III
66 THÉOLOiUf M 14 ffATURË.
Peii^aqt qpe les 4lsc|pl^s T4wn^ k Jéru^em s'entretenaient de cette apparition sur le chemin d'Emmaûs , Jésus- Christ ^ntra 4aQS Tappartement où ^Is étaient, et leur montra ses mains et ses pieds pour leur prouver qu'il était réellement ressuscité , dteant lui-méQ)e q'^'un esprit n'a ni chair ni os comme il a; et cepenflant I0 même Évangéliste dit qq'il disparut tout à coup devant les deux disciples h Emmaûs, ce qui prouverait au contraire qu'il n'était pas en çfiair et en os devant eux , mais seulement en esprit.
Jésns-Christ se trouvant de nouveau au milieu de ses disciples, leur demanda s'ils avaient quelque chose k manger, ce qui montre que par sa qualité d'Être corporel il avait besojn (le se nourrir, et mangea en efiet en leur présence. Eufin , suivant Saint Luc, il serait sorti avec ses disciples de Jérusaleip pour aller avec eux jusqu'à Bétbanie , où il les quitta en montant au ciel. Ce ne fut donc pas , comme le dit Saint Marc , k Jérusalem même que cette ascension eut lieu, mais k environ deux lieues de Ik.
J^ais ce n'est pas tout : dans ce même passage de spn Évangile^ Saint Luc dit formellement, comme on voit, que Jésus apparut le jour de sa résurrection k deux de ses disciples sur lechemin d'Emn^aûs, et le même spir k tons les disciples réunie k Jérusalem, qu'il s'y était entreténu avec eux et les conduisit de Ik k Bétbanie où il fut élevé au ciel ; tandis que le même Saint Luc dit au Çhap. I. de ses Ac$es de$ Apôtres , ouvrage formant l<^ seconde partie de son Êtau-giUy que Jésus resta encore quarante jours parmi eux, disant au Verset 3 : « Se faisant voir à eux pendant quarante jours et leur parlant de ce qui regarde le royaume de Dieu. » C'est sans doute qu'après avoir publié son Évangile , Saint Luc n'avait pas encore réuni les matériaux des Actes des Apôtres.
Les contradictions que je viens de faire remarquer entre les trois premiers Ëvangélistes deviennent encore plus grandes quand oq con^psire ce qu'ils disent avec ce que
ipappi»rte KaiDt Jean, sur le martyre et la résurrection de Jésus-Christ. Cet Apôtre, que le Sauveur distinguait d'une manière particulière , n'ayant jamais quitté- son maître , qu*il avait suivi jusqu'à la croix où il fut présent au crucifiement, devait par Ik même être au moins aussi bien instruit que les autres Évangélistes , et surtout mieux que ^aint Luc qui ne connut peut-être pas même Jésus-Christ; et en effet Saint Jean cite un bien plus grand nombre d'événements qu'eux, et souvent les contredit formellement , en racontant tout autrement les faits.
Voiei coipment il lapporte les événements de la pnort et de la résurrection de Jésus-Christ :
Chap. XIX, 12. €Les Juifs criaient (k Pilate) : Si tu déli-vres cet homme , tu tiW pas axntdi Cé^ar ; car quiconque se fait rm se déclare cautt^e César. »
13. « Quand doue Pilate eut entendu cette parole, il mena Jésus dehors et s'assit dans son tribunal au lieu appelé le Pavé^ et en hébreu Gabbatha* »
14. « Or 9 c'était ators la préparution de Pâques^ et en^on la sixième heure ; et Pilate dit aux Juifs : Voûà $x)tre roi. >
17. €Et Jésus , portant sa croix, vint au Heu appelé le Calvaire, qui se nomme en hébreu Golqatha. > «•«,.^ ^.••.•.
