Voir BARDY, art. Origène, D. T. C. x1, col
217. In Jo., xt, 25 (G. C.S. 1v, p. 249, 1. 14). Dans 1n Ÿo., 11, 3 (ibid., p. 55, 1. 15) le rapport Père/Fils n’est pas supérieur mais égal au rapport Logos/logika : « Le logos qui est en chacun des logika a le même rapport (de nouveau A6Yoc!) avec le Logos qui est dans le principe auprès de Dieu, et qui est le Dieu Logos, que le Logos-Dieu a envers Dieu ». D’autres textes du même livre affirment l’infériorité du Fils : « ainsi la source que produit dans l’âme l’eau donnée par Jésus jaillira vers la vie éternelle, et peut-être qu’elle bondira plus loin que la vie éternelle, vers celui qui est au-dessus de la vie éternelle, le Père; car le Christ est la Vie, et celui qui est plus grand que le Christ est plus grand que la Vie » (xx, 3, G. C. S. 1V, p. 299, 1. 6) : ce dépassement
par rapport au Noûs: Origène pousse vraiment bien loin dans ce passage l’infériorité du Fils, sans préciser d’ailleurs sur quoi porte cette infériorité. Maran, cité par une note de l'édition Delarue, suppose que le texte est altéré 218, Ce qui est sûr, c’est que l’In Matthaeum affirme le contraire dans un passage que nous avons déjà étudié 2%: « On peut voir un rapport plus étroit entre la bonté du Père et le Sauveur, Image de sa bonté, qu’entre le Sauveur et un homme bon, une bonne action ou un bon arbre. Car la supériorité du Sauveur, Image de la Bonté de Dieu, sur les biens qui lui sont inférieurs, est plus grande que celle de Dieu qui est bon sur le Sauveur qui a dit: Le Père est plus grand que moi, et qui est auprès des autres êtres l’Image de la bonté de Dieu ». Bien qu’affirmant toujours l’infériorité du Fils, ce texte est en progrès sur le précédent.
Théophile reproche à Origène d’avoir dit dans le Peri Euchès : « Nous ne devons pas prier le Fils, mais seulement le Père, et non le Père et le Fils à la fois » 22, Cette accusation a son fondement dans le texte suivant, qui part aussi de la réponse au jeune homme riche: « Pourquoi m’appelles-tu bon ? Personne n’est bon, si ce n’est Dieu. Cela veut dire : Pourquoi me pries-tu ? Il faut prier le Père seul, comme moi je le prie. Vous pouvez l’apprendre par les Écritures. Le grand prêtre que le Père vous a donné, et qui a reçu de lui les fonctions de médiateur (rapaxañto), il ne faut pas le prier, mais il faut prier par ce grand prêtre et ce médiateur, qui peut compatir à nos infirmités, qui a été tenté comme nous, mais qui, par un don du Père, a été tenté sans péché ». Vous êtes devenus des fils adoptifs. « Il n’est pas normal de prier un frère, quand on est devenu fils d’un même Père : au Père seul, avec moi et par moi, vous devez adresser votre prière 221, »
Le P. Prat explique qu’il ne s’agit ici que de la rpoceuyn, c’est-àdire de la prière solennelle et liturgique, et que la solution d’Origène — on prie le Père par le fils — est conforme aux usages liturgiques de
du Christ pour aller vers le Père évoque des souvenirs plotiniens. « Il n’est pas absurde de dire que, non seulement les anges et les hommes ont besoin des nourritures spirituelles, mais même le Christ de Dieu : car lui-même est, pour ainsi dire, constamment restauré par son Père, qui seul est sans besoin et se suffit » (xIII, 34, 5bid., p. 259, 1. 25) : cette restauration du Christ par son Père est la communication incessante de la nature et de la divinité paternelle. Avant le texte que nous avons étudié dans cette page, et où il est question de glorification par la connaissance, le Christ est dit « glorifié par la connaissance parfaite qu’il a du Père. Je pense que se connaissant aussi luimême — connaissance qui n’est pas très éloignée de la précédente Fil est glorifié par cette connaissance de lui-même ». La parenthèse semble dire qu’il y a peu de différence entre la connaissance que le Fils a du Père et celle qu il a de lui-pême, et par conséquent diminuer la distance entre les deux personnes. Mais un peu plus loin Origène fait, nous l’avons vu, l'hypothèse d’une connaissance possédée par le Père, et à laquelle le Fils n’aurait pas accès (xxx11, 28 (x 8), cf. note 215). Dans tous ces passages l'infériorité du Fils vient de ses fonctions médiatrices ou de la relation d’origine.
218. De divinitate Christi, 1v, 16, 3, dans P. G. xvn1, col. 744-747 en note. Voir PRAT, op. cit., p. 173.