‹ Théologie de l'image de Dieu chez OrigèneChapitre 26 sur 276 · ARNOU, Le désir de Dieu..., pp. 246 sq · texte numérisé non relu

ARNOU, Le désir de Dieu..., pp. 246 sq

$ 2. — La tradition juive

Si Origène est tributaire des sources platoniciennes ou stoïciennes, il ne base jamais sur elles sa doctrine de l’image : seule l’Écriture sert de point de départ et de support à sa pensée. Il nous faut donc étudier les textes sur lesquels il s'appuie, en leur donnant parfois un sens différent de celui qu’ils ont réellement. Cette étude de la tradition juive portera sur l'Ancien Testament, et aussi sur Philon, qui est un des grands inspirateurs d’Origène,

En ce qui concerne l’image de Dieu qui est dans l’homme, le texte capital est, comme on peut bien s’y attendre, Genèse, 1, 26-27 : « Dieu dit : Faisons l’homme à notre image, comme notre ressemblance. Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa, il le créa mâle et femelle ». Les mots « selem », traduit par image, et « demut », rendu par ressemblance, se retrouvent dans les chapitres suivants. En v, 1-3 : « Le jour où Dieu créa Adam, il le fit à la ressemblance de Dieu. Quand Adam eut cent trente ans, il engendra un fils selon sa ressemblance, comme son image, et il lui donna le nom de Seth. » Enfin en 1x, 6, l’homicide est interdit, « car à l’image de Dieu l’homme a été fait » #,

Nous ne pouvons dans le cadre du présent travail exposer en détail toutes les opinions qui ont été émises sur le sens des mots « selem » et « demut », et sur les prépositions « be » et « ke » qui les gouvernent 74. Il semble bien, d’après les autres emplois du mot dans la Bible, que «selem » ait un sens très concret, celui d’image plastique. P. Humbert en conclut que l’homme est une effigie de la divinité par son apparence extérieure, sans référence au domaine intérieur et spirituel : là-dessus L. Kôhler surenchérit et voit seulement dans l’image la stature droite. Cette exclusion du spirituel est bien systématique, et introduit une distinction étrangère à la mentalité hébraïque. D’autre part l’image donne à l’homme un pouvoir divin sur les animaux, car à deux reprises le livre saint associe l’image à la domination de l’homme sur tous les vivants #; l’homme est par elle revêtu d’une dignité divine et c’est pourquoi il est interdit de le tuer 6. Le P. Bea fait remarquer que l’exégèse de P. Humbert serait en contradiction avec le refus par l’Ancien Testament de toute représentation plastique de Dieu. Aussi, en maintenant que « selem » désigne d’abord l’attitude physique de

73. Traduction R. DE VAUX dans la Brble de Yérusalem, avec quelques modificatons.

74. Voir dans la bibliographie les travaux ou articles de P. HuMBERT, Tu. C. VRte- ZEN, L. KÔHLER, G. voN Rap, A. BEA, R. DE Vaux (Bible de Yérusalem), A. CLAMER (Bible de Pirot, t. 1).

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