CHAPITRE XT
ceiÂX qui seront dans la Judée s'enfuient aux montagnes; »
17. « Qus celui qui sera au haut de la maison ne descende point pour s'arrêter à emporter quoi que ce soit de sa maison ; »
18. « £t que celui qui est aux champs ne retourne point en arrière pour emporter ses habits, »
19. (( Malheur aux femmes qui seront enceintes et à celles qui allaiteront en ces jourS'-làl »
20. « Priez que votre fuite n'arrive pas en hiver^ ni un jour de Sabbat;^}
21 . « Car il y aura une grande affliction ; telle que depuis le commencement du m^onde jusqu* à présent il n'y en a point eu ^ et qu'il n'y en aura jamais de semblable, •
22. « Que si ces jours-là n'avaient pa^ été abrégés , personne n'échapperait; mais ils seront abrégés à cause des Mus. »
29. « Et aussitôt après Vajfliction de ce jour-là le soleil s' obscurcira y la tune ne donnera point sa lumière, les étoiles tomberont du ciel , et les puissances des deux seront ébranlées, »
30. (( Alors le signe du Fils de Vhomme paraîtra dans le ciel; alors aussi toutes les tribus de la terre se lamenteront , en se frappant la poitrine , et elles verront le Fils de l'homme venir sur des nuées du ciel ^ avec une grande puissance et une grande gloire. »
31 . il enverra ses anges avec un grand son de trompette , et ils rassembleront ses élus des quatre vents , depuis un bout des deux jusqu'à Vautre bout »
34. a Je vous dis en vérité ^ que cette génération ne passera point que toutes ces choses n'arrivent. »
Or cette prophétie de grandes calamités , pas plus que Tavénement prochain du Christ qu'ellesdevaient précéder, répétés presque mot h mot par Saint Marc , au Ghap. XIII, ainsi
142 THBOLO^IS VU hA MATURB.
quepar SiiiNT Luc , Ghàp. XXI, ne 9e sont point réalisés , le temps où ces événements devaient arriver ayant été formellement indiqué comme peu éloigné , ce qui ne permet pas de voir la fin du monde dans cette prédiction ; vu que le conseil de fuir dans les montagnes et de prier que cela n'arrive pas en hiver, que donne le Sauveur, prouve que les grandes catastrophes dont il a parlé ne devaient être que locales et de peu de durée. Enfin, si Jésus-Christ avait voulu simplement faire allusion k sa résurrection , il l*eût annoncée comme plus prochaine ; il n'eût parlé ni do chut$ d'étoiles^ ni de fuite dans le$ wiorUanneê , ni de sa venue dans les nuées au son de trompettes, etc, ,
Dans d'autres endroits encore des Évangiles , la venue du Christ est également annoncée comme prochaine; c'est ainsi qu'on trouve dans Saint Matthieu, au Chap. XYI, 27 : « Car le Fils de Vhomme doit venir dans la gloire de son. Père, avec ses anges; et alors il rendra à chacun selon ses nmwes.
28. « Je vous dis en vérité qu'il y en a quelques-uns de ceux qui sont ici présents, qui ne mourroru point qu'ils n'aient vu le Fils de f homme venir en son règne, 1»
Ce dernier verset est ensuite répété presque dans les mêmes termes et dans la même circonstance par Saint Makg, au Chap. IX, I, ainsi que par Saint Luc, Chap. IX, 27.
La prédiction que Jésus^brist a faite du temps qu'il resterait dans le sépulcre , ne s'est pas non plus accomplie telle qu'elle est rapportée par Saint Matthieu, au Chap. XII , oà Jésus dit au Verset 40 : « Car comme Jonas fut dans le ventre d'un grand poisson trois jours et trois nuitè ; ainsi le Fils de l* homme sera dans le sein de la terre trois jours et trois nuits, y> Tandis que , suivant les récits que les divers Évangélistes font du crucifiement et de la résurreetion , le Christ n'est resté dans le sépulcre que deux nuits , un jour entier (celui du samedi) , et deux parties de jour.
