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19. Dans l’In Joannem &\h@eix est opposé à image dans 15 cas environ sur 25, &An0eto dans 14 cas environ sur 17, ä.n9%ç dans 11 cas environ sur 16, &An0&@ç dans 7 cas environ sur 10, &\n@1véc dans à peu près tous les cas. Ce point de sémantique est d’ailleurs expressément précisé dans le même livre : ainsi 11, 6 (4) (G. C. S. 1v, p. 60, L. 15) « vrai par opposition à l’ombre, au type et à l’image »; 11, 37 (30) (G. C. S. 1v, p. 97, 1. 6) le xabap&ç &An0Ës est opposé à ce qui est vu à travers un miroir, en énigme; Fragm in Jo, vi. (G. C. S. 1v, p. 488, L. 13) « la vraie lumière est ainsi appelée, non par opposition à la fausse, mais pour la distinguer de celle qui est image : car la vérité et le vrai sont distingués, tantôt du faux et de l’erreur, tantôt de l’image et de l’imitation ».
Du Dieu invisible, le Christ est l’image invisible : c’est dire qu’il ne peut être appelé ainsi, du moins de façon immédiate, par son humanité, mais par sa divinité seule. Selon l’In Joannem 2, c’est l’homme qui meurt en Jésus et non la Vérité, la Sagesse, la Paix, la Justice, « car l’Image du Dieu invisible, le Premier-Né de toute créature, ne pouvait recevoir la mort ». Dans la Passion du Christ, si la mort a raison de l’homme, elle est au contraire « contrainte à céder au Logos et à obéir à l'Image de Dieu » 21. Nous lisons ainsi plusieurs passages dans lesquels l’image de Dieu est attribuée au Logos seul, distingué de son humanité 2, On trouve aussi l’afirmation que l’image est invisible #, mais nous ne connaissons que deux textes où cette idée est développée. D’après le Peri Archon 24 «.… il est l’image invisible du Dieu invisible, comme nous disons selon l’histoire que Seth, fils d'Adam, est son image. Il est écrit en effet : Adam engendra Seth selon son image et selon son apparence 5, Cette image comprend l’unité de nature et de substance du Père et du Fils... Comme le Père est invisible par nature, il a engendré une image invisible ». Ces phrases sont tirées d’un long texte sur le Fils- Image, qui reviendra souvent dans ce chapitre. L’invisibilité de l’image a pour raison l'identité dans le cas du Christ entre la qualité d’image et celle de fils: comme le fils ressemble à son père, ainsi l’image qu'est le Christ reproduit son modèle et est invisible comme lui, car il y a entre père et fils communauté de nature et de substance. Ces idées nous seront précieuses pour résoudre les problèmes qui s'offrent à nous : malheureusement le texte en question n’existe que dans la traduction de Rufin, et on ne peut garantir absolument l’authenticité origénienne de tous les détails qu’elle contient.
Dans le Contre Celse nous lisons un essai de preuve de l’invisibilité attribuée à l’Image de Dieu. Le Père en effet « n’est pas vu
De même fragm. in Prov. (P. G. xvui, col. 153 AB) sur Prov.,1, 3 : la vraie justice, celle du Christ, est opposée à la justice en image et en participation, celle des justes, et à la fausse justice. On trouve ce même sens dans le Nouveau Testament pour le mot &r6wés dans Yoan., 1, 9, VI, 32, Î Joan., 11, 8, et dans Hebr., VI, 2. Sur tout cela voir PRAT, Origène, p. 51; MGr KyRiLLos, op. cit., 1, pp. 87-88; G. BULL, op. cit. (P. G. xvu, col. 1318 B sq); l’apologiste lu par PHorius (Biblioth. cxvrr, P. G. cr, col. 393 B sq); G. Barpy, art. Origène, D.T.C. x1, col. 1524 sq).