N«TB III. S3S
geon , qui doit produire l*année suiYamte une branche ou une fleur.
Lorsqu'au printemps la végétation se ranime dans cet arbre, ces écailles s'écartent, les intérieures se développent de plus en plus, les premières deviennent simplement un peu plus grancjes qu elles n'étaient en hiver, pendant que celles qui les suivent présentent déjh sur leurs bords de petites dentelures vertes, premiers rudiments analogues aux grandes feuilles à cinq folioles qu'auront les suivantes ; ces parties de la feuille se développent graduellement de plus en plus , pendant que la partie répondant a TécajUe propre^ ment dite des bourgeons répond au Pèiioh de la feuHle composée. En effet, ce dernier, d'abord très-large, fort mince et simple dans les écailles extérieures, s'allonge et se rétrécit graduellement dans les suivantes , de manière à pré* senter encore un aplatissement fort sensible dans les preaiières feuilles déjà bien palmées. -
Quant à la transformation de la feuille en parties de U fleur, le Rosier églantier^ et le ^osier cent feuilles, qui n'est qu'une variété mopstrueuse de ce dernier, en montre par* faitement la modification graduelle. On sait que les feuilles ordinaires de ce charmant arbuste sont composées d'une tige portant des folioles latérales et une terminale ; eh bien ! la dernière de ces feuilles, près de la fleur, est déjà fori petite^ et ne difl'ère guère de la première écaille du calice qu'en ce que celle-ci est encore plus petite , et que son pétiole moyen est élargi en lame ovale formant la feuille du calice. Dans les quatre autres lamelles de ce dernier, la dégénérescence gagnant ensuite de proche en proche, les folioles de |a feuille primitive diminuent progressivement et disparaissent complètement à l'un des côtés de la cinquième écaille du calice , pendant que la partie répondant au pétiole s'élargit de plus eu plus en s'amincissant en lamelle.
Je dois faire remarquer ici que, par l'effet d'upe double
série de feuilles, qui existe naturellement sur la plante en-
tière, alternant à droite et k gauche de la brindille de branche , il en résulte que la seconde écaille du calice ne fait pas dans la même série suite à la première, mais constitue la première de la sienne ; et c'est la troisième et la cinquième du calice qui continuent la série de la première, pendant que la quatrième fait suite à la seconde. Or c'est aussi dans cet ordre qu'on trouve le plus de ressemblance entre les cinq écailles du calice ; c'est-k-dire en allant de la première k la troisième , puis k la cinquième , k la seconde et k la quatrième. Dans cette dernière , qui a en conséquence subi la plus forte transformation , non-seulement les folioles de'la feuille ordinaire ont complètement disparu, mais d'un côté même elle est déjk assez fortement modifiée, le bord des écailles étant aminci en pétale, et même coloré en rose.
En suivant la série plus loin , on arrive en conséquence k la corolle , formée proprement de cinq Pétales dans la fleur naturelle ou simple , dont la transformation est subitement beaucoup plus grande. Mais si Ton pousse Texamen plus loin dans les fleurs doubles, on remarque k l'un des bords de la plupart des pétales, mais surtout aux intérieurs, une petite tache jaune sur l'un des bords des pétales intérieurs, tache qui constitue le premier rudiment de Y Anthère de l'Étamine dans ce même pétale. Plus loin , cette tache jaune se prononce de plus en plus , se renfle graduellement en un petit bouton , et produit un filet blanc qui descend le long du bord du pétale jusqu'à la base, et qui n'est en effet que le filet de l'étamine. Aux pétales les plus intérieurs, ce rudiment d'étamine se développe de plus en plus , tandis que la partie formant le pétale se réduit graduellement, celui-ci finit par ne plus être qu'un simple petit appendice d'une véritable étamine.
Dans d'autres fleurs, et surtout sur les Tulipes^ on trouve sous la véritable fleur des feuilles ordinaires déjk plus ou moins colorées en pétales.
NOTS iil. 237
Les Botanistes ont fait voir ensuite qtié de même le fruit n*est autre chose qu'un emboîtement de plusieurs feuilles successives , jusqu'à l'Embryon de la nouvelle plante que renferme la semence.
C'est ainsi que la chair d'une Prune ou d'un Abricot n'est qu'une feuille très-charnue roulée sur elle-même en enveloppant d'autres, et dont on voit encore d'un côté une rainure indiquant la suture des bords de la feuille. Dans son intérieur se trouve le Noyau y dont la partie ligneuse est formée de deux feuilles; plus en dedans, V Amande, dont la Pellicule extérieure est une autre feuille enveloppant les. deux Cotylédons : ceux-ci constituent les deux premières Feuilles du germe de la jeune plante renfermée dans le fruit.
L'analogie de tous ces organes appendiculaires des végétaux est en outre prouvée par le fait que, suivant la culture qu'on donne à la plante , on peut presque toujours transformer à volonté ces diverses parties Tune dans l'autre , toutes «tant dans l'origine la même chose comme germe; c'est-àdire que , si la végétation est très-vigoureuse , tous ces germes deviennent des feuilles et des branches, tandis que là où la végétation est moins forte , tous ces germes deviennent des fleurs et des fruits; et enfin, quand elle est trop faible , il ne se produit également que des feuilles , répondant à celles qui précèdent les fleurs.
C'est ainsi que tout arbre très-vigoureux qui a trop de sé\e pousse fortement en bois et en feuilles , mais ne produit jpas de fruits, et réciproquement. Les Jardiniers connais- .saient ce fait, et réglaient leurs cultures en conséquence; mais ils en ignoraient les causes.
