XXL, ONXXIT
84. H. WiLLMS, op. cit., p. 42. Prêtres et rois représentent le dieu : le roi de Babylon e est l’image de Mardouk. Le roi de Perse est dit « image de Dieu » et, au temps des Ptolémées « la manifestation visible de Dieu dans le souverain, qui est le dieu manifesté, le sauveur, commence à jouer un rôle caractéristique de l’époque » (die évæpyc éripéveux des Gottes im Herrscher, dem Oeùc émipavhc, dem deus manifestus, demowrfp, eine epochale Rolle zu spielen beginnt). H. MeErKkt cite (op. cit., p. 71) deux textes de Plutarque et un de Stobée sur le Basileus image de Dieu, qui montrent combien ce thème est courant dans la littérature de l’époque impériale. Nous le retrouverons chez Origène, mais inversé : l’image de César est l’image du diable, le prince de ce monde.
On trouve dans un des derniers livres de la Bible, dans l’Ecclésiastique (XVII, 1-13), un commentaire des deux récits de la création de l’homme. Nous l’étudions d’après le grec, car il ne figure pas parmi les fragments découverts dans la geniza du Caire. Les versets 1 et 2 parlent de la création de l’homme à partir de la terre %5, des limitations et des conséquences de sa condition terrestre. Mais au verset 3 il est question de la création selon l’image, de la domination sur les animaux, et le texte qui suit énumère les facultés sensibles et intellectuelles dont l’homme a été doué, en vue de connaître Dieu et de vivre conformément à la Loi. Si la liaison entre les versets 6-13 et l’image n’est pas explicitement faite, elle semble découler de la composition du passage, qui paraît groupé autour du verset r et du verset 3 % : ce texte contient donc une explication spirituelle de l’image. Voit-on poindre ici la distinction des deux récits de la création, attribués le premier à Phomme spirituel, le second à l’homme terrestre ? Il faut remarquer d’abord que le Siracide ne sépare pas les deux hommes, comme le fera Philon, et d’autre part qu’il intervertit, à l'inverse du Juif Alexandrin, l’ordre normal des récits.
Origène avait appris l’hébreu, mais il ne semble pas en posséder une connaissance très poussée. En tout cas, comme les autres Pères grecs, il lit habituellement la Bible dans la version des Septante. C’est elle que les apôtres ont transmise aux églises des Gentils, et Origène, qui a grandement contribué à la fixer par ses Hexaples, l’accepte tout entière, à la différence de saint Jérôme, y compris les deutéro-canoniques 87. Or cette traduction est le premier point de contact entre l’hellénisme et le texte inspiré. En rendant par des termes grecs, chargés parfois de tout un contenu philosophique, les mots de l’hébreu, elle contribua à enrichir le donné révélé de la spéculation hellénique #8.
Ainsi « selem » et « dmut » sont traduits dans les textes qui nous intéressent par eixov, éuolwois et idéx. En hébreu nous avons affaire à des termes aux significations assez pauvres et principalement physiques : en grec nous trouvons des mots qui ont un sens abstrait et qui jouissent déjà # d’une histoire philosophique retracée plus haut. Le texte sacré va se charger ainsi de bien des harmoniques nouveaux, et