‹ Théologie de l'image de Dieu chez OrigèneChapitre 87 sur 276 · Sur Ps., 135, 2 (P. G. xn1, col. 1656 A · texte numérisé non relu

Sur Ps., 135, 2 (P. G. xn1, col. 1656 A

170. PA 1, 2, 6 (G. C. S., v, p. 34, L. 8 sq.). L'homme est encore comparé à un portrait dans HGén., x111, 4, HEx., VI, 5, à une statue dans CC vin, 17: cf., p. 167, notes 141 et 142. La même distinction de l’image filiale et de l’image plastique, ainsi que celle de l’Image et du selon-l’image, se trouve dans saint Thomas, appliquée au Verbe et aux hommes; Somme Théol, 1%, quaest, XXXV, art, 2, ad. 30m; ibid., quaest, XCILL, art, I, ad, 2Un, ; )

étant rapporté au Père. Au contraire les êtres faits selon l’image sont comparés à des images peintes ou sculptées, et leur correspondance avec le modèle est bien différente. Car jamais « celui qui peint une image ne peut rendre toutes les particularités du modèle par sa peinture » M1, Cette distinction du Fils d’avec les autres créatures se trouve dans toute l’œuvre d’Origène : « Qui dans les nuées sera l’égal du Seigneur ? demande le Commentaire sur le Cantique. Ou qui lui sera comparé parmi les fils de Dieu 172? Comme le pommier parmi les autres arbres de la forêt, est l’Époux parmi les fils : il porte un fruit qui les dépasse tous par sa saveur et son parfum, et qui recrée deux sens de l’âme, l’odorat et le goût » 15, Enfin en deux passages du Contre Celse Origène reproche à son adversaire de ne pas voir la différence qu’il y a entre l’Image de Dieu, qui est le Premier-Né de toute créature, le Logos, et l’homme qui est seulement créé selon l’image 174,

Une remarque sur un point du vocabulaire d’Origène semble montrer la préoccupation de donner à l’appellation de Fils, quand il s’agit du Christ, sa pleine valeur. Deux mots grecs peuvent la traduire : viéc et raic. Mais raïc a aussi le sens de serviteur, comme le latin puer et le français garçon. Les Actes des Apôtres appellent Jésus uïc en plusieurs passages 15: c’est une allusion au Serviteur de Yahvé d’après Isaïe. Selon M. Marrou 16 les termes de viés et de mais sont équivalents et interchangeables dans la littérature chrétienne du 11e siècle. Origène emploie rarement ruïs 177, presque uniquement viéc. Dans le Contre Celse l’opposition des deux termes est frappante,

171. In Jo., 11, 6 (4) (G. C. S. 1, p. 60, 1. 30). L’In Matthaeum (x, 11, G. C. S. x, p. 11,1. 30) développe la même idée, non à propos des selon-l’image, mais de l’exégèse : les comparaisons évangéliques ne valent que sur un point, celui que le Christ a eu l'intention d’exprimer, non sur tous : « La ressemblance d’une image ou d’une statue à son modèle n’est pas une ressemblance parfaite en tous points : ainsi l’image peinte à la cire sur un tableau de bois ressemble au modèle par son apparence (ëripaveiæ) et sa couleur, elle ne reproduit cependant pas la profondeur (ràc elooxéc) ni le relief (à &éoxéc), mais elle en donne seulement l'illusion (Éupæouw). Au contraire, quand on sculpte des statues on essaie de conserver la ressemblance quant à la profondeur et au relief, mais on laisse de côté la couleur. S’il s’agit d’une effigie de cire, on peut rendre l’une et l’autre, je veux dire d’une part la couleur, de l’autre la profondeur et le relief; mais l’image ne peut pas reproduire ce qui est à l’intérieur du modèle ».

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