LP TR
unies... en vertu de ce principe que les incorporels ne sont séparés que Da 4 . . ‘ .
par leurs différences et qu’ils sont unis dès qu’ils se rassemblent ;.… 2 2 2 elle est comme absorbée par l’Un, submergée et perdue dans l’immensité infinie de sa présence » 72,
Dans cette doctrine grecque de l’image qu’y a-t-il qu’un chrétien puisse assimiler, qu’y a-t-il qui constitue pour lui un péril ?
Il y a d’abord le caractère spirituel donné à l’image à la suite du Moyen Platonisme : une réalité spirituelle est l’image d’une autre réalité spirituelle. Origène, après Philon, poussera plus loin que Plotin cette spiritualisation : un être invisible ne peut avoir qu’une image invisible, âme seule est selon l’image de Dieu, le corps est simplement le temple qui contient l’image.
Nous avons de même signalé le caractère dynamique de la parenté et de l’image : l’image est à la fois le début de la ressemblance, la puissance de l’acquérir, et le désir qui nous y pousse. Mais un chrétien devra concilier cette tendance à la fois avec le libre arbitre et avec la grâce.
La liaison entre contemplation et ressemblance qu’on trouve chez Plotin constitue aussi un apport positif, pourvu qu’elle n’entraîne pas le dédain superbe de l’action qu’il professe, pourvu qu’on ne fasse pas consister la ressemblance dans la connaissance seule, maïs indissolublement dans la connaissance et dans l’amour, fondus dans une opération unique.
Mais il est bien des éléments inassimilables dans la génération de l’image selon Plotin. Son caractère nécessaire, involontaire, est incompatible avec la personnalité libre qui est celle du Dieu des deux T'estaments : toutefois l’opposition est assez tranchée sur ce point pour qu’il n’y ait guère de danger. Il faut dire la même chose de la tendance du plotinisme à un certain panthéisme, à une certaine consubstantialité entre l’âme humaine et Dieu : nous verrons si on doit accepter à ce sujet l'accusation portée par saint Jérôme contre Origène.
Le principal danger se trouve dans le fait de considérer l’image comme une copie dégradée et affaiblie du modèle : l'attribution au Verbe divin du christianisme des spéculations helléniques sur l’image intermédiaire ne peut se faire sans une sérieuse adaptation. Or les théologiens anténicéens n’arrivaient pas toujours à concilier d’une manière claire les textes qui affirment l’égalité et même l’unité du Fils avec le Père, et ceux qui impliquent une infériorité et une soumission
du Fils.