Joan., XVII, 21 et
171. C’est la thèse de À. FEUILLET, art. cit. Ilestcontreditsur ce point par J. DUPONT, Gnosis.…, pp. 99-100, note 1, qui a pour lui la majorité des commentateurs.
et à la Résurrection qui le suit : la vie « dans l'Esprit » n’est que le fruit de notre participation à la grâce 172,
Laissant les Pères apostoliques et apologètes, qui appartiennent presque tous à notre histoire 13, nous étudierons les deux doctrines les plus représentatives du 11° siècle, celles de saint Irénée et de Clément d'Alexandrie.
Il faut cependant dire un mot de Méliton de Sardes, en qui Origène voit le principal représentant de l’anthropomorphisme 1%: il croyait Dieu corporel pour deux raisons : les anthropomorphismes bibliques attribuent à Dieu des membres humains; la possibilité des théophanies suppose que Dieu a forme d'homme. A. Struker 175 essaie d’établir que l’anthropomorphisme de Méliton n’était pas si grossier qu’Origène semble le dire : tenant le Verbe pour incorporel, d’après des fragments que nous avons conservés de lui 1%, il ne pouvait pas ne pas penser la même chose du Père. Il serait seulement question d’une corporéité provisoire assumée par Dieu dans les théophanies, car Méliton les attribuait au Père et non au Verbe, à l’inverse de Philon, d’Origène et de bien des auteurs chrétiens. Le corps de l’homme aurait été créé à l’image de ce corps divin, et l’idée de Méliton serait analogue à celle d’Irénée et de T'ertullien, qui voyaient dans le corps humain l’image de celui que le Logos devait revêtir à son Incarnation. Cette conception lui servait dans la polémique antignostique à rehausser la dignité du corps.
On trouve aussi une doctrine de l’image dans les hérésies gnostiques. L'image joue dans la cosmogonie valentinienne un rôle inférieur : elle est limitée à la production du monde sensible, qui est l’œuvre du Démiurge, le Dieu des Juifs. Les Éons, dans le Plérôme, se reproduisent par génération suivant les syzygies : « tout ce qui provient d’une syzygie est plérôme, tout ce qui provient d’un seul est image » 177, La ressemblance s’oppose à l’image, elle est du côté de la génération. Nous avons la distinction d’un mode supérieur, conçu sur le schème de la génération, et d’un mode inférieur représenté par la création artistique : le Démiurge, porté au-dessus de lui par une contemplation extatique du Plérôme, réalise inconsciemment dans son sommeil, sous l’action d’un être supérieur qu’il ne connaît pas (la Mère, Sagesse- Achamoth), des images des Eons.
172. Le thème de l’imitation ne se trouve guère explicitement que chez saint Paul : voir A. HEITMANN, op. cit., pp. 11-16 et dans le Theol. Wôürt. de R. KiTreL l’article uuéoua de MicHAELIS, 1, pp. 676 sq. On trouve l’idée d’imitation, mais non le mot, dans le Sermon sur la Montagne. Sur le thème de la « Nachfolge » voir dans le Theol. Wrt. l’article &xoAov0eïv de R. KITTEL, 1, pp. 213-125.
173. À. STRUKER, op. cit., pp. 3-43; J. GROSS, op. cit., pp. 118-144; À. HEITMANN, op. cit., pp. 68-96.