Ayante remarqué que des arbres très-bas, des Potrier^, par exemple, produisaient de plus beaux et de meilleurs fruits que lorsqu'ils sont fort haut, on a imaginé de les tenir près de terre en Les taillant tous les ans; mais dès lors iles racines fournissant une sève trop abondante, ces arbres
Û'S^ TUSOLO«IS DE La NATURE.
ne produisaient plud que de très-vigoureuses branches et des feuilles fort grandes. Pour ramener, en conséquence, ces arbres ainsi mutilés à n'avoir que la quantité de sève proportionnée au branchage, et propres à former des fruits y on greffe les Poiriers, arbres naturellement très-élevés et k grandes racines, sur des Cognassiers^ arbuste qui, n'ayant que de fort petites racines , ne peut fournir au poirier qu'il porte que juste la sève dont il a besoin pour produire des fruits.
C'est en me fondant sur ce même fait physiologique que j'ai amené des arbres trop vigoureux à porter du fruit, en leur Coupaut tout simplement quelque^ racines pour diminuer la qtiaûtité de sève.
Note n" IV. Atomes.
Les Philosophes de Tantiquité ont déjà reconnu que la matière, par cela même qu'elle existe physiquement et qu'elle est limitée dans ses masses, ne saurait être divisible à Vinfini , Vinfini ne pouvant se trouver dans le fini. Cela n'est possible que mathématiquement ou par* la pensée , vu que rien n'empêche de supposer qu'on prenne successivement et toujours la moitié, le tiers ou le quart, etc., d'une partie précédemment obtenue de cette manière; mais on ne saurait le faire en réalité , c'est-a-dire physiquement, quand même on ne serait pas arrêté par l'extrême petitesse des dernières particules; celles-ci devant nécessairementarriver à la (in à une limite; sans cela le volume de la dernière particule serait infiniment petit, ou en d'autres termes égal à zéro. Or, comme on ne peut jamais arriver k former un volume quelconque en ajoutant tant de fois qu'on le Voudra zéro à zéro, la somme restant toujours égale àrim, il est évident que les dernières particules dans lesquelles un corps est divisible doivent avoir un volume déterminé , quoique
NOTE IV. i39
d'une petitesse telle, il est vrai, que les microscopes les plus puissants, capables de nous montrer les petits corps sous un volume apparent de plus de 10,000,000,000 de fois aussi grand que le corps naturel. Or ces appareils sont, malgré cette immense amplification, complètement impuissants à nous laisser apercevoir ces dernières molécules d'un corps quelconque, dont les dimensions sont, sans aucun doute, beaucoup au-dessous. Cette subdivision de la matière existe cependant dans toutes les dissolutions physiques, telle qu'elle a lieu pour une petite quantité de sel de cuisine dis-* soute dans de Teau pure, où elle se trouve ainsi subdivisée dans ses dernières particules , au delà desquelles la division n'est plus possible sans diviser cette particule de sel dans ses éléments constituants , où elle cesse d*étre du sel et se décompose en particules de Sodium et de Chlore^ les deux substances élémentaires dont le sel est formé. (Voyez les Notes n"* 1 et 13.) C'est-à-dire que ce sel est une substance en elle-même composée de deux autres simples ou ses Élé* ments , dans lesquels la dernière particule ou Molécule de 9çl se décompose , si Ton pousse la subdivision plus loin , et là l'extrême limite est atteinte.
Les anciens Philosophes ont si bien reconnu l'indivisibilité k l'infini de la matière, qu'ils ont assigné à ses extrêmes particules le nom i\itomes, terme dont Télymologie signifie en grec , qui ne peut pas être coupé ou divisé, de a, particule négative, et de iomé, couper.
Les atomes sont ainsi les dernières particules* d'une substance élémentaire ou simple , que rien ne saurait détruire , pas même la puissance divine, selon l'opinion de ceux qui considèrent la matière comme coéternelle avec Dieu, et delà comme non créée.
Ces atomes différant, sans aucun doute, dans les diverses espèces de substances élémentaires, sont susceptibles de pouvoir s'attirer un à un ou un k deux ou à trois, de Tune de ces espèces complexes à l'autre , mais très-probablemeut
toujours en fort petit nombre et dans certaines espèces seulement, pour former par la des particules ou Molécules constituantes de substances composées; molécules en conséquence binaires, ternaires ou quaternaires, et dont les propriétés sont d'ordinaire entièrement différentes de celles des substances élémentaires qui les forment, et reçoivent de Ik des noms différents. G*est ainsi que le sel de cuisine dont je viens de parler est formé dans sa Molécule constitu^inte de Sodium (un métal) et de Chlore (substance naturellement gazeuse) ; il reçoit dé là le nom chimique de chlorure de sodium.
Note n*" V. Attraction.
La propriété active la plus importante de la matière est bien évidemment l'attraction que chacun de ses atomes exerce même à grandes distances sur tout autre atome de quelque nature qu'il soit, et cela partout comme force égale. Cette propriété étant universelle, elle sert de règle et de mesure dans toutes les observations et expériences où l'on peut en avoir besoin.
La force d'attraction étant attachée à Tatome . il en résulte naturellement qu'elle est dans un corps quelconque en somme d'autant plus forte que celui-ci contient plus de ces corpuscules , d'où nâit la loi formulée pour la première fois par Newton que « les corps s* attirent en raison directe de leurs masses, » (On nomme ma^se la quantité de matière réelle, ou, en d'autres termes, d'atomes qu'un corps renferme ; masse qui diffère de là notablement du volume ou grandeur apparente, qui peut varier considérablement dans ses dimensions sans que la quantité de matière change ; et cela suivant que le corps est plus ou moins poreux.) C'està-dire que des corps dont les masses sont comme 1 , 2, 3, 4, etc., attirent tout autre corps avec des^ forces qui se trouvent dans les mêmes proportions.
Une autre loi, découverte également par Newton, est que les corps s'attirent aussi « en raison inverse du carré des distances. 3> Cette loi , plus difficile à comprendre au premier abord , demande de là quelques explications.