En admettant ainsi que lésus--Christ était d'uue nature
CBAPITRS XV. 443
purement hjimaiQe» tout devient uoa-seulemeiit plus naturel et plus clair dans son histoire , mais tout mystère disparaît ; en même temps que sa yie, ses œuvres et surtout te sacrifice de soû existence deviennent plus sublimes , et c'est par là aussi qu*il nous offre un véritable exemple k imiter ; vu que tous les hommes étant ses semblables comme Êtres humains doivent être de là , comme lui , aussi capables de résister au mal s'ils le veulent ; tandis que considéré comme Divinité il est inimitable , et ne peut en conséquence servir de modèle à de faibles humains , qui ne sauraient s'élever jusqu'à la perfection de la Divinité. Or cette idée de l'impossibilité de pouvoir l'imiter dans sa perfection a surtout ceci de malheureux qu'elle devient , ainsi que je l'ai déjà dit , la déplorable excuse de tous les défauts ; chacun se croyant autorisé de rester plus ou moins au^essous de la perfection divine que lui «ffre le Christ^ tandis que dans sa qualité d'homme soumis comme tous les mortels k l'influence des nombreuses causes matérielles et morales qui agissent constamment sur les homsieS) Jésus devient réellement^ par son inébranlable persévérance dans tout ce qui est bien, l'incomparable modèle de la vertu la plus sublime à imiter; et enfin le sacrifice qu'il fit ée sa vie montre jusqu'où doit aller la foi de ceux qui désirent sincèrement vivre conformément k la volonté de Dieu, jMur mériter sa bienveillance ; et c'est par là qu'il est réellement, ainsi que je l'ai également déjà dit, le SAUVEUR du fente humain , en lui faisant connaître la véritable voie qui eottëwt k la vertu , et par elle k la félicité éternelle au sein de l'ÊIre Suprême ; mais il n'a point racheté hs kûmmes du péché par ^n mcrificie dans le sens propre de ces mots , ainsi que r^xprime le nom de Rédempteur qu'on lui donne souvent.; vu que les hommes ne sont aliénés k personne , ni repoussés en masse par la Divinité , ou entachés d'un péché originel èont se seraient rendus coupables nos premiers parents , ainsi que le dis^t généralement les Juifs et les Chrétiens. Cette cit^yanee au rachatdes péchés par Jésus-Christ consti-
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tue même un horrible blasphème contre l'Être Suprême, établissant, ainsi que je l'ai déjà dit ailleurs, qu*il a pu créer le genre humain au commenceinent du monde , et le condamner de suite d'avance k une éternelle damnation pour une faute dans laquelle serait tombé le premier homn^e qu'il venait de tirer du néant par sa toute-puissance , en lui imprimant ce même penchant à un péché dont il aurait si cruellement puni l'effet; péché sous le poids duquel aurait gémi tout le genre humain jusqu'à l'arrivée de Jésiis-Christ , qui l'aurait racheté par son sang ; et cependant pas racheté complètement, puisque suivant les théologiens Teffet de ce péché pesé encore et k toute éternité sur les hommes. Jésus-Christ n'a donc, dans ce sens, racheté personne du péché originel, si toutefois ce péché a pu exister sur la postérité d'Adam. Mais encore ici le mot de rachat est mal choisi , même au tîguré, car tout rachat présuppose soit une première aliénation , soit une captivité préalable k l'avantage de celui de qui i'o rachète; et le même terme signifie aussi que l'objet racheté sort de la dépendance du possesseur pour rentrer dans celle de celui qui rachète par le sacrifice d'un objet donné en échange ; ou bien pour devenir libre et s'appartenir k lui-même , lorsque le racheteur veut bien renoncer au droit du possesseur qu'il vient d'acquérir par l'acte de rachat : voici , je crois, le sens propre du mot racheter. Or rieji de tout cela ne saurait s'appliquer k ce qu'on appelle la Ré-^ demption ; et au figuré la comparaison est si éloignée de la vérité qu'il faut un effort d'esprit pour en saisir les rapports. En effet, je viens de dire que le mot de rachat présupposait soit une première aliénation , soit une captivité ; mais par qui le genre humain a-t-il été vendu ou donnée et de qui a-t-il ensuite été racheté?
Il est vrai que les hommes , par l'effet de leur sensualité , se sont livrés eux-mêmes au péché et au vice, ou en style figuré qu'ils se sont abandonnés k Satan , d'où Jésus-Christ les a sauvés mais non rachetés ^ en leur offrant, par sa su-