PA 1,2, 8 (G. C..S.v, p.38, 1. 13 sd
n’est pas sûr, si on considère, d’abord que le Logos-Dieu est déjà pour Origène une révélation de Dieu, ensuite que la comparaison demande toute une transposition, car l’invisibilité de la grande statue n’est que relative à son immensité, tandis que celle de Dieu est absolue. Origène pourrait comparer le rapport entre la grande statue, visible de droit, invisible de fait, à cause de la petitesse de notre regard, et la petite statue visible, au rapport du Père invisible au Fils invisible. Mais certaines erreurs d’interprétation commises par saint Jérôme nous empêchent d’attacher une importance exclusive à ses affirmations : aussi considérons-nous la version de Rufin comme valable.
Nous n’insistons pas sur les témoignages de l’égalité entre les deux Personnes que l’on pourrait glaner çà et là dans le Peri Archon, car ils appartiennent à la version rufinienne, et peuvent être suspectés 2, Les fragments de Justinien et ceux de saint Jérôme contiennent un texte, dont on ne trouve pas trace chez Rufin, mais qui semble authentique, à cause de la rencontre des deux censeurs. Voici les termes selon Justinien 21° : «Si le Père contient tout, le Fils fait partie de ce tout, donc le Père contient le Fils. Quelqu’un d’autre se demandera si le Père se connaît vraiment de la même façon dont le Monogène le connaît, et il affirmera que la parole : Mon Père est plus grand que moi 2! est vraie en tout point, de telle sorte que le Père se pense lui-même plus grandement, plus clairement, plus parfaitement, qu’il n’est pensé par le Fils » 212, Le texte de Jérôme 2% en est la traduction exacte: cependant la formule hypothétique &\Mos dé mc Enrhoe est atténuée : curiosus lector inquirat, que le lecteur curieux se demande; on sent un peu la tendance à faire endosser par Origène une opinion qu’il présente d’après Justinien comme celle d’un autre, sans la faire vraiment sienne.
Cette idée que le Père aurait une connaissance que le Fils ne partagerait pas se retrouve dans l’In Joannem. Le premier livre, qui appartient à la même période que le Peri Archon, la rejette nettement. « Quelqu'un se demande-t-il si le Sauveur sait tout ce que le Père connaît dans les profondeurs de sa richesse, de sa sagesse et de sa connaissance ? Ou sous prétexte de glorifier le Père, affirme-t-il que le Fils ignore quelques-unes des connaissances du Père, alors qu’il a une compréhension égale à celle du Dieu inengendré (dtæpxoüvros Eion0var raic xaralhheor To dyevvhrou Oeod) ? Il faut savoir que le Sauveur est la Vérité, et donc que, si la Vérité est complète, elle n’ignore rien de ce qui est vrai. Si certaines connaissances lui
209. Ainsi PA 1, 2, 10 : le Fils est tout-puissant comme le Père. 11, 8, 5 : le Fils parvient à toute la puissance du Père. Mais cela ne suppose peut-être pas l’égalité complète : cf. p. 110, note 192.