Phil., 1lt
aux Hébreux montre de même Jésus assimilé (éuotw0%va) en tout à ses frères, subissant l’épreuve comme eux (xx0° éuouérnra) à l’exception du péché 162.
Si le thème de la ressemblance se trouve explicitement, avec un sens eschatologique et lié à la vision béatifique, dans la Prima Joannis, 1, 2, « lorsqu'il se manifestera (il s’agit sans doute du Christ dans sa parousie), nous serons semblables à lui (éuotor «èr&), car nous le verrons comme il est », Jean ne parle pas plus de l’homme-image que du Christ-Image. Mais d’après le chapitre xvir de l'Évangile, les hommes sont appelés à participer à l’unité du Père et du Fils, à entrer dans l’intimité de leurs relations : « que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu'eux aussi soient un en nous... Je veux que là où je suis, ils soient aussi avec moi, pour qu’ils contemplent la gloire que tu m’as donnée »1®, Nous constatons le même dépassement que précédemment : le schème de l’image, qui suppose une participation, mais aussi une extériorité, paraît à l’évangéliste trop éloigner encore de Dieu le disciple du Christ, pour rendre compte de l’union à laquelle ce dernier est appelé.
Nous ne trouvons pas dans la doctrine paulinienne de l’image la même spiritualisation extrême — l’âme à l’exclusion du corps — que dans certains passages de Philon. La distinction hellénique, d'ordre substantiel, entre l’âme et le corps, n’est guère utilisée par l’Apôtre : il use d’une autre distinction, d'ordre tendentiel, entre l’esprit et la chair, comme entre deux pôles qui sollicitent le choix de l’homme. Le Christ est-il image de Dieu par toute sa réalité divine et humaine ou par sa divinité seule ? En d’autres termes Phil., 11, 6, Col. 1, 15 et Hebr., 1, 3 concernent-ils la préexistence du Christ comme le prologue de saint Jean, ou ces textes ne perdent-ils jamais de vue le Christ incarné ? 1, Il est permis de ne pas se prononcer. Il faut néanmoins reconnaître que l’image du Christ, à laquelle l’homme doit s’assimiler, n’est pas dans sa condition de Dieu seule : elle est aussi, et sans doute d’abord, dans son humanité glorieuse, à la fois dans son âme et dans son corps. Car l’idée de l’humanité glorieuse des élus, semblable à celle du Christ ressuscité, peut n’être pas toujours explicite : elle est cependant toujours apparente dans les textes que nous avons étudiés.
Les conditions pour parvenir à l’éuotwous sont d’ordre moral dans l’hellénisme. Mais pour saint Paul la transformation en l’image du Christ est avant tout affaire de grâce, acquise à l'humanité par la Croix du Christ et par sa résurrection, appliquée à chacun par le baptême et l’eucharistie, qui nous conforment au drame du Calvaire