‹ Théologie de l'image de Dieu chez OrigèneChapitre 40 sur 276 · Joan., X, 30, cf. XVII. sr v · texte numérisé non relu

Joan., X, 30, cf. XVII. sr v

158. Voir F. M. ABEL, op. cit., p. 123. Cette distinction entre @e6çc et è Oeés est développée par Origène dans In Jo., 11, 2 (G. CS. 1v, P. 54, 1. 12 sq). Elle n'implique pas dans la pensée de saint Jean que le Verbe soit inférieur au Père, mais seulement la dépendance qui résulte de la génération : le Fils tient du Père sa divinité. Voir Max PoxLenz, Der Prolog des fohannesevangeliums, dans Zeitzchrift für die neutestamentliche Wissenschaft, t. XLII, 1949, pp. 98-101. Dans un des rares textes, peut-être le seul, où saint Paul applique au Fils le titre de Dieu, Rom., 1x, 5, il s’agit aussi de Oe6ç sans article.

de même qu’en Gen. 1, 26 il exprimait la domination de l’homme sur les animaux 15,

Les autres textes où saint Paul parle de l’image à propos de l’homme ne concernent pas le don reçu au début, mais celui qui est le but de toute la vie religieuse : il s’agit de revêtir ou de développer en soi l’image de Dieu ou celle du Christ. L’Apôtre s’occupe peu de la première création, mais davantage de la seconde, qui fait du fidèle un être nouveau dans le Christiet n’est achevée que dans le monde futur.

Romains vit, 20 parle de « ceux que Dieu a connus d’avance et a prédestinés à devenir conformes (ouuué6pæovuc) à l’image de son Fils, pour que celui-ci soit le premier-né de beaucoup de frères ». Le sujet du paragraphe est l’uiofecix, l’adoption des hommes par Dieu: l’image est donc identique à la filiation, et elle ne sera achevée que dans la gloire de la Résurrection. Peut-être faut-il traduire ici eixov par modèle, la relation étant suffisamment exprimée du côté de l’homme par le terme ouuuép@ous 160,

L’allusion à la Résurrection et aux corps glorieux est plus explicite dans Z Cor., Xv, 49: « De même que nous avons porté l’image du Terrestre, portons (popéoœuev) aussi l’image du Céleste »; c’est en effet le sujet de tout le paragraphe et le passage en question reprend dans ce contexte le thème des deux Adams. Le premier Adam, le Terrestre, est le modèle de notre condition corporelle d’aujourd’hui; le second Adam, le Céleste, c’est-à-dire le Christ, sera le type de notre condition future de ressuscités. Si le verbe opeïv est, comme nous l’avons traduit, au subjonctif-impératif aoriste, l’image du Christ ressuscité n’est pas réservée au temps futur : nous pouvons la recevoir d’une certaine façon dès maintenant. Ce texte fait écho à une exégèse des deux récits de la création, attestée dans le judaïsme hellénistique et que nous avons trouvée chez Philon: mais il l’inverse, affirmant l’antériorité de l’image du Terrestre sur celle du Céleste, car ce n’est plus la création qui l’intéresse, mais la rénovation opérée par le Chhsties

La signification exacte de ZI Cor., 111, 18 dépend de celle du mot xaromtptômevor : les uns — dont Origène 162 — Jui donnent un

159. J. M. BovER, art. cit.; R. KiTTez, Theol. Wôrt., art. elx@v 11, p. 394: K. L. SCHMIDT, art. cit., pp. 193-194. L’explication donnée est celle de saint Thomas dans la Somme Théologique (Prima, quaest. XCIII, art. 4 ad primum).

160. J. M. Bover (art. cit., p. 174) voit aussi le sens de modèle dans l’etxv de Rom., 1, 23; mais on pourrait penser aussi bien à une image plastique, puisqu'il s’agit d’idole. À propos de Rom., VIT, 29 voir H. WiLLMS, op. cit., p. 52: la 56£x du Christ est « das Urbild » …… « Der Sinn des Abbildes ist hinter dem des Vorbilds zurückgetreten — Le sens d'image s’est retiré devant celui du modèle ». Même remarque chez H. MERKI, op. cit., p. 74.

