J, PP
magnificence des Idées éveille en lui une soif ardente d’atteindre Dieu lui-même, « L'eixév ro5 0soù exprime à la fois la réalité de cette participation toujours plus intense et en même temps sa limite inéluctable, d’où naît le désir toujours plus vif au fur et à mesure qu’il découvre son objet. Jamais cette soif ne sera assouvie, jamais l’image de Dieu ne sera Dieu lui-même... L'image de Dieu est essentiellement dynamique, un don qui attire vers celui qui donne 14. » Mais le voëc de l’homme ne peut par lui-même parvenir jusqu’à Dieu, car, pour contempler Dieu, il faudrait être Dieu 47. À mesure que l’âme s’assimile à Dieu, elle le découvre, mais Dieu lui échappe. Et pour le connaître, elle a besoin d’une grâce.
Cette notion de grâce #8 distingue nettement Philon de toute la tradition hellénique : par elle il n’est pas grec, mais juif. Elle vient de la forte idée de la transcendance et de la personnalité de Dieu qu'il a puisée dans la Bible. Plotin exagérera encore la transcendance : mais chez lui la personnalité manque, il ignorera donc la grâce 14,
$ 3. — La tradition chrétienne
Seules de tout le Nouveau Testament les Lettres de saint Paul parlent explicitement d’image. Les textes qui nous intéressent sont groupés — à part Rom., VIII, 29 — dans les Épîtres aux Corinthiens, aux Philippiens et aux Colossiens. Paul réagit contre certains courants, dont il a constaté la présence parmi ses chrétiens et qui offrent des traits gnostiques. Mais il s’agit d’un gnosticisme à caractère juif 150, qu’évoquent parfois les termes employés par l’apôtre : il se distingue notamment par un culte excessif des anges, multipliant les intermédiaires. Contre lui l’apôtre affirme que le Christ seul est l’image de Dieu, qu’il a été seul l’instrument de Dieu dans sa création, et que, ayant réconcilié sur la Croix toutes choses, il est devenu la tête et le Seigneur de l’univers, infiniment supérieur aux « Puissances » angéliques qui lui sont soumises.
Tel est le schème commun des deux hymnes christologiques — peut-être antérieures à Paul 15! — de Phul., 11, 6-17 et deiCols.r