25. c( Or, la mère de Jésus et la sosur de sa mire, Marie , femwA de CUopas^ et Marie-:Madelaii^e^ se tenaient prés de sa croix. 9
26. < Jésus donc voyant sa mère , et prés d*ellfi^ le disciple qu'il aimait ( Saint Jean ) , dit q sa mire : Femme , voilà ton
27. c Puis il dit au disciple : Voilà ta mère. Et dés cette hiure-ià ce disciple la prit chez bii. »
28. « Après cela Jésus, voyant que tout était accompli^ dit, afin que VÊcriture fût accomplie : J'ai soif. »
* 29, ^EtUy avait là un vaisseau pilein de vinaigre. Ils «m*-
68 TpiOLOGIC DE LA RATURB.
plirent donc de vitMigre une éponge^ et ils mirent de rhysope autour y et la lui présentèrent à la bouche. »
30. c Et quand Jésus eut pris ce vinaigre , il dit : Tout est accompli. Et baissant la téte^ il rendit ïesprit. »
33. . . . < Lorsque (les soldats) vinrent à Jésus^ voyant qu'il était déjà mort , ils ne lui rompirent point les jambes. »
34. < Mais un des soldats lui perça le côté avec une lance ^ et aussitôt il en sortit du sang et de Veau. >
35. « Et celui qui Va vu en a rendu témoignage, (et son témoignage est véritable , et U sait qu'il est vrai) afin que vous le croyiez. >
Chap. XX, 1 . « Xe premier jour de la semaine ^ Marie-Madelaine vint le matin au sépulcre ^ comme il faisait encore obscur; et elle vit que la pierre était ôtée de f entrée du se' pulçre. »
2. « Elle courut donc trouver Simon Pierre, et Vautre disciple que Jésus aimait,- et elle leur dit : On a enlevé du sépulcre le Seigneur, et nous ne savons où on Va mis. »
3. c Alors Pierre sortit avec Vautre disciple , et ils allèrent au sépulcre. >
4. « Et ils couraient tous les deux ensemble ; mais cet ^utre disciple courut plus vite que Pierre , et arriva le premier au sépulcre. »
5. « Et s*étant baissé , il vit les linges gui étaient à terre; mais il n'y entra point, m
6. « Mais Simon Pierre^ qui le suivait, étant arrivé^ entra dans le sépulcre, et vit les linges qui étaient à terre. »
7. <i^ Etle linge qu'on lui avait mis sur la têle n'était pas avec les autres linges; mais il était plié en un lieu à part. »
8. « Alors cet autre disciple^ qui était arrivé le premier au sépulcre, y entra aussi, et il vit, et il crut. > '
9. « Car ils n avaient pas encore bien entendu ce que ÏÊcriture dit, qu'il fallait que Jésus ressuscitât des morts. »
CHAPiTRK XV. 69
.10. « Après celà^ les disciples retournèrent chez eux. »
1 1 . « Hais Marie se tenait dehors , près du sépulcre , en pleurant ; et comme elle pleurait^ Me se baissa pour regarder dans le sépulcre. »
12. u Et eUe vit deux anges vêtus de blanc^ assis fun à la tite, et Vautre aux pieds, au lieu où le corps de Jésus avait été ooticAé. »
Id, n Et ils lui dirent : Femme ^ pourquoi pleures-tu? Elle leur dit : Parce qu'on a enlevé mon Seigneur ^ et je ne sais où on l'a mis. »
14. a Et ayant dit cela, elle se retourna ^ et vit Jésus qui était là; mais elle ne savait point que ce fût Jésus. »
15. <i Jésus lui dit : Femme , pourquoi pleures-tu? Qui cherches-tu ? EUe, croyant que c'était le jardinier y lui dit : Seigneur y si tu Vas emporté^ dis~moi où tu Vas mû, et je Virai prendre. »