Le calcul la démontre, mais on peut* aussi la faire facilement concevoir au moyen d'une simple image. Admettons que la force attractive d'un corps quelconque A (PI. I, figA) soit représentée par une quantité innombrable de fils sortant de son centre, ou se dirigeant dans tous les sens, comme le font les rayons lumineux d'une lampe. On conçoit que, si Ton place un autre corps \hcdef) près du premier, et que , pour plus de facilité , je suppose être carré, il sera rencontré , et par conséquent attiré par un nombre de ces fils attractifs compris dans le faisceau Acdef, nombre représentant, en conséquence, la force totale avec laquelle le corps est attiré. Si Ton place ensuite le même corps h une distance double, en gr , il ne sera plus rencontré que par le quart du nombre de ces fils attractifs qui lui sont arrivés dans sa première position. En effet, ces fils s'écartant k la fois du double de bas en haut et autant de droite à gauche , en s'éparpillant sur une surface quadruple hikl, le corps ainsi deux fois si éloigné de A , ne recevra plus par conséquent sur une surface gmhn égale à la sienne, que le quart des fils attractifs qu'il recevait dans sapositition bcdef^ c'està-dire qu'il ne sera plus attiré que par le quart de la même force; et c'est là ce que la loi formulée par Newton exprime : la distance de A g étant double de i4 6 , le rapport direct des distances est comme 1 est à 2 , et le carré comme 1 est à 4 (carré de 2) ; d'où la raison inverse exprimée par la loi est comme 1 est à 1/4.
On ferait voir de même qu'en reculant le corps b à des distances 3,4,5,6, etc. , il ne serait plus attiré que par des formes 1/9, 1/16, 1/25, 1/36, etc., les raisons inverses des carrés de ces distances.
24S raioLoaiB de la naturi.
NoTB N» VI. CapillariU.
On appelle capillarité la propriété qu'ont la plupart des corps de faire monter les liquides au-dessus de leur niveau , en y plongeant par une de leurs extrémités, effet dû k l'attraction et à la cohésion que ces corps exercent par leur surface sur ce liquide ; c'est-k-dire que la partie du corps qui est immédiatement au-dessus de la surface de ce dernier, attirant celui-ci , le fait monter plus haut en se rattachant, et cela jusqu'au point où le poids de cette eau , ainsi soulevée , fait exactement équilibre à la force de traction que le corps exerce sur elle. C'est cet effet qu'on peut voir dans un verre en partie rempli d'un liquide qui le mouille , où ce dernier se relève sur les bords contre les parois du vase On conçoit ensuite que si le corps solide est divisé en un grand nombre dé filaments capillaires très-rapprochés comme le sont les poils d*un pinceau, les intervalles étant très-fins, leliquide qui y pénètre étant en fort petite quantité dans chacun , peul y monter fort haut avant que la colonne qu'il forme dstns chaque petit espace soit assez pesante pour faire équilibre à l'attraction des filaments solides ; et son élévation est produite, en outre, par l'attraction que le liquide déjà soulevé exerce sur la partie placée au-dessous, d'où résulte que plus les surfaces des parois du corps solide sont étendues, plus cette attraction est forte et arrive à son extrême limite lorsque les intervalles forment les tubes capillaires les plus fins.
L'effet contraire a lieu lorsque les parois du corps solide exercent sur le liquide une attraction plus faible que celle que les molécules de ces derniers ont entre elles : alors celui-ci ne s'attache pas a ces parois et ne les mouille pas; c'est ce qui a lieu de la part du mercure a l'égard du verre, par exemple ^ ici le liquide ayant une très-forte attraction pour lui-même , 8*élève plus fortement dans l'axe du tube
Note vu. â43
que sar les bords , comme on peut s'en conv^ncre dans les Baromètres.
Note N** VIL Classification des Êtres organisis.
L'un des grands buts que se proposent les Naturalistes est de découvrir le plan d'après lequel Dieu a créé les Animaux et les Plantes , afin de le suivre dans les ouvrages qu'ils publient sur les sciences naturelles en classant les espèces d'après ce système seul réellement naturel. Or comme les recherches que cette partie de l'histoire naturelle exige demandent une étude fort longue , puisqu'il s'agit de classer plusieurs centaines de mille espèces aujourd'hui connues , ce travail devient, comme on peut bien le penser, extrêmement difficile et surtout fort long.
On conçoit que dans le commencement , alors qu'on ne connaissait encore qu'un petit nombre de ces espèces , il était réellement impossible de parvenir k établir cette classification , un grand nombre des objets qui devaient y entrer étant encore inconnus, et que plus tard , après qu'on eut connu des espèces de la plupart des subdivisions des deux Règnes organiques, la difficulté était de pouvoir les embrasser toutes pour se faire une idée de l'ensemble. De ces diverses conditions dans lesquelles on s'est trouvé successivement à l'égard de la connaissance des Êtres orga^ nisés , ont dû nécessairement résulter diverses phases que cette science a dû parcourir pour arriver k la fin k sa perfection, qu'elle est d'ailleurs encore loin d'avoir atteinte.
Il est vrai que certaines grandes divisions des Êtres organisés sont tellement naturelles et si bien tranchées , que tout le monde, même les hommes les moins capables de se former une idée d'une classification scientifique, les ont reconnues; et cela est si vrai que, dans toutes les langues» même dans celles des peuples sauvages , ces grandes divi-
sioDs ont des noms par lesquels on les désigne. Cest ainsi que partout nous trouvons les noms de Plante ^ A' Animal ^ à" Oiseau y ie Poisson, d'Insecte, Ae Ver , etc., sauf d'assez nombreuses erreurs provenant précisément des idées peu rigoureuses qu'on se faisait de la valeur de ces différents termes.
Quant aux diverses espèces qui constituent ces premiers grands groupes, il est naturel qu'elles n'ont dû recevoir de nom qu'autant que cela était nécessaire pour l'intérêt que ces objets pouvaient avoir pour les hommes; d'où est résulté qu'un certain nombre seulement ont reçu des noms spéciaux , les autres ayant collectivement restés sous celui de la grande division à laquelle elles appartiennent : mais c était déjà là un véritable commencement de classification.