161. E. BRÉHIER, Les Idées.…, p. 124; H. MERKI, op. cit., p. 74; J. M. BovER, art. cit., p.175; H. WiLLMs, op. cit., p. 51; E. B. ALLO (J Cor.), pp. 426 sq; H. LIETZMANN, op. cit., pp. 84-96; J. DUPONT, Gnosis.…, pp. 172 sq.

162. Fragm. in Lament. 116 (G. C. S.xrx, p. 276, 1. 16). Il s’agit de ceux « qui ont Eee le Seigneur devant les yeux de l'intelligence ». L'idée de miroir a tout à fait

isparu.

sens actif : « regardant comme dans un miroir, contemplant », l’interprétant, d’une façon très hellénique, de la vision transformante: les autres un sens passif « reflétant comme dans un miroir » 16, Le contexte parle du voile qui était sur la face de Moïse : il l’enlevait devant Dieu et la gloire du Seigneur se réfléchissait alors sur sa figure: il le remettait lorsqu’il descendait vers les Hébreux, car ces derniers n’auraient pu supporter la lumière qui rayonnait de son visage. Ce voile c’est l'obscurité de Ancien Testament qui se dissipe quand on se tourne vers le Christ. En ce cas, notre face étant dévoilée, nous réfléchissons comme Moïse la gloire du Seigneur. Le contexte est donc en faveur de la seconde interprétation et elle donne en outre un sens plein à l’image : nous sommes changés en l’image du Seigneur, c’est-à-dire en cette même gloire qui se reflète sur notre visage. Dans le premier cas on ne voit guère quel est le miroir et par conséquent quelle est l’image.

Enfin saint Paul écrit aux Colossiens (111, 9-10) dans un contexte d’exhortation morale : « Vous vous êtes dépouillés du vieil homme et de ses œuvres et vous avez revêtu l’homme nouveau, celui qui se renouvelle pour mieux connaître, à l’image de son créateur ». Il y aurait là une allusion au déshabillage et au rhabillage du baptisé 164, H. Willms 15 voit le Christ dans cette image de Dieu qui sert de modèle. Certes l’opposition des deux Adams se retrouve derrière le vieil homme et l’homme nouveau. Cependant cette interprétation est forcée: la grammaire exigerait alors l’article devant eixéva et rien ne nous dit que l’Apôtre ait vu, à l’imitation de Philon, le Christ dans l’image de Gen., 1, 26-27. Remarquons dans ce texte la liaison entre l’image et la connaissance.

A l’aide de mots se rattachant aux racines d’ôuotos et de op, Paul exprime un échange de ressemblances entre le Christ incarné, qui a revêtu la condition humaine, et les hommes qu’il entraîne vers sa condition de Dieu. Il a pris la forme (uoppñv) du Serviteur, s'étant fait à la ressemblance (èv éuotouxr:) des hommes 156, Nous devons par le baptême être « plantés avec lui » (oupurot) à la ressemblance (r& époiouar) de sa mort, pour l'être ensuite à celle de sa résurrection 17; il « métamorphosera notre corps de bassesse pour le rendre conforme (ouuoppov) à son corps glorieux » 18, L’Épitre

163. Sont favorables à la première interprétation : R. KITTEL (Theol. Würt., art. elx@v, 11, p. 395), H. LIETZMANN (op. cit., pp. 113 sq) qui traduit par « schauen im Spiegel ». La seconde interprétation a été soutenue par J. Duronr, Le chrétien, mairoir… On la retrouve dans J. M. BOvER, art. cit, pp. 175-176; H. WiLLMS, op. cit., PP. 51 sq; E. B. ALLo (II Cor.), p. 96. C’est ainsi que traduit E. Osry dans la Bible de Jérusalem Le J. DuPoNT, Gnosis..…, p. 33.

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