v,1,6et7(p: 22, l. 18; p.23,1.5 sq
47: IV, 5, 7 (p. 164, 1, 17); cf. AUBIN, art. Cit., Pr: 302%:
archétypes du monde. Il y a ensuite dans l'intelligence une dualité de sujet et d'objet, tandis que la contemplation interne de l’Un se produit dans une absolue simplicité #. L’Intelligence est en tant que telle définie et limitée, seul l'Un est infini et indéfinissable 4,
L'existence de ce dieu multiple, de ce second dieu, de ce fils (rxic) de Dieu, peut être résumée en quatre moments, des moments qui bien entendu ne sont pas successifs, mais coéternels l’un à l’autre. D'abord la génération du Noûs par l’Un, sans perte de substance, par une sorte de déterminisme qui naît de la perfection même du géniteur, car le parfait engendre nécessairement 5°. Ensuite la conversion (ériotpowr) du Noûs, qui est le retour du Fils vers son Père. Par là il imite l’'Un qui se tourne vers lui-même et dans ce repli sur soi l’engendre: ainsi « l’Intelligence conserve l’image de la puissance dont elle est émanée »5l, Le troisième acte est la contemplation de l’'Un par l’Intelligence : elle est la conséquence du caractère dynamique de l’image; « tout être engendré désire et aime l’être qui l’a engendré » %?, toute image tend à s’unir au modèle. Cette contemplation ne peut s'achever dans une union complète, car le Noûs cesserait alors d’être lui-même et se fondrait dans l’Un. Enfin, quatrième opération, l’Intelligence, à qui la vision de l’Un apporte la perfection, rayonne nécessairement et inconsciemment ce qu’elle a reçu, engendrant la troisième hypostase, l’Ame. La relation de Modèle à Image entre P'Un et le Noûs est une relation à sens unique, descendante et non ascendante : en ce sens que si elle crée le second dieu dans tout ce qu’il est, elle ne permet guère de connaître l’Un à partir de lui. Trop grande est la distance entre les deux : le premier est absolument transcendant au second 5,
Le Noûs produit donc à son image l’Ame du Monde. Comme le Noûs, engendré par l’Un, se retourne vers lui pour le contempler et devient ainsi générateur, l’Ame, produite par le Noûs, se tourne vers lui, le contemple, et fait ainsi le monde, en rayonnant dans la matière les intelligibles qu’elle a vus chez son père 54, Aïnsi le monde sensible
48. Le retournement (ërtorpopñ) de l’Un vers lui-même; v, 1, 7 (p. 23, 1. 5 sq.) cf. LIESKE, op. cit., pp. 200-205.
49. Cette idée de l’infinité de Dieu est nouvelle dans la philosophie grecque; habituellement pour les Grecs l'infini égale l’informe et l’imparfait. Certains textes d’Origène lui-même paraissent rejeter l’infinité de Dieu. Voir GILSON, art. cit., p. 115 d’après le Philèbe 23 CD (1x, 2 p. 19) « l'infini français connote un excès, au lieu que änetpov, l’illimité grec, connote nettement un défaut. L’'äretpov c’est ce qui manque de répas, et, du même coup, souffre du mal d’ÜBoux, qui est la démesure.. C’est la limite qui sauve, et, s’il y a un lieu de l'infini ou de l’illimité, c’est un lieu de destruction aussi certain que celui de la dissemblance ». Ce lieu de la dissemblance est la matière.
50. v, 1, 6 (p. 22,1. 30 sq., p. 23, 1. 37 sq.); v, 4, 1 (p. 80, 1. 26 sq.), 11, 8, 19 (p. 166, 1. 1 sq.). cf ARNOU, Platonisme….., col. 2350; BRÉHIER, La ph. de Plotin, pp. 41-42.