ANum., xvix, 3 (G. CS. VII, p. 156, L. 29 sq
Celui qui s’est ainsi transformé par la contemplation en l’image du Seigneur aperçoit la bonté originelle des choses dans leurs logoi, car il possède les yeux mêmes de Dieu. « Peut-être que toutes les choses sensibles, y compris le ciel et ce qu’il contient, sont, pour ceux qui lèvent les yeux, ces campagnes déjà blanches, prêtes pour la moisson 1$1: car le logos de chaque chose est montré avec évidence à ceux qui ont reçu par leur transformation en cette même image, de gloire en gloire, des yeux semblables à ceux qui ont vu comment chaque créature était bonne. En effet la parole suivante, qui est appliquée à toute créature : Dieu vit que cela était bon 12, signifie : Dieu examina les logoi de chacune et vit leur bonté » 165, Le terme stoïcien de A6yoc désigne ici nous le savons 154, quelque chose d’un peu semblable à l’Idée platonicienne; et le Logos-Dieu, en tant que Sagesse, que Monde intelligible, est le réceptacle contenant les A6yor et les idéx: de tout ce qui existe. La transformation en l’image glorieuse du Christ donne le regard de Dieu sur le monde : celui qui s’est assimilé à lui, voit l’univers comme Dieu le voit 165.
Cette connaissance du Christ que nous recevons alors glorifie le Fils lui-même et nous glorifie avec lui. « Lorsque le Père céleste révèle aux hommes de ce monde la connaissance de Jésus 166, le Fils de l’homme est glorifié en ceux qui le connaissent et il glorifie ces derniers: car ceux qui contemplent, la face dévoilée, la gloire du Seigneur, sont transformés en la même image » 167, Le Père est glorifé par la connaissance que le Fils a de lui et par celle qu’il a de luimême; le Fils l’est par la connaissance qu’il a du Père, celle qu’il a de lui-même, celle que les logika ont de lui; de même les fidèles
reçoivent leur gloire de la connaissance du Fils, qui les assimile à son image glorieuse.