‹ Théologie de l'image de Dieu chez OrigèneChapitre 97 sur 276 · PA 1v 4, 8 (35) (G. C.S. v, p. 360, 1. 1 sq · texte numérisé non relu

PA 1v 4, 8 (35) (G. C.S. v, p. 360, 1. 1 sq

213. Ad Avit. 13 (P. L. xxII, col. 1071) ou G. C. S. v, p. 360 en note.

manquaient et se trouvaient, comme on le prétend, dans le Père seul, la Vérité serait boiteuse. Qu’on montre alors que certaines connaissances n’appartiennent pas à la Vérité, mais sont au-dessus d’elle 214, » L'hypothèse est reprise dans le dernier livre de l’In Joannem 215 à propos de cette idée que le Père est glorifié par la connaissance que le Fils a de lui, le Fils par celle qu’il a du Père. « Je cherche à savoir si le Père peut recevoir une gloire autre que celle qu’il reçoit en son Fils (par la connaissance que le Fils a de lui), comme nous l’avons exposé, une gloire plus grande, lorsqu'il se tient dans sa propre connaissance, dans sa propre conscience et dans sa propre contemplation, plus grandes que celles qui sont en son Fils, comme il faut le penser de Dieu : on peut dire qu’il jouit alors de plaisirs ineffables, d’allégresse et de joie, lorsqu'il se complaît et se réjouit en lui-même. » Ce domaine secret de la connaissance paternelle, où le Fils lui-même ne peut entrer complètement, ressemble bien à la contemplation intime de l’Un plotinien, que le Noûs imite, mais dont il est fort loin d’épuiser le contenu. Il est difficile de savoir l’avis véritable d’Origène sur ce point. Le fragment de Justinien attribue cette opinion à un autre, le premier texte de l’In Joannem la refuse, le second, tout en la présentant comme une question, semble déceler chez son auteur une complaisance secrète : c’est une idée qui lui plaît visiblement, mais qu’il n’ose pas professer plus nettement, peut-être parce que son sens chrétien élève contre elle des objections 216.

Un autre texte de l’In Joannem pousse loin l’infériorité du Fils à l’égard du Père : « Nous, nous croyons à la parole du Sauveur : Le Père qui m'a envoyé est plus grand que moi. Nous le voyons refuser l’épithète de bon, comme si elle ne s’adressait pas à lui d’une façon authentique, vraie et parfaite, maïs la reporter au Père avec actions de grâces, en reprenant celui qui voulait trop glorifier le Fils. C’est pourquoi nous disons que le Sauveur et le Saint Esprit dépassent toutes les créatures sans comparaison possible, d’une façon tout à fait transcendante. Mais le Père dépasse le Fils et l'Esprit Saint autant et même plus qu’ils ne dépassent les autres êtres, et pas les premiers venus »%17, De même l’Un plotinien est tout à fait transcendant

214. In o., 1, 27 (25) (G. CS. 1, p. 34, 1. 22 sq). La Vérité est une des appellations du Verbe.

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