Plus tard , quand des hommes qu'on doit déjà désigner sous le titre de Naturalistes ont porté plus particulièrement leur attention sur les divers Êtres vivants qui peuplent le monde, ces savants ont nécessairement reconnu des subdivisions moins tranchées, mais du reste bien réelles, auxquelles ils ont imposé des noms, afin de les désigner par là; et c'est ainsi que la science s'est progressivement compliquée, et bientôt à tel point qu'il devait en résulter de la confusion.
Les premiers savants qui écrivirent sur les Êtres organisés ne s'occupèrent que des espèces utiles , ou du moins intéressantes, sous quelque rapport que ce fût, sans avoir eu égard à l'analogie qui pouvait exister entre elles ; s'attachant principalement à faire connaître ce que chacune pouvait avoir de remarquable, abstraction faite de toute autre considération. C'est-k-dire qu'ils se sont plus spécialement occupés de ce qu'on appelle encore aujourd'hui dans un sens restreint Y Histoire naturelle proprement dite, sans s'occuper, autrement que d'une manière secondaire, do la classiûcàtion de ces divers objets , et moins encore de leur structure. Or cette seconde phase de la science dura
jusqu'au siècle dernier, où écrivirent Buffon, Kéaumur, de Géen , Tremblay , Bonnet , et un grand nombre d'autres encore, qui tous s'occupèrent plus particulièrement des mœurs des animaux.
A cette époque , et même déjà avant, on reconnut, vu le grand nombre d'espèces qu*on avait à étudier , qu'il était de la pins grande importance de trouver des moyens de classer convenablement les Êtres organisés, afin de pouvoir, d'une part , en simplifier les descriptions et par conséquent l'étude, en indiquant pour des groupes entiers tout ce qui est commun aux espèces qui les composent; et, d'autre part , pour mettre un certain ordre entre tous ces objets , afin de pouvoir facilement trouver leur description dans les ouvrages qui en traitent; ou bien encore, pour les trouver dans les collections qu'on en faisait. C'est ainsi qu'on forma d^abord, à cette troisième grande époque de la science, des Jardins botaniques où Ton cultiva les plantes rapprochées suivant leur analogie , afin de mieux reconnaître leurs rapports et leurs différences, qu'on forma des herbiers^ disposés suivant les mêmes principes, et qu'on publia en même temps divers ouvrages explicatifs de ces classifications.
La structure intime des Êtres organisés étant toutefois encore très-peu connue et fort longue k étudier, il était absolument impossible qu'on la prit pour base de ces systèmes de classification , ainsi que cela aurait dû être , pour que les arrangements qu'on voulait établir fussent réellement naturels ; et Ton se vit forcé de se contenter de rapprocher simplement les espèces d'après des caractères distinctifs visibles à l'extérieur ; mais on conçoit que par cela même il devait se glisser de très-graves erreurs dans ces diverses méthodes de classification , ces signes extérieurs étant souvent beaucoup moins essentiels que les caractères fondés sur la composition intérieure du corps , dont dépendent plus particulièrement les facultés fondatnen taies de chaque espèce; et c'est la nécessité de porter cette vive lumière
dans rétude des sciences naturelles, qui engagea les savante \k s'occuper plus sérieusement de Tétude de rAnatomie et de la Physiologie; sciences qui seules pouvaient fournir les véritables principes sur lesquels devait reposer Thistoire naturelle ; et c'est l'époque de celte élude approfondie de la structure des êtres vivants , époque actuelle , qui constitue la quatrième pb^e que cette science parcourt.
Le corps des végétaux ne se composant guère que d'un tissu fort simple , presque partout le même , sans fonctions localisées intérieurement dans quelque appareil que ce soit, et ne présentant qu'extérieurement un petit nombre d'organes isolés spéciaux ^ dont la plupart servent à la fonction de la génération , il était moins nécessaire, pour Tétude de la Botanique , de connaître la structure intime des végétaux , afin de la faire servir de base k la classification des espèces , presque toutes les données de cette classification se trouvant ainsi à l'extérieur. Aussi l'étude de l'Anatomie et de la Physiologie des Plantes n'a-t-elle guère été cultivée que depuis peu d'années, et se trouve-t-elle encore de nos jours bien arriérée.
Quant à la classification des espèces, elle put faire d'assez rapides progrès, par cela même que presque tous les caractères sur lesquels elle peut être fondée étaient visibles k l'exrieur. Aussi <;ette partie de la Botanique a-t-elle été cultivée avec succès , avant qu'on ne s'occupât sérieusement de la classification des Animaux.
En efl*et, déjk Gaspard Bauhin, et après lui Tournb- FORT , et enfin LiNNiEos et Jussiec , se sont essentiellement occupés de méthodes de classification , tnais en se fondant malheureusement toujours sur des caractères fondamentaux choisis à priori ; d'où ne purent résulter que de simples méthodes artificielles de classification.
