P. MÉDEBIELLE (1bid.), A. FEUILLET, art. cit., p
154. En Col., 1, 18, il n’est pas très clair si le « plérôme » qui habite dans le Christ désigne la plénitude de la divinité (influence du vocabulaire gnostique) ou l’ensemble de l’univers (influence du vocabulaire stroïcien). Mais 11, 9, affirme nettement que la plénitude de la divinité habite en lui corporellement.
155. C. SpicQ, L’Epître aux Hébreux, 1, pp. 49-50; 11, pp. 6-7. Voir aussi les notes de sa traduction de la même épître dans la Bible de Jérusalem, p. 35.
En II Cor., 1v, 4, dans un texte proprement paulinien, on trouve une autre afhirmation du Christ-Image. L'image est jointe à la gloire dans un contexte de lumière, comme en Hébr., 1, 3 : la gloire divine rayonne de la face du Christ parce qu’il est l’Image de Dieu. Les mêmes rapprochements avec le Livre de la Sagesse et avec la gnose que suggère ce passage peuvent être faits à propos de I Cor., 1, 24: le Christ crucifié est dit Puissance de Dieu et Sagesse de Dieu. Il assume le rôle que la Sagesse jouait dans les Sapientiaux, il est la seule Puissance intermédiaire entre Dieu et l’homme.
On peut s’étonner de ne pas trouver chez saint Jean le thème du Christ Image de Dieu, d’autant plus que le Fils est constamment représenté comme le révélateur du Père. L'image a paru à Jean insuffisante pour exprimer la communauté des deux Personnes. Le Christ n’est pas seulement elxév, il est 6c6c, Dieu 15%, terme que saint Paul lui applique fort rarement. Mais il n’y a pas seulement une identité spécifique de nature : l’unité du Père et du Fils est dévoilée : « Moi et mon Père nous sommes un » 157, Une certaine hiérarchie subsiste cependant puisque le Père est l’origine du Fils et que le Fils se rapporte au Père. Dans le prologue le Père est dit ô 6e6c avec l'article, ce titre lui convenant comme son nom personnel. L'absence d’article devant 6e6ç dans Oedc fv 6 A6yos ne s’explique pas seulement, par le fait que 6e6ç est attribut, car d’après la grammaire du grec biblique, l’attribut prend l’article lorsqu'il appartient uniquement au sujet comme sa désignation propre : appliqué au Verbe 0s6ç exprime la nature qu’il reçoit du Père #8,
Un seul texte de saint Paul attribue l’image à l’homme comme un don de nature : dans Z Cor., xi, 7 l’homme, non &vôpwroc mais ävip, est dit eixov et 86£x de Dieu, tandis que la femme est seulement la S6£x de l’homme. Ce passage nous renvoie à Gen., 1, 27, mais avec un changement important qui vient de ce que Paul fond ensemble les deux récits de la création de l’homme. En effet, dans le premier, l’homme au sens collectif, mâle et femelle, est créé à l’image de Dieu, tandis que dans le second le mâle est seul façonné par Dieu, et de son corps est tirée la femme. L’intention de l’Apôtre est d'affirmer l'autorité du mari sur son épouse et le mot image est lié à cette autorité,