‹ Théologie de l'image de Dieu chez OrigèneChapitre 172 sur 276 · Enn., 11, 6, 7, p. 104 sq · texte numérisé non relu

Enn., 11, 6, 7, p. 104 sq

3. L'union à Dieu rassemble les hommes : au contraire, le péché né de l’attachement à la chair, les disperse : HJér., xu1, 3 (G. C. S. 11, p. 90, 1. 4 sq.). Idée qui est aussi plotinienne. |

4. Sur la matière chez Origène voir surtout BüRKE, art. cit., pp. 14-20. Les principaux textes sont : PA II, 1, 4; 11, 2, 23 IV, 4, 6-8 (33-35) (G. C. S. v, p. 109, L.9 sq.; Pa, lis ed p.250 l216ed-); PPT 8 (GACnS Air, D: 367,113); CCI, 41-42; 1V, 57; VI, 77 (G. CS. 1, p. 237, 1. 11 sq., 24 sq.; p. 330, 1. 7; 11, p. 146, 1. 19 sq.). La matière origénienne diffère de la plotinienne en ce qu’elle a été créée (In Jo., 1, 17 (1x8), G. C. S. 1v, p.22, 1. 14; et fragment du Commentaire sur la Genèse dans P. G. xu, col. 48 sq.). Sur le fait que la matière n’est pas cause ou effet du mal, voir Mgr KyriLLos, op. cit., 1, p. 192 : il cite CC 1v, 66 (G. CSL p:330/1 27 sq.); dans ce passage Origène nie nettement devant les affirmations de Celse que la matière soit cause du mal, la vraie cause est la malignité propre à chacun. Pour REDEPENNING la matière est, selon Origène, non le mal, mais « die Erscheinungsform des Büsen », la forme sous laquelle apparaît le mal (op. cit., II, p. 18) : nous ne croyons pas que cela soit juste. Plus loin il la définit comme « Zuchtanstalt », établissement de correction, ce qui est vrai (2bid., 11, p. 325). Voir aussi HuGO RAHNER (Das Menschenbild.… p. 206 sq.), VON BALTHASAR (Le Mystérion…, pp. 535-538), Caprou (Jntroduction.…., PP. 22- 23), Caprou (La Seunesse…., p. 183). SAINT EPHIPANE (Panarion, LXIV, 4, G. C. S. I, p. 410) confirme que l’âme a été mise dans un corps par punition, mais THÉOPHILE (lettre fest. de 404, 12, P. L. xxnx, col. 825) semble dire que c’est la chute des âmes ellemême qui a fait les corps, ce qui n’est pas juste.

Le péché dépend en effet du libre arbitre de l’homme. Il résulte d’une opposition à Dieu qui fait déchoir, nous l’avons vu, de la vraie existence, car cette dernière est une participation à Dieu 5. Il ne comprend pas seulement le péché originel, entendu à la manière d’Origène, mais les péchés actuels, que chaque homme y ajoute. Or ces fautes laissent des traces dans l’âme, et le Peri Archon explique par elles, par certains « signes » et « formes » restés en l’homme, le feu de l’enfer, que le pécheur s’est ainsi allumé à lui-même €. Il n’y a pas d’action qui ne nous marque d’une image, bonne ou mauvaise, qui ne soit pour nous instrument de montée ou de chute. « Tout ce que nous faisons, à chaque heure, à chaque instant, imprime sur nous une image. Aussi devons-nous scruter nos actes un à un, nous éprouver nous-mêmes à propos de tel acte ou de telle parole, pour savoir si c’est une image céleste ou une image terrestre qu’il peint dans notre âme 7. » Dom Tavares Bettencourt donne à cette doctrine une origine stoïcienne : selon Chrysippe, les actions vertueuses ou peccamineuses impriment sur nous l’image correspondante $.

Nous avons l'intention d'examiner dans ce chapitre en quels termes Origène présente l’image que le péché laisse en notre âme, quel est alors le sort de notre participation à l’image de Dieu reçue à la création, enfin comment les conséquences du péché peuvent-elles être éliminées.

$ 1. — Image du Terrestre, Image du Céleste

Fort nombreux sont les passages où Origène invoque, directement ou par allusion, le texte de la Première aux Corinthiens, XV, 49, sur l’image du Terrestre et l’image du Céleste. Certains d’entre eux entendent l’antériorité du Terrestre par rapport au Céleste dans le sens paulinien: nous portons d’abord l’image du Terrestre par le

5. Sur le péché voir VÔLKER, op. cit., pp. 25 sq.; H. Cx. Puecx (Un livre récent, pP- 517-518).

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