Pour ce qui est de la zoologie, il est naturel que les pre^ miers classificateurs , parmi lesquels s'est surtout distingué LiNNiËUs , qu'on considère avec raison comme le véritable
NOTB VII. ' 247
fondateur de la science , n'ont également pu employi^r QM des caractères extérieurs; aussi, s'apercevant bieptôt qmi ces données étaient insuffisantes , les successeurs de Lnx-* NiEcs et de Buffon s'attachèrent-ils à chercher les vér}tables principes de cette science dans l'étude ^6 rAnatomÂa et de la Physiologie des Animaux , qui seule pouvait le9 faire connaître. C'est ainsi que Daubemton, le colUboratear de BuFFON, et Blumenbagh , l'élève de l'illustre Linm^u^^ s'attachèrent les premiers à l'étude de ces deux seiepc^ pour en faire la base de la Zoologie; étude que notre célèbre GuviER a ensuite portée à un très-haut degré de per-* fection dans ses Leçons dAnatomie comparée; puirri^ge qui a formé, depuis 1805 qu'il fut publié, la base fondamentale, noQ-seulemeut de tous les ouvrages d'anatomie al de physiologie comparatives qui ont paru depuis , mais ausfû celle de tous les traités de zoofogie propren^eait dite, qtî traitent de la classification des animaux. C'est aussi i| Blumenbâgh et à Cuvier , qui écrivit bientôt après lui , qi|d nous devons les premiers traités de classification des Ani-imaux d'après leur organisation , le premier en publiant soa Manuel de zoologie en 1779 , et le second, d'abord son 7^^* bleau élémentaire d'histoire naturelle des Animaux ^ en 1798» et ensuite son Règne animal distribué d^q,pris son organi$q^* <ton, en 1829 ; ouvrage qui la depuis servi de base k tons ceux qui ont paru partout sur cette science.
Les feuilles et les fleurs formant les seuls organes sp^ ciaux des Plantes , Tournefoet classa les végétaux d'abord en deux grandes divisions , comprenant, la première, les Arbres et les Arbrisseaux, et la seconde les Sous-Arbrisseaux et les Plantes ; et chacune de celles-ci en plusieurs classes , suivant la forme d/es fleurs.
LiNMi£us, qui vient peu après lui, comprit bien qu'il existait une classification naturelle 4'après laquelle toij^s les Étre^ ont été créés , mais il lui fut impossible , faute de connaissances suffisantes des nombreuses espèces des deux
â^ THÉOLOGIE DE LA NATURE.
Règnes qa'îl avait également étudiées, d'en reconnaître les véritables principes d'après Torganisation ; mais , par l'effet de son génie, il les devina en quelque sorte, et approcha si près de la classification naturelle qu'encore aujourd'hui son systemanaturœ, quoique renfermant diverses erreurs, constitue la base fondamentale de la Botanique et de la Zoologie. C'est lui qui créa la nomenclature et le style en histoire naturelle, imposant ^ chaque espèce deux noms, l'un plus particulièrement substantif, formant son Nom générique^ et le second adjectif, indiquant Y Espèce^ constituant le Nom spécifique. Cet illustre savant s'écartant , quant k la classification, sensiblement de la méthode de Tournefort, n'ayant eu à juste raison aucun égard à la grandeur des végétaux, mais principalement à leurs fleurs , et plus spécialement aux étaraines, qu'il crut être les parties les plus essentielles, divisa de là toutes les plantes en vingt-quatre classes, dont les vingt premières à fleurs hermaphrodites, se distinguent d'après le nombre et la disposition des étamineg. Les dix premières , formées d'après le nombre de ces organes de longueur égale, reçoivent les noms de MonandriSy Diandrie , Triandrie , Tétrandrie , Pentandrie , Hexandrie , Hep^ tandrie^ Octandrie, Ennéandrie et Décandrie; la onzième, on Dodêcandrie , a douze étamines; la suivante, ou Icosandrie, en a vingt au plus, et la treizième, ou Polyandrie^ un plus grand nombre encore indéterminé.
La quatorzième classe, ou la Didynamie^ a quatre étamines, dont deux longues et deux courtes; la quinzième, ou Tétradynamie ^ a six étamines, dont quatre longues. Dans la seizième , ou Monadelphie , toutes les étamines sont réunies à' leur base.
Dans la Diadelphie^ elles sont réunies à leur base en deux paquets, et dans la Polyadelphie^ elles sont réunies à la base en diverses autres masses.
La Syngénésie a au contraire ses étamines réunies par les anthères.
Dans la Gynandrie, les étamines sont implanlées sur le pistil.
Dans la vingt et unième classe, ou la Monoéde, il y a encore hermaphrodisme dans les plantes , mais les étamines et les pistils sont séparés dans des fleurs différentes.
Dans la vingt-deuxième, ou Dioècie^'û n'y a plus hermaphrodisme , les deux sexes étant séparés sur des individus différents.
Dans la Polygamie , le même sujet porte à la fois des fleurs à sexes séparés et des fleurs hermaphrodites.
Enfin la dernière classe, ou la Cryptogamie^ renferme toutes les plantes dont les fleurs sont cachées , ou du moins peu apparentes.
Cette classification est sans doute très-facile à comprendre et k appliquer, mais elle n'est pas naturelle, rompant plusieurs familles et séparant même des genres du reste fort analogues par leurs espèces.
Quant à la méthode de Jussieu , dont les principes fondamentaux ont déjà été indiqués par Linnaeus, elle n'est guère plus naturelle. Elle divise toutes les plantes d'abord en trois grands Embranchements, suivant la composition de leurs semences. Le premier, ou les Acotylédons , a des semences sans cotylédons. Dans celles du second, ou Monocotylédons , il n'y en a qu'un, et dans le troisième, ou les Dicotylédonsy il y en a deux. Or il existe beaucoup de plantes , telles que les arhres résineux, qui en ont un plus grand nombre.
Ces trois premières grandes divisions du Règne végétal sont ensuite subdivisées en quinze classes.
La première, comprenant tous les Acotylédons, renferme cependant des plantes tellement différentes qu'il n'existe pas la plus légère ressemblance entre elles : telles sont les Champignons , les Lichens et les Fougères,
Les Monocotylédons se divisent en trois classes , suivant que les étamines sont insérées sons le pistil, autour du pistil
et sur le pistil ; dispositions indiquées par les mots de hypogyne , périgyne et épigyne.
Les Dicotylédons forment dix classes, dont les trois premières ont des fleurs dépourvues de pétales, et sont du reste épigynes^ périgynes ou hypogynes.
