse est à la fois l'Eglise et l’âme individuelle. Il s’agit ici de l'Église venue des nations, qui ne descend pas d’Israël selon la chair : les hommes illustres sont les patriarches.

223. L’Ethiopienne épousée par Moïse, symbole de l'Eglise venant des nations : Num., Xu, 1.

celui qui est l’image de Dieu, le Premier-Né de toute créature, qui est la splendeur de sa gloire et le rayonnement de sa substance, et je suis devenue belle » 2%, A la beauté originelle de l’âme s’ajoute celle qui provient de la pénitence qui répare le péché, et de la présence du Logos qui prend de plus en plus possession d’elle. Nous amorçons ici ce qui fera l’objet des second et troisième chapitres.

Il s’agit donc dans ce premier chapitre de la perfection originelle de l’homme, celle qu’il possédait avant la chute : dans l’hypothèse de la préexistence des âmes, suivant laquelle pense Origène, il s’agit de l’état bienheureux où se trouvaient les intelligences, avant que le refroidissement de leur ferveur n’en fît des âmes. Cette image de Dieu se conserve dans l’âme, d’une façon qui nous reste à déterminer, même après la faute, même après que Dieu l’eût mise dans le corps terrestre, au milieu des épreuves où elle peut se racheter. Son lieu n’est pas le corps, ni même l’âme dans son ensemble, car une partie de l’âme subit la contamination du corps : le selon-l’image se situe au sommet de l’âme, là où se conserve ce qui reste du voÿc préexistant.

Le selon-l’image a avant tout, comme la qualité de logikos qui lui est identique, un contenu surnaturel. Origène, qui n’utilise guère la distinction du naturel et du surnaturel, ne s’intéresse presque qu’à ce dernier. Bien que constituant le plus profond de la nature humaine et angélique, le selon-l’image est une grâce, une communication de vie divine. Participation créée à la vie trinitaire incréée, puisqu'il nous donne la divinité et la filiation, il contient, sous une autre forme, bien des éléments de ce que notre théologie appelle la grâce sanctifiante. Mais deux problèmes restent posés. De quelle façon le selon-l’image peut-il survivre à la faute, alors qu’elle fait sortir l’âme de cette communion avec les Personnes divines, qui le constitue précisément ? Ensuite, si tout est donné dès le début, quelle place est faite au progrès spirituel, à la libre collaboration de l’homme dans l’œuvre de son salut? En répondant à cette dernière question, nous verrons que la participation de l’homme à l’image n’est, du moins dans l’état présent de la vie, qu’une divinisation en puissance, inchoative, qui a besoin de se poursuivre jusqu’à la ressemblance.

224. In Cant., n (G. C.S. vin, p. 114, 1. 7 sq., P. G:. x, col. 102 C sq).

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