‹ Théologie de l'image de Dieu chez OrigèneChapitre 71 sur 276 · Cf. p · texte numérisé non relu

Cf. p

nature auquel il participe. On ne peut refuser de lire dans Origène ce caractère physique de l’union à Dieu, a fortiori quand il s’agit du Fils ?*.

A cette génération par la volonté, à cette conception volontariste de l’image, nous pouvons rattacher l’explication donnée par Origène de plusieurs des appellations de la Sagesse. Elle est vapor virtutis Der : «Il faut entendre par cette virtus Dei, explique la version rufinienne du Peri Archon, la puissance qui lui donne la vigueur nécessaire pour créer, contenir et gouverner le visible et l’invisible, celle qui lui suffit pour exercer sa providence envers tous les êtres, dans lesquels elle est présente et auxquels elle est comme unie. De toute cette puissance si grande, si immense, procède, telle la volonté de l'intelligence, une vapeur, ou pour mieux dire sa vigueur elle-même, comme un être constitué dans sa subsistance propre : et cependant la volonté de Dieu elle-même devient la puissance (virtus) de Dieu. Il s’agit d’une puissance autre subsistant en propre, et, comme dit l’Écriture, d’une vapeur de la puissance de Dieu première et inengendrée, tirant d’elle tout ce qu’elle est. » %5, Nous retrouvons des idées déjà exposées : le Verbe est cette puissance qui accomplit dans l’univers les décisions divines, celle par laquelle la Providence s'exécute. De même la Sagesse est une émanation (aporrhoea) de la gloire du Tout-Puissant, car la souveraineté divine gouverne l’univers par l’intermédiaire de son Verbe, qui participe à la même toute-puissance %. Elle est enfin le « miroir immaculé de son évépyeix » (en grec dans le texte latin), c’est-à-dire de son activité °7. Cette activité est de même interprétée comme la « vigueur » qui régit le monde. « L'image qui se forme dans le miroir se meut et agit suivant les mêmes mouvements et les mêmes actes que celui qui se regarde dans le miroir : la ressemblance est parfaite »; ainsi Jésus-Christ, Sagesse de Dieu, reproduit les actes de son Père, comme le montrent des textes évangéliques, sans qu’il y ait entre eux de changement ni de différence #8, Dans ce texte l’union des

94. Le P. LIESsKE (Die Theologie der Logosmystik bei Origenes, pp. 194-195) affirme de même une union physique : « L’unique volonté se trouve dans le Père comme dans son fondement, dans le Fils comme dans l’image réfléchie et engendrée, mais il y a dans les deux une seule volonté et une seule essence divine, sans que par cette communication de connaissance et d'amour, l’unité d’essence entre le Père et le Fils se dissolve en une liaison purement morale, ou que l’on ait besoin de laisser de côté le mystère de la génération — Im Vater aber ist der eine Wille als Urgrund, im Sohne als dem Abgespielten und Gezeugten Abbild, in beiden aber der eine Wille und das eine gôttliche Wesen, ohne dass durch diese Erkenntnis - und Liebesgemeinschaft die Weseneinheit zwischen Vater und Sohn in eine rein moralische Verbindung aufgelüst oder das Zeugungsgeheimnis preisgegeben zu werden brauchte ».

Page 1