Prov., VII
68. Hér. 1x, 4 (G. C. S. 11, p. 7o, 1. 14 sq). La traduction de saint Jérôme dit substantiellement la même chose, mais elle ne suit pas le texte de très près. Nous parlerons plus loin de cette continuelle génération du juste par Dieu et du pécheur par le Diable : cf. pp. 166, 190 sq. La comparaison avec la génération du Christ n’est qu’analogique (r«parAñotov) fondée sur l’analogie qui existe entre le Fils par nature et les fils par adoption. On ne saurait se servir de ce texte pour accuser Origène de ravaler le Christ au niveau des hommes.
d’une génération continuelle complète celle de la génération ab aeterno et donne avec elle quelque chose qui approche un peu de l’authentique notion d’éternité : non un temps sans commencement ni fin, mais la concentration de tout dans un unique instant.
Tels sont les principaux enseignements de la génération du Fils tanquam splendor e luce. Cette comparaison contient en outre les mêmes idées que la doctrine de l’image : le Père est la source de la divinité du Fils %, et le Fils la manifestation du Père : «Par le rayonnement on connaît et on perçoit la nature de la lumière elle-même. Ce rayonnement s'offre avec calme et douceur aux yeux fragiles et malades des mortels, il les éduque peu à peu, et les habitue à supporter la clarté de la lumière, ôtant tout ce qui cache et empêche la vue, selon cette parole du Seigneur : Ote la poutre de ton œil ©; il les rend ainsi capables de percevoir la gloire de la lumière, jouant le rôle d’un médiateur entre les hommes et la lumière » 1, Il n’est pas facile de voir s’il s’agit du Verbe incarné ou du Logos préexistant. Certes l’analogie de la doctrine de l’image invisible, qui est manifestation du Père, inclinerait vers le second sens: mais peut-être ne faut-il pas prêter à Origène plus de continuité dans les idées qu’il n’en a, et transformer en système une pensée qui ne l’est guère. Et la comparaison des deux statues, qui suit, s’applique très probablement au Verbe incarné, comme nous le verrons ?, et il est fait dans ce texte une allusion au rayonnement de la lumière, dont il est question dans ce passage. S’il s’agit du Christ homme, ce texte est orthodoxe : le rôle de l’humanité de Jésus est de préparer les esprits à percevoir à travers elle le divin. Cependant ce n’est pas en tant qu’homme que le Christ est un rayonnement de la gloire de Dieu : aussi peut-il s’agir du Logos- Dieu, et ce passage connoterait alors une diminution sensible entre le rayonnement et la lumière . Il est certes écrit dans l’/x Joannem : « Je pense que le Fils est un rayonnement de toute la gloire de Dieu. et que de ce rayonnement de toute la gloire, des rayonnements partiels se répandent sur toute la création qui participe au Logos; car je ne pense pas qu'aucune créature puisse contenir dans son entier ce rayonnement de toute la gloire de Dieu, son Fils » 7%. Mais ce passage