‹ Théologie de l'image de Dieu chez OrigèneChapitre 254 sur 276 · PA 1v, 4, 2 (29) (G. C.S. v, p. 352, l. 1 sq · texte numérisé non relu

PA 1v, 4, 2 (29) (G. C.S. v, p. 352, l. 1 sq

de la connaissance, pour qu’elle puisse contempler ce que contemplent naturellement grâce à cette lumière les yeux qu’éclaire le commandement du Seigneur »%. Les ressuscités auront donc la connaissance totale, une connaissance semblable à celle de Dieu et de son Christ. Ils percevront la bonté de toutes les créatures dans leurs logoi 5, le sens spirituel de l’Écriture, c’est-à-dire les mystères célestes que figurent les récits, les lois, les rites de la Bible. Selon la Prima Joannis ils verront Dieu tel qu’il est, et tel que le Fils lui-même le voit, non à travers un intermédiaire, celui du Logos incarné %: non que le Christ soit alors un stade dépassé, mais, s’étant assimilés à lui et par lui, étant devenus fils par son action, ils lui seront en quelque sorte intérieurs. La médiation du Verbe aura ainsi changé de mode: il ne s’agira plus de quelqu'un qui assure la communication entre Dieu et les hommes, mais les hommes seront devenus semblables à lui, et intérieurs à lui, ils verront donc Dieu comme lui. Le texte suivant semble le montrer : « Alors tous ceux qui seront parvenus à Dieu par le Verbe qui est auprès de lui, auront une activité unique, comprendre Dieu, afin de devenir, ainsi formés dans la connaissance du Père, tous ensemble exactement un Fils, comme maintenant seul le Fils connaît le Père 56. » C’est dans et par le Fils unique que les hommes peuvent devenir tous ensemble un seul Fils 57.

La ressemblance va donc s’achever dans l’unité. Conformément à la prière du Christ : «comme moi et toi nous sommes un, que ceux-ci deviennent un en nous » 58, « Ces paroles semblent montrer que la ressemblance doit, pour ainsi parler, progresser, que de semblable on deviendra un, afin que sans aucun doute, dans la consommation des choses Dieu soit tout et en tous %. » Il ne faudrait pas voir en cette affirmation du panthéisme, la comprendre à la façon de la conflagration stoïcienne qui réduit tout en feu, c’est-à-dire en Dieu. En effet un fragment sur Jean % affirme que « un » est dit souvent « par suite de la ressemblance de nature ». Et il le commente ainsi : « De même qu'ayant Adam comme début et comme tête si on considère notre

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