Voir p
143. Lev., xxVI, 6 dans HLew., xvi, 6 (G. C. S. vi, p. 502, 1. 15).
144. Lev., V, 2-3 dans HLevw., x, 3 (G. C. S. vi, p. 305, I. 25 sq).
tique « prenez ces petits renards qui détruisent nos vignes » 145: la menace de Dieu d’envoyer des bêtes féroces désoler la terre 146, Tous ces passages sont interprétés allégoriquement comme concernant les démons. Car « les bêtes corporelles ne sont ni mauvaises ni bonnes, mais indifférentes. Ce sont des animaux muets. Mais ces bêtes-là sont spirituelles, celles que l’Apôtre appelle: Les forces spirituelles du mal dans les cieux (spiritales nequitias in caelestibus) » #7, D’autres textes sont invoqués par Origène à l’appui de son interprétation. De la Genèse : « Le Serpent était plus sage que toutes les bêtes qui sont sur la terre » #8, Du psaume 73, 19: « Ne livre pas aux bêtes l’âme qui se confie en toi » #9. D’Isaïe 150, ainsi rendu par les Septante : « Vision des quadrupèdes dans le désert: dans la tribulation et l’angoisse sont le lion et le lionceau; de là sont les petits des aspics volants, qui portaient sur des ânes et sur des chameaux leurs richesses vers une nation qui ne peut leur être utile ». Cette incompréhensible traduction offrait à l’exégèse allégorique d’Origène tous les prétextes souhaités. « Comment les amis de la lettre peuventils entendre ceci de bêtes corporelles ? Comment le lion et le lionceau, ou les aspics volants, peuvent-ils porter leurs richesses sur des chameaux et sur des ânes? Il est évident que le prophète, rempli de l'Esprit Saint, énumère les puissances contraires des mauvais démons, qui entassent les richesses de leurs tromperies sur les âmes sottes et perverses, désignées en figure par des chameaux et des ânes 151, » Ou bien Origène invoque l’épisode d’Élisée, insulté par des enfants, et vengé par deux ours ?, Du Nouveau Testament est partout cité le texte de la Prima Petri: « Votre adversaire le diable, rôde comme un lion rugissant, cherchant qui dévorer » 1%; moins souvent celui du discours de saint Paul à Milet aux chefs de l’église d’Éphèse : « Après mon départ viendront des loups rapaces, n’épargnant pas le troupeau » 154, Mieux vaut être livré dans l’arène aux fauves de la terre, que de tomber sous la dent de ces bêtes-là! « Je connais des justes qui, à cause de leur persévérance dans la foi, furent livrés aux bêtes, et ont consommé leur martyre, déchirés par elles, sans cesser cependant d’être bienheureux. Car ils n’avaient pas été livrés aux
145. Cant., 1, 15 dans In Cant., 1v (G. C. S. vin, p. 235, L. 11, 17 sq. ou P. G. xIni, col. 193 À).
146. Ezech., xiv, 15 dans HEz., 1v, 7 (G. C. S. vinr, p. 367, 1. 23 sq.).