‹ Théologie de l'image de Dieu chez OrigèneChapitre 65 sur 276 · cf. p. 92, note · texte numérisé non relu

cf. p. 92, note

pe Dans Platonisme des Pères, D. T. C. xu, col. 2333-2336, et dans Gregorianum

x111 (voir la bibliographie). 7 À 4 58. In Jo, 1, 2 (G. C. S.1v, p.55, L. 2 sq). Vrai Dieu par opposition aux « dieux »

en image.

Père, source de la divinité. L’inspiration platonicienne est visible : le Noûs de Plotin se retourne (ëruorpéper) vers l’'Un pour le contempler; cette conversion et cette contemplation sont simultanées avec sa génération, et ne font qu’un avec elle %.

Le passage est surtout choquant à cause de la supposition impossible — mode de langage que ne dédaignent pas les théologiens — qui le termine ®. Elle semblerait montrer d’ailleurs que le Fils pourrait exister sans être Dieu, en dehors de l’acte par lequel il contemple le Père. Que telle n’est pas la pensée d’Origène, nous pouvons en être sûrs : nous verrons que d’après lui le Fils possède la divinité, comme d’ailleurs toutes les vertus, de façon substantielle, c’est-à-dire qu’il se confond avec elles, que sa divinité ne fait qu’un avec son existence; alors que les créatures logikai ne participent à la nature divine qu’accidentellement. Une semblable dissociation entre la divinité et l’existence n'aurait pas davantage de sens pour le Noûs de Plotin: sa « conversion » vers l’Un est coéternelle à sa génération. On ne peut incriminer ici qu’une expression fort maladroite et elle s’explique par la manière trop hâtive avec laquelle Origène composait.

Le subordinatianisme de ce passage est-il vraiment hérétique ? Il ne le semble pas. Il n'implique pas nettement une infériorité du Fils sous le rapport de la grandeur ou de la puissance, il affirme simplement que le Verbe tire son origine du Père, et tient de lui, qui est la source de la divinité, son existence et sa qualité de Dieu, sa substance : et cela dans un acte éternel — car le Fils est constamment engendré par le Père $1 — qu’Origène représente, sous une influence platonicienne visible, par le schème de la contemplation. Les Grecs ne séparent guère, même après Nicée, la question de l’origine de celle de l’unité de substance, quand il s’agit de la Trinité, Nous allons revenir sur cette question du subordinatianisme,

Nous trouvons une ébauche de réflexion sur la génération du Fils à la fin d’un fragment sur Jean dont nous avons déjà donné la traduction 3: « Dieu lui-même ne se pense (vénow ëyer mepl éxurod) par rien d’autre que par la familiarité (oixe6rnr1) qu’il a avec lui-même, car il est à la fois la pensée (à vénow et le pensé (rù voobuevov). C’est

59. Cf. ARNOU, art. cit., AUBIN, art. cit., pp. 359 sq. Le PÈRE DANIÉLOU fait remonter au méso-platonicien Albinos ce thème de la contemplation créatrice : voir son Origène, pp. 108 et 254. Il est antérieur à Albinos puisqu'il se trouve déjà chez Platon : les dieux ne sont dieux que par leur contemplation des Idées; Phèdre 249 C.

60. L’étude du P. Arnou donne un peu l’impression que le passage en question exprime toute la pensée d’Origène sur la génération du Verbe. Par exemple lorsqu'il se demande : comment le Verbe existe-t-il avant de pouvoir contempler? Or les explications favorites d’Origène ne sont pas celle-ci, qui est contenue seulement dans un texte isolé. On peut toutefois en rapprocher In Ÿo, xxx11, 28 (18) (G. C. S. 1v, p. 473, 1. 12 sq) : le Fils glorifié par la connaissance qu’il a du Père; mais il l’est aussi par celle qu’il a de lui-même, qui n’est guère différente de celle qu’il a du Père.

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