HFos., xx, 1-2 (G. C. S. vx, pp. 415 sq
180. Ce mot s'applique aussi bien aux facultés qu'aux anges et aux démons.
elles sont « apparentées » (ouyyéveis) à ce qu’expriment ces paroles, et de même les « puissances adverses qui sont en nous sont rabaissées et vaincues par ces incantations divines, et dans leur défaite elles s’assoupissent ». Ainsi l’Écriture joue dans l’âme le rôle d’un charmeur de serpents : « Que l’auditeur ait confiance, les aspics et les vipères qui sont en lui sont affaiblis et ensorcelés par ces divins magiciens, par le sage qu’est Moïse, par le sage qu’est Jésus (c’est-à-dire Josué), par les sages que sont les saints prophètes ». L’évangélisation de notre être ne doit pas se borner à la claire conscience, mais s’étendre aussi à ces profondeurs psychiques inconscientes, marque de notre animalité, que découvre de plus en plus la psychologie contemporaine : l’action incantatoire, attribuée par Origène au grand sacrement de l’Écriture, est aussi celle de toute la vie religieuse chrétienne, avec ses sacrements et sa liturgie : elle aide à exorciser en nous les tendances animales ou diaboliques, l’égoïsme, l’orgueil, l'appétit de domination et de jouissance, l’instinct de la lutte pour la vie. Mais celui qui s’abandonne à elles déchoit de la liberté de l’être raisonnable dans l’esclavage de la créature sans raison °,
$ 4. — Le péché nous fait-il perdre notre participation à l’image de Dieu ?
Origène soutiendrait-il, comme Calvin le fera plus tard —, que l’image de Dieu a été perdue par le péché? Saint Épiphane l’affirme : «Il dit qu’Adam a perdu le selon-l’image » #1, Et parmi les huit propositions qu’Épiphane veut faire condamner par Jean de Jérusalem on trouve de même : « Il dit que l’homme a perdu l’image et la ressemblance de Dieu, suivant lesquelles il avait été créé, et qu’elles ne se sont plus trouvées en lui après son renvoi du Paradis » 1%, Il nous faut voir si ce reproche est justifié.
Quelques témoignages pourraient nous le faire croire. Dans le Commentaire sur l’Épître aux Romains 1%3 les idolâtres, « par la vanité de leurs pensées, en cherchant des formes et des images en Dieu, ont perdu en eux-mêmes l’image de Dieu ». Plus loin dans le même livre : « L'expression : un cœur dur, semble employée par les Écritures lorsque l’intelligence humaine, comme une cire solidifiée par le froid de l’iniquité, ne reçoit plus le sceau de l’image divine » 1%, Plus loin encore: « Nul méchant ne peut être conforme à l’image du Fils de Dieu » 1%, D’après les Homélies sur le Lévitique, l’Écri-