Prov., VIII
99. Les exégètes hésitent entre le sens actif de rayonnement (les Pères, y compris Origène) et le sens passif de reflet. E. Osry (Bible de Sérusalem, Livre de la Sagesse, p. 39), Mgr J. Weger (Bible de Pirot, t. VI, p. 450), C. SpicQ (L’Epître aux Hébreux, 11, p. 6) se décident pour le sens passif, plus conforme à la signification habituelle de la terminaison -uœ, et plus adapté aux comparaisons qui suivent (s’il l’est moins à celles qui précèdent). Le P. DUBARLE (op. cit., p. 203) maintient dans sa traduction du passage le sens actif (resplendissement).
100. Sap., vit, 25-26. Le Ch. E. Osry (ibid.) est seul, parmi les exégètes consultés, à traduire par « une image de son excellence ». Ce n’est certes pas le sens d’Origène, qui applique cela à l’amour de Dieu pour nous.
101. Il n’appartient pas à la volonté de l’homme de l’acquérir : il ne peut que se préparer à l’accueillir, en écartant le mal de son âme (1, 4), en la désirant (vi, 12-14), en priant (1x, cf. Eccli., L1). C’est à elle que revient l'initiative (VI, 14 et 16, cf. Prov., VIII, 2-35 Ecch., XXXVIL, 23-24; ob, XXVIIT, 23).
102. Ainsi E. Osry (Bible de Yérus., Livre de la Sagesse, pp. 18-19), Mgr WEBER (Bible de Pirot, vi, p. 382), À. M. DUBARLE, op. cit., pp. 203-204. Au contraire le P. LEBRETON (Hüstoire.., 1, p. 125) y voit plus qu’une figure littéraire.
cédents dans les Sapientiaux de l’Ancien Testament : dans les chapitres 1 à 1x des Proverbes et dans le chapitre’ xx1v de l’Ecclésiastique. Cette tendance se remarque aussi à propos d’autres attributs divins et les rabbins réagiront contre elle 19% : mais elle ira se renforçant dans le judaïsme alexandrin. Quels que soient les facteurs divers qui ont pu favoriser ce développement, il semble qu’il faille voir là un phénomène originairement juif, ou plus exactement judéo-hellénistique. En effet le Démiurge du Timée reste dans le domaine du mythe: la triade platonicienne n’apparaît formée qu'avec Albinus, Numénius ou Plutarque, dans les deux premiers siècles de notre ère. Or l’action de Philon sur le platonisme postérieur, celle du judaïsme ou du christianisme lui-même sur Numénius, autorisent à voir dans les personnifications platoniciennes, dans celles de l’hermétisme ou des gnostiques, plutôt le résultat d’influences hébraïques 14, Dans ce cas lorsque les docteurs chrétiens adaptent les spéculations méso- et néo-platoniciennes à la seconde Personne de la Trinité, ils ne font que reprendre à l’hellénisme leur propre bien.
Le thème de l’image a été peu exploité par les rabbins 1%, En revanche la branche hellénisante du judaïsme a suffisamment spéculé sur lui. Nous nous restreindrons dans cette étude à Philon, car il est une des principales sources d’Origène, sans rechercher dans quelle mesure sa pensée a été préparée par le milieu juif d'Alexandrie 1%,
Le Dieu philonien joint à toutes les abstractions helléniques une personnalité héritée de la Bible. Il est absolument transcendant au monde 1%7, Force sera donc au penseur juif, pour faire le lien entre Dieu et le monde, d’introduire des intermédiaires. De là toute une prolifération d’hypostases : la Sagesse, épouse de Dieu, le Logos, son