‹ Théologie de la nature (volume 2)Chapitre 35 sur 79 · CHAPITRÉ IV · texte numérisé non relu

CHAPITRÉ IV

naissance de Jésus? Car en les examinant dans leurs détails , on y trouve à côté de la fictioa poétique plusieurs cir* constances impossibles par elles-mêmes , ou du moins d'une probabilité fort douteuse. En effet, on sait que les Mages , mot qui signifie savant , étaient des Philosophes de Tancienne Perse et de la Chaldée qui remplissaient les fonctions de théologiens et de sacrificateurs , et s'adonnaient particulièrement k Tétude de Tastronomie. D après Saint Matthieu , plusieurs de ces savants seraient venus ainsi d$ plusieurs centaines de lieues , du fond de la Perse jusqu'en Judée, guidés par uqc étoile qui devait leur indiquer où était le Roi des Juifs afin qu'ils Fadorassent; roi auquel les Perses n'avaient cependant ni hommage ni adoration à adresser, et notamment les Mages, en leur qualité de théologiens, d*une religion tout à fait différente de celle des Israélites. Mais d'ailleurs cette étoile qui les guidait, comment ne les conduisit-elle pas directement et de suite ^ Bethléhem , mais d'abord k Jérusalem , où les Mages furent obligés de demander où était l'enfant , et que ce ne fut que par l'effet de l'arrivée de ces astronomes qu'Hérode fut instruit du grand événement de la naissance du soi-disani roi des Juifs? Enfin les Mages suivant de nouveau l'étoile , elle les conduisit en dernier lieu k Bethléhem , où elle s'arrêta , dit le texte , sur la maison ou était l'enfant.

Mais pourquoi les Mages avaient-ils besoin de voir cet enfant , qui devait leur être complètement étranger , et de Ik indifférent? Enfin comment cessavants astronomes pouvaientils être conduitspar^ine étoile, qui, par l'effet de sa prodigieuse distance , ne pouvait pas leur avoir paru s'arrêter sur cette maison? Fait impossible k reconnaître, en admettant même que cet astre extraordinaire avait réellement un mouvement très-marqué, appréciable k la vue simple; car sa distance n'eût-elle été que d'une centaine de lieues , et même beaucoup moins, il n'aurait pas pu, en s'arrêtant, faire distinguer le lieu où était l'enfant , sa position paraissant k la fois w 4es-

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SUS de chaque maison de tout une grande ville. Et si le corps lumineux n'était qu*k une faible hauteur^ d'une centaine de mètres, par exemple, certes les Mages ne Teussent pas nommée une étoile , connaissant parfaitement la natore et réloignement prodigieux des corps célestes; mais l'auteur n'a pas réfléchi à tout cela.

Or ces objections ne sont pas les seules qu'on puisse faire à l'assertion de Saint Matthieu. En effet , comment Hérode a-t-il pu ignorer la naissance de Jésus , et le lieu où il se trouvait , le jour de Y Epiphanie, quinze jours après qu'il fût venu au monde, alors que les bergers dont parle Saint Luc avaient, au dire de cet Évangéliste, publié partout le jour même de la naissance ce qu'ils avaient vu et entendu? Ces faits étaient assez extraordinaires pour que la nouvelle dât s'en répandre partout d^qs le pays, et arriver à la connaissance d'Hérode ; Betl)léboip étant éloigné a peine de trois lieues de Jérusalem, et cependant, aq dire de Saint Matthieu , le gouverneur de la Judée a si longtemps ignoré un événement aussi important , et d'autant pl|is à craindre pour les Romains, que Jésus était annoncé par les Mages ^ comme devant devenir le Boi des Juifs; circonstance qui engagea Hérode à faire mettre à mort tous les enfants de Bethléhem. Enfin comment expliquer qu'Hérode ait dit aux Mages qu'il désirait savoir où était Jésus , afin qu'il pût allf»* l'adorer^ vu qu'on ne rendait point cet hommage à des rm; expression qui trahit la peQsée de l'auteur, qui savait» quand il écrivit , que Jésus-Christ n'éts^itpas un roi temporel, mais bien un souverain spirituel, que ses disciples ont adoré? Enfin comment se fait-il qu'un seul des Évangélistes ait parlé de l'adoration des Mages et de l'apparition de l'ange aux bergers? Faits cependant assez importants assurément pour mériter qu'ils en parlassent tous ; et cela est d'autant plus étonnant, qu'ils se sont si souvent copiés les uns les autres, pour des choses d'un bien moindre intérêt.

Considéré sous un aiitre point de vue encore , on m eoi)-

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