16. « Jésus lui dit : Marie 1 Et elle, £ étant retournée ^ lui dit : Rabbonil c'est-à-dire mon maître! »
1 7 . tt Jésus lui dit : Ne me touche points car je ne suis peu encore monté vers mon père; mais va vers mes frères , et disleur que je monte vers mon Père et votre Père , et vers mon Dieu et votre Dieu. »
18. « MarieMadelaine vint annoncer aux disciples qu*eUe avait vu le Seigneur ^ et qu'U lui avait dit cela. »
19. « Xe soir de ce même jour^ qui était le premier de la semaine, les portes du lieu où les disciples étaient assemblés étant fermées , parce quHls craignaient les Juifs , Jésus vint , et il fut là au milieu d'eux et leur dit : La paix soit avec vous ! »
20. ^ Et quand il leur eut dit cela, il leur m4mtra ses mains et son côté. Lss disciples donc voyant le Seigneur, eurent une grande joie. »
21 . ^11 leur dit encore : La paix soit avec vous ! Comme mon Père m'a envoyé, je vom envoie aussi de même. »
22. « Et quand il eut dit cela, il souffla sur eux et leur dit : Recevesi le Saint-Esprit. 9
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23. « Ceux à qui vous pardonnetez les péchés , ils leur se ront pardonnes; et ceux à qui vou>s les retiendrez, ils leur seront retenus. »
Suivant le même Evangéliste Jésus-Christ apparut encore huit jours après une seconde fois k ses disciples à Jérusalem, et ajoute :
Verset 30. « Jésus fit encore en présence de ses disdptes plusieuf's autres miracles qui ne sonï pas écrits dans ce livre. »
31 . « Mais ces chômes ont été écrites , afin que vous croyiez que Jésus est le Christ^ le fils de Dieu^ et qu'en croyant vous a/yez la vie par son tmWw. »
Au Chap. XXI, Saint Jeaii parllô d'îine troisième apparition de Jésus-Chriâl èti Galilée; pires de la nier de Tibériade, dont les autres Évabgélistesne font absolument aiicuné mention, et termine son Évangile par les deux versets suivants :
24. « Cest ce disciple (1) qui rend témoignage de ces choses , et qui les a écrites; et noHs savons que son témoi^na^e est véritable. »
25. « /{ y aussi beaucoup d'autres choi^es que Jésus a faites^ et si elks étaient écrites en détail , je ne pefkse pas que le mohde pût eï)nteHi¥ les livres qu'on en écrirait. Amen. )J
Saint Jean ne parle en conséquence pas tion plus de l'ascension de Jésùs-Ghrist ^ pas pitts que Saint Matthieu, l'autre Evangéliste, Apôtre comme lui.
Ainsi i d'après Saint Jean , Pilate livra Jésus aux Juifs vers la sixième heure du jour qui répond k ihidi ; tandis que les autres Évangélistes disent qu'il fut déjà crucifié d la troisième heure; et suivant tous le^ quatre, il expira à la neuvième heure, c'ésl-à-dîre trois hettrés deTaprès-midi; et au lieu de dire avant de rendre TEsprit : Mon Dtèii , morl Dieu y pourquoi m'a-tu abandonné? comme le rapportent saiât Matthieu et Saint Marc , ou bien , ftdiVattt Saint Lhc : Mon Père, je remets mon Esprit Èfitt^ t^ matnS , il dit sîm-
(1) S^int Jean, que Jésus aimait beaucoup.
CHAnTRË Xt. 71
plement, selon Saint Jean : Tout est accompli, et expira.