Quatre classes ont des fleurs à un seul pétale, dont les cô- ToWes sont hypogynes f périgynes ou épigynes^ ces dernières distinguées ensuite en celles où les Anthères sont adhérentes ou séparées.
Trois classes ont leurs fleurs polypétales avec des étamines èpigynes, hypogynes ou périgynes.
Enfin la dernière classe , dite Dicline irrèguUère^ est k fleurs non hermaphrodites.
Je n'entrerai pas dans d'autres détails sur la classification des Plantes; je renvoie pour aela aux ouvrages spéciaux, et entre autres à celui de Bernard de Jussieu , publié après sa mort par son neveu Antoine de Jussieu, qu'on a voulu dans ces derniers temps faire passer pour le véritable auteur de cet ouvrage; tandis que son oncle Bernard avait déjà fait l'application de cette classification au jardin de Trianon avant 1777, année de sa mort.
Le Règne animal est divisé d'abord en quatre grands Embranchements , ceux des Animaux vertébrés, des Animaux ARTICULÉS, des Mollusques et des Zoophytes.
Animaux vertébrés. Ils sont caractérisés par un corps divisé en deux parties latérales égales soutenues par une charpente intérieure osseuse ou squelette; celui-ci est divisé en un grand nombre de pièces articulées entre elles , et ayant pour partie centrale une série de pièces courtes impaires, nommées VertèbreSy formant une colonne placée le long de la ligne médiane dorsale. Le tronc du système nerveux ou Moelle épinière placée également le long du dos traversant la colonne vertébrale. Jamais plus de deux paires de membres locomoteurs. Sang rouge circulant dans deux systèmes de vaisseaux , dont l'un centrifuge ou c^rtériel , et l'autre
NOTE Yli. 251
centripète OU veineux ; cBXïdl intestinal k deux orifices, la Bouche et Y Anus placés , le premier à Textrémité antérieure du tronc, le second k son extrémité postérieure, à la base de la queue. Sexes séparés.
Animaux articulés. Corps également divisé en deux moitiés latérales symétriques égales, dont la parité est même plus parfaite que chez les vertébrés. Le squelette remplacé dans sa fonction par les téguments plus ou moins endurcis et fractionnés en pièces, dont une partie centrale forme des anneaux ou Segments entourant le tronc et correspondant k autant de parties analogues entre elles, dans lesquelles le corps se subdivise quant aux organes de la vie de relation. Le système nerveux a son renflement principal ou Cerveau , placé au-dessus de l'extrémité antérieure du canal alimentaire; et la moelle épinière qui lui fait suite est placée en dessous, le long de la face ventrale du corps. Les membres locomoteurs en nombre indéterminé. Un canal intestinal ayant la bouche distincte de Tanus (chez les individus à rétat parfait) aux deux extrémités du corps. Sexes séparés, ou réunis dans quelques genres seulement.
Animaux mollusques. Corps également formé de deux moitiés latérales semblables, mais dont Tégalité n est le plus souvent pas si parfaite que chez les vertébrés et surtout chez les articulés. Corps mou, rarement soutenu par des parties solides organisées , mais fort souvent par des concrétions sécrétées. Le système nerveux a le cerveau placé sur l'œsophage, comme chez les articulés , et une seconde masse nerveuse plus ou moins composée ou Névrosome sous-œsophagien , également centrale , placée sous le canal intestinal; mais cette masse inférieure ne se répète pas pour former une série. Le canal alimentaire a deux orifices, mais souvent rapprochés l'un de l'autre. La bouche toujours k l'extrémité antérieure. Circulation sanguine complète au moyen d'artères, de veines et d'un ou de plusieurs cœurs. Sexes séparés on réunis sur le même individu , mais par
Ordres. Les membres locomoteurs, lorsqu'ils en ont, sont purement charnus.
ANIMAUX zoopHYTEs. Ils u'out aucuu Caractère positif commun, mais simplement des caractères négatifs (cet embranchement renfermant tous les animaux qui n'entrent pas dans les trois premiers. Cela vient en partie de ce qu'on y place des animaux trop différents). Les Zoophytes diffèrent des Vertébrés en ce qu*ils n'ont point intérieurement de squelette articulé pair; des Animaux articulés en ce que leur corps ne se subdivise point en parties successives analogues (1) ; ils diffèrent des Mollusques soit par le manque dune circulation complète ou d'un cœur, soit paa* leur corps divisé en plus de deux parties semblables; chez beaucoup, et ce sont les vrais zoophytes, le corps est composé pour les organes de la vie de relation , de plus de deux parties rayonnant autour d'un axe commun. Enfin on y place les plus petits animaux sous le nom d'iNFusoiRES, dont on n'a pas encore pu reconnaître su£Bsamment l'organisation pour les placer convenablement.
L'embranchement des vertébrés est divisé en cinq Classes, les Mammifères, les Oiseaux, les Reptiles, les Ché- LONiENs et les Poissons.
Première Classe. — Mammifères. Caractères essentiels. Sang chaud , circulation double parfaite (le sang venant de diverses parties du corps par les veines arrive au cœur droit, d'où il se rend par l'artère pulmonaire dans le poumon, revient ensuite par la veine pulmonaire au cœur gauche, qui le pousse par les artères de nouveau dans toutes les parties du corps), sans que le sang des deux circulations se mêle : le cœur droit et le cœur gauche ne communiquent pas entre eux. Respiration aérienne par des poumons. Gestation uté-
(1) Les Tœnia dont le corps est articulé, paraissent être des animaux composés dont chaque article est un animal simple.
rine (où le fœtus est greffé sur la mère et se nourrit de son sang). Ils allaitent leurs jeunes.
Caractères secondaires. Jamais apodes, ayant au moins les membres antérieurs.
Deuxième Classe. — Oiseaux. Caractères essentiels. Sang chaud ; circulation double parfaite, sans mélange de sang artériel et veineux. Respiration aérienne par poumons. Ovipares.
