PE xxn1, 4 (G. C. S. 11, pp. 349, 1. 9 sq
porterait de mauvais fruits. Si nous produisons aussi de mauvais fruits, ils ne sont pas de nous %, mais des fruits étrangers, ceux du péché : mais si nous produisons de bons fruits qui nous sanctifient, ils sont nôtres °4, » Origène se met ici sur le plan de la première création, celle qui a eu lieu dans la préexistence. Il n’y a donc pas de contradiction avec l'affirmation que nous naissons fils de colère %5, car il s’agit alors de notre naissance en ce monde, qui se situe après que la chute originelle nous a fait d’une certaine façon fils du diable.
Satan est comme la perdrix. « Il ne rassemble pas ses propres créatures, mais il accapare celles qu’il n’a pas engendrées, et, après qu'il les a appelées, il s'empare des créatures d’un autre et les fait siennes %, » Nous avons vu que le diable engendre ses fils de la prostituée, la Matière, en développant en eux l’attachement à la
matière et au corps %. On devient fils du diable en se livrant à la concupiscence. « Tout homme qui veut accomplir les convoitises du diable, n’a en aucune façon Dieu pour père, mais il devient enfant du diable; parce qu’il veut exécuter les désirs du Malin, il reçoit la forme et l’image du mauvais père, et c’est de lui que sont issus ceux qu’on appelle images de ce Terrestre, et qu’ils reçoivent leurs caractères. Il est en effet le premier T'errestre. » %#, Nous voyons ici l'identité entre fils du diable et image du diable. Lorsque nous devenons pécheurs, l’image de Dieu s’estompe peu à peu de notre âme. « Ce n’est certes pas le Seigneur qui s’efface et décroît, mais nous, à la place de l’image du Sauveur, nous revêtons d’autres images, à la place de celle du Verbe, de la Sagesse ei des autres vertus *, nous assumons la forme du diable 100, »
A propos d’un texte de Jérémie 11, Origène se demande : « N’au-
93. Origène ne veut pas dire que nous ne sommes pas responsables de nos fautes, mais seulement qu’elles ne sont pas le produit de notre nature originelle, car elle est bonne.