‹ Théologie de l'image de Dieu chez OrigèneChapitre 99 sur 276 · PE xv, 4 (G. C. S. 11, p. 335, 1. 16 sq · texte numérisé non relu

PE xv, 4 (G. C. S. 11, p. 335, 1. 16 sq

l'Église primitive, comme à ceux de l’Église moderne : la plupart de nos oraisons, — pas toutes cependant — s'adressent au Père par le Fils. Le P. Prat cite aussi une décision du IIIS concile de Carthage, « qui défendait expressément d’intervertir l’ordre, et prescrivait de ne s’adresser qu’au Père dans la célébration des rites sacrés ». Cela pour prévenir « l'erreur des païens qui auraient pu s’imaginer que les chrétiens adoraient trois Dieux, le scandale des fidèles qui auraient pu croire qu’on divisait l’indivisible Trinité »???. Ces explications excusent-elles parfaitement ce texte, dont l’allure catégorique contraste avec la modestie habituelle des affirmations d’Origène ? Pour justifier l'usage liturgique, l’auteur semble réduire le Christ à son rôle de médiateur. En effet le Verbe fait partie de la Trinité, et il est ainsi, joint inséparablement au Père et à l’Esprit, celui à qui la prière s’adresse; d’autre part il est en tant qu'Homme-Dieu, suivant des vues qui sont celles de l'Épître aux Hébreux si elles ne sont pas celles d’Origène, le grand prêtre et le médiateur, qui transmet à la Trinité les prières des hommes. Ce passage semble réduire le Christ à cette dernière fonction, donc le subordonner étroitement au Père : il nous permet de mesurer les conséquences qu’entraîne l’attribution de la médiation et de l’image au Logos dans sa nature divine seule.

Mais le Peri Euchès ne représente peut-être pas toute la pensée d’Origène. Citons un texte du Contre Celse : « Toutes nos demandes (Sénouwv), nos prières (rposeuyhv, la prière solennelle), nos supplications (évrevËiv), et nos actions de grâces (ebyæprotiuv), il faut les adresser au Dieu de l’univers par le grand prêtre qui est au-dessus des anges, le Logos vivant qui est Dieu : mais nous pouvons aussi demander (Sencéueôx) au Logos lui-même, le supplier (sôreuËéueôx), lui rendre grâces (exaptorhoouev) et le prier (roocevEéuelx), pourvu que nous comprenions bien la véritable signification et l’usage authentique de la prière (rpooeuyñ) #3 ». Nous pouvons remarquer que les quatre sortes de prière que distingue Origène, y compris la rpooevyt, peuvent être adressées soit au Père par le Fils, soit au Fils lui-même. Le contexte qui précède dit que l’Écriture ne prescrit jamais de prier les anges, bien qu'elle leur donne parfois le nom de dieux. Doit-on penser que ce passage joint le Verbe à Dieu comme terme de la prière, ou simplement comme intermédiaire, ce qui est le cas pour les textes que nous citons en note 2%, Nous pencherions pour la première solu-

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