Cara^^tères secondaires. Quatre membres, dont les deuxpostérieurs seuls servant à la marche. Corps couvert de plumes. Point de dents , qui sont remplacées par un bec à deux mandibules cornées.
Troisième Classe. — Reptiles. Caractères essentiels. Sang froid, à une température basse; circulation double imparfaite , le sang veineux et le sang artériel se mêlant (ordinairement dans le cœur par la communication des deux ventricules). Membres, deux paires: une paire, ou nuls, mais toujours en dehors du thorax.
Caractère secondaire. Corps nu ou couvert d'écaillés.
Quatrième Classe. — Chéloniens. Caractères essentiels. Sang froid. Quatre membres, dont les épaules et le bassin sont enveloppés par les côtes, et de là placés dans le thorax.
Caractères secondaires. Respiration pulmonaire. Cœur à deux oreillettes et deux ventricules, ceux-ci communiquant entre eux. Point de dents, remplacées par un bec corné.
Cinquième classe. — Poissons. Caractères essentiels. Circulation simple, le cœur artériel ayant disparu, et la veine branchiale se continuant directement avec l'aorte. Respiration aquatique par branchies.
Caractères secondaires. Sang froid. Corps nu ou couvert
d'écaillés.
L'embranchement des Animaux articulés est divisé en six classes : celles des^ANNÉLioES, des Myriapodes, des Insectes, des Crustacés , des Arachnides et des Cirrhipèdes.
Première Classe. — Annélides. Caractères essentiels.
Corps allongé, vermiforme, mou, multiarticulé. Circulation sanguine bien établie, mais sans cœur musculeux distinct. Respiration branchiale ou par les téguments.
Caractères secondaires. Sexes réunis. Point de tête mobile. Corps composé de deux parties, d'une tête lorsqu'elle existe et du tronc formant une seule cavité viscérale.
Deuxième Classe. — Myriapodes. Caractères essentiels. Corps vermiforme. Téguments solides, articulés. Membres ambulatoires au nombre de plus de trois paires. Respiration trachéenne. Tête mobile.
Caractères secondaires. Corps composé de deux parties, la tête et le tronc, celui-ci composé d'un grand nombre de segments semblables, tous pédifères. Cœur artériel seulement; point de système veineux; sexes séparés.
Troisième Classe. — Insectes. Caractères essentiels. Pattes au nombre de trois paires portées sur les trois premiers segments du corps. Corps partagé en trois parties; la tête mobile; le tronc composé des trois segments pédifères , et Tabdomen formant plus particulièrement la cavité viscérale. Cœur artériel seulement; pas de système veineux. Respiration par trachées.
Caractères secondaires. Deux yeux composés, et en outre quelquefois des yeux simples. Tous , k l'exception de ceux du premier ordre, subissent des métamorphoses. Sexes séparés. Les ailes, dont un grand nombre sont pourvus, sont des organes spéciaux et non des pattes transformées comme chez les Oiseaux.
Quatrième Classe. — Crustacés. Caractères essentiels. Cœur artériel reçu èans une oreillette enveloppante; système artériel en forme de vaisseaux libres ; système veineux en forme de sinus communiquants. Respiration branchiale. Tête distincte, mobile ou fixe. Des antennes. Pattes non rayonnées.
Caractères secondaires. Jamais d'ailes. Animaux aquatiques à l'exception des genres Omicas et Armadillo.
Cinquième Classe. — Arachnides. Animaux acéphales. Corps formé de deux parties seulement, le tronc et l'abdomen , chacune composée de plusieurs segments confondus dans la première et le plus souvent aussi dans la seconde; la première portant les yeux , les organes de la bouche et les pattes ambulatoires. Celles-ci rayonnant sur un centre commun occupé par un petit sternum extérieur. Un sternum intérieur cartilagineux occupant le centre du tronc et se prolongeant souvent dans Tabdomen. Celui-ci renfermant les viscères. Point d'antennes. Bouche composée d'une paire de ehélicères chacune formée de deux articles non palpifères, d'une à cinq paires de Mâchoires palpifères, quelquefois d'un Labre et d'une Lèvre. Chez certaines espèces la bouche est un suçoir composé de plusieurs pièces cornées. Système circulatoire semblable k celui des Crustacés.
Sixième Classe. — Cirrhipèdes. Caractères essentiels. Corps fixé par un pédicule plus ou moins long, et reçu entre deux valves calcaires. Hermaphrodites.
Caractères secondaires. Membres multiarticulés exclusivement préhenseurs et respiratoires. Tète confondue avec le corps.
L'Embranchement des Mollusques comprend cinq classes : les Céphalopodes, les Ptéropodes, les Gastéropodes, les Acéphales et les Brachiopodes.
Première Classe. — Céphalopodes. Caractères essentiels. Corps renfermé dans un manteau en forme de sac, d'où sort la tête surmontée d'un cercle de plusieurs membres locomoteurs plus ou moins coniques , au centre duquel est la bouche. Cœurs séparés , un artériel , et un ou deux veineux. Sexes séparés.
Caractères secondaires. Respiration par branchies, cellesci placées dans le sac. Une coquille extérieure ou intérieure calcaire ou cornée, quelquefois rudimentaire. Bouche armée de deux mandibules cornées , crochues , semblables à celles d'un bec d'oiseau. La tête renferme un anneau cartilagi-
Deux dans lequel passent l'œsophage et le cerveau. Deux grands yeux latéraux.
Deuxième Classe. — Ptéropodes. Caractères essentiels. Corps sans membres ambulatoires , nageant au moyen de deux expansions charnues placées en forme d*ailes aux côtés de la tête. Respiration par branchies. Hermaphrodites.
