‹ Théologie de l'image de Dieu chez OrigèneChapitre 31 sur 276 · J. BONSIRVEN, Le Judaïsme palestinien, 111, pp. 212 sq · texte numérisé non relu

J. BONSIRVEN, Le Judaïsme palestinien, 111, pp. 212 sq

104. L'établissement d’hypostases intermédiaires étant un des traits essentiels du courant de gnose, cette constatation peut aider à augmenter fortement la contribution du judaïsme lui-même à la constitution du gnosticisme, d’autant plus qu’on peut établir l’existence d’une gnose juive, dont on retrouve l'influence dans les différentes erreurs auxquelles saint Paul se heurte à Corinthe ou à Colosses. J. DUPONT (Gnosis…., pp. 364-365) établit encore cette dépendance sur un point très important : le vocabulaire de la connaissance religieuse, rattachée à yv&oic et aux mots de même racine : il n'apparaît pas chez les Grecs avant le De Iside et Osiride de PLUTARQUE; mais on le trouve auparavant dans le judaïsme hellénisant, chez Philon, et avant lui dans le Livre de la Sagesse comme dans la traduction des Septante.

105. Voir KiTTEL, Theol. Wôürt. art. elxov (11, pp. 391-393), art. &xoAovbeïv (x, pp. 210 sq.); K. L. SCHMIDT, art. cit., p. 189; À. HEITMANN, op. cit., pp. 3-4.

106. On ne sait pas grand chose sur les précurseurs de Philon : Origène parle d’un certain Aristobule qui aurait allégorisé la loi juive avant Philon : CC 1v, 51 (G. C.S., 1 p:824, 1x2).

107. E. BRÉHIER, Les Idées.…, pp. 72-73. J. GiBLer (op. cit., pp. 104-105) remarque que dans les commentaires littéraux l’antithèse fondamentale n’est pas tellement celle de Platon entre le sensible et l’intelligible, que la distinction du créé et du non créé, soulignant la transcendance absolue de Dieu à l’égard de toutes ses créatures, même de celles qui appartiennent au monde intelligible. Le Dieu de Philon n’est pas comme celui de Platon au sommet de la hiérarchie des Idées, mais au delà du monde intelligible, comme le sera l’Un de Plotin.

fils aîné, l'Esprit, les anges, les puissances divines, etc. Le Logos, le principal de ces êtres intelligibles, mi-abstraits, mi-personnels, a des origines diverses. Il fait l’unité et la cohésion du monde, étant répandu en tous les êtres comme une semence: conception stoïcienne. En même temps il maintient dans l’univers les distinctions et les oppositions de contraires : c’est le Logos diviseur (roueic), hérité d’Héraclite. Il est le monde intelligible, le lieu des Idées, selon lesquelles le monde sensible a été créé : emprunt platonicien. Il est enfin la Parole de Dieu hébraïque, et c’est par lui que Dieu se manifeste dans les théophanies et se communique aux âmes. Et avant tout il est le lien, l'intermédiaire, le médiateur entre Dieu et le monde, le chemin par lequel l’homme connaît Dieu et va à Dieu 18,

Le Logos est dit l’image de Dieu 1%. Il n’est pas le seul auquel convienne cette appellation : la Sagesse, les Anges, les Idées, les Puissances sont aussi images 0, Mais chaque puissance n’est qu’une image fragmentaire et incomplète, le Logos représente Dieu tout entier 11, En tant qu’image, exemplaire, empreinte de Dieu, il le révèle 2, A propos de l’étymologie du nom Béséléel, il est dit «l’ombre de Dieu » 3 et cette appellation montre clairement la dégradation entre Dieu et le Logos qu’exprime le caractère d’image. Il n’est d’ailleurs pas vraiment dieu : ce terme ne lui est appliqué que rarement et par catachrèse : dans Quaest. in Gen., 11, 62, il est qualifié de second dieu, dans De somn., 1, 230 de 6e6ç sans article 114,

Le Logos est, en tant que monde intelligible, l’archétype du monde sensible auquel il transmet l’image divine. « Béséléel s’interprète : à l'ombre de Dieu. L'ombre de Dieu est son Logos, dont il se sert comme d’un instrument pour faire le monde. Cette ombre est aussi à l’égard des autres êtres comme l’image archétype » H5, Dans le De opif. si le Logos et le monde intelligible qui lui est identique sont dits Oeil eixcv, le monde sensible est uiunux Oeixc eixôvoc. Le Logos est plutôt le modèle intelligible que l’ouvrier intelligent qui fait le monde : il est le « sceau qui donne sa forme à chacun des êtres » 116, Le cosmos, construit à son image, est habité par lui, et ainsi considéré comme un être raisonnable : c’est le fils cadet de Dieu 47,

108. E. BRÉHIER, Les Idées.…., pp. 83-111; J. LEBRETON, Histoire..., 1, pp. 209 sq.

109. De Fuga, 101 (1, p. 116); De confus. ling., 147 (11, p. 247); De spec. leg., 1, 8x (, p- 17).

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