Selon Matth., XI, 27, XVI
167. In Jo., xxx11, 28 (18) (G. C. S. 1V, p. 474, 1. 23 sq.).
$ 4. — Le sceau du Saint-Esprit
Le Saint-Esprit est pour saint Irénée et Clément le principal agent du passage de l’image à la ressemblance. Son rôle est aussi marqué par Origène : il est celui qui sanctifie. L'action du Père donne l’être, celle du Fils la qualité de logikon, celle du Saint-Esprit la sainteté 168, Conformément à la doctrine de saint Paul il faut le recevoir pour devenir fils de Dieu, et nous savons que grandir de onépux à téxvov, c’est passer de l’image à la ressemblance 1%. « Lorsque quelqu'un reçoit le Fils, alors qu’il ne l’avait pas auparavant, il contient (xeypnxe) alors PEsprit de la filiation : c’est ainsi que par le Christ la filiation vient à nous » 17, Un scholie sur Luc 11 explique par lui le levain que la femme de la parabole évangélique mêle aux trois mesures de farine 172: l'interprétation d’Origène rejoint celle de Clément 1%, Les trois mesures — c’est-à-dire les trois parties de l’homme, le corps, l’âme et l'esprit —, que la femme — l’Église ou plus bas la Sagesse de Dieu — mélange au levain « sont sanctifiées par le levain du Saint-Esprit, jusqu’à devenir avec lui une seule pâte. En outre le Sauveur nomme levain la puissance qui mène à maturité la semence, c’est-à-dire le Saint-Esprit. Car la Parole du royaume des cieux, ayant grandi après sa première sémination dans les hommes, et ayant produit un fruit achevé, fournit à ceux qu’elle a ainsi aidés le ministère du Saint- Esprit, à la manière du levain qui fait fermenter la pâte... L’homme, qualifié par sa participation au levain céleste, et fermentant par lui est appelé céleste et pneumatique, ainsi que pâte nouvelle, car les trois farines et l'inspiration du Saint-Esprit en elles ont été faites un unique mélange. Devenus ainsi un pain nouveau et pneumatique, selon ces mots de l’Apôtre : Malgré notre nombre nous sommes un seul pain et un seul corps 14, nous recevons l’image et la ressemblance du pain qui vivifie tout, celui qui est descendu du ciel et nous rend
168. PA 1, 3, 5 : texte de Rufin et de Justinien (G. C. S. v, p. 55, L. 4 sq., p.56, 1.8 sq.; cu Mansi 1x, col. 524 E sq.); voir à ce sujet p. 110, note 192. Le rôle sanctificateur duSaint-Esprit dans le don dela grâceest ainsi exprimé dans Zn Jo., 11, 10 (6) (G.C.S. 1V, p. 65, L. 21 sq.) « Je pense que le Saint-Esprit fournit, pour ainsi dire, la matière des grâces (BAnv T@v..xæpioudrev) que Dieu accorde à ceux qui reçoivent le titre de saints à cause du Saint-Esprit et de leur participation à lui : cette matière des grâces dont nous venons de parler tire du Père sa puissance, nous est distribuée par le Fils, et elle se confond pour sa substance avec le Saint-Esprit ». Si le selon-l’image, participation au Fils, correspond à notre grâce sanctifiante, il a besoin pour progresser jusqu’à la ressemblance des xaplopara qui nous communiquent la substance même de l'Esprit Saint. Ces « charismes » semblent bien correspondre à nos grâces actuelles,