Jbid., pp
54. Jbid., p. 368, cf. 11, 9, 4 (p. 115, 1. 8 sq.), IV, 4, 10 (p. 111).
est-il l’image de l’intelligible, c’est-à-dire en dernière analyse, une image dégradée de l’Un. C’est pourquoi le monde est beau % : Plotin l’affirme contre les gnostiques qui le croient mauvais 5%. Et cette image de Un qui marque l'univers, cette tendance de l’univers vers l’Un, est la cause de la sympathie universelle 57,
Les âmes individuelles sont contenues dans l’Ame du Monde: elles sont à la fois distinctes et non distinctes les unes des autres 58. Il y a en chacune trois zones; la partie supérieure est celle qui connaît intuitivement, la partie inférieure est le principe des opérations du corps et de la sensation, la partie médiane correspond au raisonnement discursif. Ces trois degrés ont, l’un par rapport à l’autre une relation de modèle à image, proche, étant donné la nature dynamique de l’eixov, d’une relation d’acte à puissance. Enfin Le corps est le reflet de l’âme sur la matière 59,
Cette partie supérieure de l’âme constitue l’essentiel de l’homme, qui est avant tout un être intellectuel. Elle est engendrée par le Noûs, avec la troisième hypostase : c’est pourquoi elle est parente du Noûs, son image %, Nous retrouvons à ce sujet le principe de la connaissance du semblable par le semblable : à cause de cette parenté, parce qu’elle lui est semblable, l’âme peut connaître le Noûs, et, le connaissant, elle lui devient semblable. Elle voit en lui les intelligibles, et, comme l’image du Noûs qui est en elle est une trace de l’Un, cette image rend possible l’union de l’âme avec l’Un.
Mais pour parvenir à l’union divine, l’âme doit être pure. IL faut qu’elle se réduise à cette trace de l’Un, qu’elle se dégage du corps et du monde sensible. Ce n’est pas que le sensible soit mauvais, car l’exemplarité divine est, d’étape en étape, parvenue jusqu’à lui 51, Mais il n’est qu’image : les yeux qui ont contemplé son archétype ne peuvent plus le trouver beau, tellement il est loin de son modèle 6. Et cependant bien des hommes le prennent pour la vraie réalité, car il est menteur : il n’a rien et paraît tout $. Alors l’homme, comme dans le mythe du Poimandrès, trompé par l’image de Dieu qu’il voit sur la Nature, étreint la matière et s’assimile à elle 5. Or la matière est à l'opposé de l’Un : elle est l’altérité, la dissemblance, l’éparpillement.