Après sa mort, Marie-Madelaine vint le matin k la pointé du jour au sépulcre, et le trouvant ouvert, elle courut le dire k Saint Pierre et k Saint Jeaii ; mais cet Évangéliste né dit pas qu'elle y avait vu alors un ange , sbit assis sur là pierre d'entrée , soit dàiis l'intéHeur du caveau , soit même deux hommes qui lui dirent que le Sauveur était ressuscité ; mais que Saiht JPierre et Saint Jean étant arrivés au sépulcre, le trouvèrent en effet vide , et s'en retournèrent ensuite chez etix ; et ce n'est qu'après tjue Marie-Madèlaine , en regardait dans le sépulcre , y vit déut anges placés l'un k la tète et l'âdtre au pied du lieu ou Jésus avait été placé , et (}Ue les anges lui demandèrent simplement pourquoi elle pleurait, san§. rengager k aller dire aux disciples que Jésus était ressuscite ; mais l'Évangéliste ajoute que Jésus apparut luiitiéqie k Marie-Madelaine , et lui dit d'annoncer aui Disciples qu'il était ressuscité ; il lui défendit, du reste, de le toucher, n'étant pas encore monté Vers son Père ; et cependant le soit tnéme il apparut aux Àpdtlreé k Jérusalem, et encore hiiil jbtirs après, où il fit toucher les stigmates de ses'inains et dé son côté k Saint Thomas, pour le convaincre qu'il était réellement ressuscité en chiair et en os ; et cependant il n'était pas encore monté vfelrs l'Éternel.
D'iaprès Saint Jean , ce fût aus^ lors de la première appa* ritioii aux Apôtres Iréunîs , <j[ile Jésus-Christ leur communia qttà le Saint-Esprit, et leur donna la faculté de pouvoil^ remettire les p'échés ; \MAh 4ue dans les Actes des ÀpMre$ ; rédigés par Sain* Ltic (I, !É), ce ne fut que dix jours apipftS sott ascension que le Sâitat-Esprit dësîôetidit isui* eux.
Enfin Saint Jeàtl fHlHe dé l'apparition de Jélsus k ses disciples en Galilée, i^ttlrles bbrds de la mer de Tibériade^ apparition doiH: aucuti autre Ëvahgéliste tae fait ihenti<^n ; car celle qui ettl lieu datas (se pays , él dotit p^rle en peu de mots Saint Matthieu , WlX lieu Wv uJtte montagne.
Quaiit k l'iscétM»ion de Jéâus-Christ, Saint lean n'en dit
|>as un mot , et termine son Évangile par l'assertion hyperbolique que le monde entier ne saurait contenir les Livres qu*on pourrait écrire &ut les miracles que Jésus a faits ; exagération qui montre r enthousiasme qui présida k la rédaction de cet Évangile.
Après toutes ces contradictions que je viens de signaler entre les Évangélistes , et dont j'aurais pu citer encore beaucoup d'autres, quelle croyance peut-on ajouter a la vérité des Évangiles , qui ne peuvent être considérés que simpleaient comme des ouvrages d'histoire, mais non comme inspirés à leurs auteurs par une révélation divine , ainsi que le croiept la plupart des sectes chrétiennes ; et la foi qu'on peut avoir dans leur exactitude doit être d'autant moindre, que deux des Évangélistes , Saint Marc et Saint Luc ne sont nulle part indiqués , ainsi que je Tai déjk fait remarquer, comme ayant été des disciples dicects de Jésus-Christ, surtout le second , qui dit lui-même avoir compilé tout ce qu'il a pu réunir de renseignements sur la vie du sublime réformateur de la religion juive. Or Jes documents dans lesquels il a pui$é ont été évidemment fort incomplets, et sans doute très-inexacts, l'auteur rapportant le plus souvent à des époques différentes ce qu'il a copié de Saint Matthieu avec quelques additions qu'il a ramassées ailleurs, et quelquefois avec moins de détails; ce qui prouve ou <|u'il a volontairement tronqué ou altéré le récit de Saint Matthieu, ou bien qu'il n'a eu sous les yeux que des fragments de l'Évangile de cet Apôtre. Enfin une autre preuve que l'Évangile de Saint Luc n'est pas une histoire exacte et complète de la vie et des actes du Sauveur, c'est qu'il manque dans Saint Luc, comme d'ailleurs dans Saint Matthieu et Saint Marc , presque tous les faits rapportés par Saint Jean , et réciproquement. Quelle confiance peut-on en conséquence attacher k l'autorité de Saint Luc et de Saint Marc qui n'étaient pas Apôtres? Gomment se fait-il même qu'il existe une si grande différence entre les récits, des deux autres Évangélistes Saint Matthieu et Saint Jes^n,