Caractères secondaires. Les uns pourvus d'une coquille calcaire extérieure ou intérieure , les autres en sont privés. Troisième Classe. — Gastéropodes. Caractères essentiels. Corps en forme de disque musculeux en dessus, sur lequel ces animaux rampent. Dos couvert d'un manteau en forme de bouclier. Têle placée à l'extrémité antérieure du corps, et peu distincte de ce dernier, et portant différentes tentacules. La tête renferme toujours une masse musculeuse plus ou moins compliquée destinée aux mouvements des organes buccaux. Un cœur artériel seulement.
Caractères secondaires. La plupart ont une hernie naturelle sortant du milieu du manteau , reçue et protégée dans une coquille conique le plus ordinairement contournée en spirale. Cette hernie renferme la majeure partie des viscères. Quelques-uns ont cette coquille cachée dans le manteau , d'autres en sont privés. Enfin un seul genre, celui des Chitony l'a formé de plusieurs écussons placés à nu sur le dos k la suite les uns des autres. Un seul ordre est à sexes séparés, six sont hermaphrodites avec accouplement et deux sont hermaphrodites sans accouplement.
Quatrième Classe. — Acéphales. Caractères essenliek. Point de tête du tout. Aucun organe masticateur, et partant point de masse musculeuse destinée aux mouvements de ces organes. Corps reçu dans un manteau en forme de deux lames à bord inférieur libre , ou réunis en forme de tube ou de sac. Respiration par branchies. Un cœur artériel seulement.
Caractères secondaires. Le corps le plus souvent reçu
entre deux valves calcaires latérales , égales ou inégales , qui manquent dans quelques genres formant l'Ordre des Tuniciers.
Cinquième Classe. — Braghiopodes. Caractères essentieh. Corps reçu entre deux valves et porté sur un pédicule fixe. Tête pourvue de deux bras coniques pectines. Deux cœurs paraissant à la fois veineux et artériels. Point de membres articulés.
L'embranchement des Zoophytes se divise en six classes : les Entozoaires, les Éghinodermes , les Foraminifères , les Agalèphes, les Polypes et les Infusoires.
Première Classe. — Entozoaires. Caractères essentiels. Corps pair. Système nerveux lougitudinal. Point de circulation connue. Point d'organe spécial pour la respiration.
Caractères secondaires. La plupart vermiformes et vivant dans le corps d'autres animaux. Quelques-uns à sexes séparés, les autres hermaphrodites. Corps sans aucune partie solide , si ce ne sont quelques crochets cornés a la tête.
Deuxième Classe. — Éghinodermes. Caractères. Corps divisé pour les organes de la vie de relation en plus de deux parties égales rayonnant autour d'un axe commun. Circulation sanguine intestinale complète (dans les espèces dont l'organisation est bien connue). Une cavité viscérale renfermant un canal alimentaire flottant. Partie centrale du système nerveux en forme d'anneau entourant l'œsophage.
Troisième Classe. — Foraminifères. Caractères. Ce sont, d'après M. d'ORBiGNY, qui le premier les a décrits , des animaux microscopiques , non agrégés , k existence individuelle toujours distincte; corps formé d'une masse glutineuse , arrondi ou divisé en segments, ceux-ci placés sur une ligne simple ou alterne , enroulés en spirales ou pelotonnés autour d'un axe. Corps renfermé dans une coquille moulée sur les segments. De l'extrémité du dernier segment sortent d'un ou de plusieurs pores des filaments conm. 17
258 THéOLOGIB t)E XJL NATURE.
tractiles plus ou moins grêles , subdivisés , servant k la loeomotion.
Quatrième Classe. — Agalèphes. Caractères, Animaux nageurs. Corps gélatuieux, rayonné; point de cavité viscérale. Canal intestinal subdivisé par des ramures dans toutes les parties du corps où ces branches portent le chyle. Hermaphrodites.
Cinquième Classe. — Polypes. Caractères essentiels. Corps en forme de bourse ou die cellule. Bouche large placée à Textrémîté; point d*anus distinct. Point de système circulatoire connu.
Caractères secondaires. Corps Composé d'ordinaire de plusieurs individus ayant une partie commune. Bouche le plus souvent entourée d'une couronne de tentacules. La plupart hermaphrodites.
Sixième Classe. — Infusoires. Caractères. Visibles seulement au microscope. Ils vivent dans des liquides.
La Classe des Mammifères, la première du Hègne animal, est subdivisée en douze Ordres.
Premier Ordre. — Bimanes. Pouce opposable aux mains seulement. Marche plantigrade sur les membres postérieurs. Trois sortes de dents contiguës, à croissance limitée. (C*est à cet ordre qu'appartient le genre humain , qui le constitue exclusivement.)
Deuxième Ordre. — Quadrumanes. Pouce opposable aux quatre membres. Trois sortes de dents contiguës, à croissance limitée.
Troisième Ordre. — Plantigrades. Station plantigrade aux membres postérieurs, et digitigrades aux antérieurs. Pouce non opposable. Trois sortes de dents à croissance limitée. Non marsupiaux.
Quatrième Ordre. — Carnivores. Pouce raccourci ou nul. Marche digitigrade aux quatre membres propres à la marche. Trois sortes de dents à croissance limitée 5 molaires tranchantes. Non marsupiaux.
Ciî^QtiÈMfe OkDRE.-— MAfestiPiAUx. Géstatiôn extrà-iUériné ôU niarstipiale.
Sixième Ordre. — Chéiroptères. Une membrane en forme d'aile unissant les quatre membres en s*étéiidan jusque entre les doigts. Marche plantigrade.
Septième Ordre. — Rongeurs. Deux incisives en haut et deux en bas , à cfoissance continue; pas dé canines. Lèvre Supérieure fendue. Non marsupiaux.
HttîtiÈME Ordre. — Édentés. Quatre membres propres à la marche. Point d'incisives; dents k croissance continue. Hm marsupiaux.
Neuvième Ordre, t— PachideRMes. Des sabots arrondis ûû comprimés l'un contre l'autre. Des incives supérieures. Non ruminants. Non marsupiaux.
Dixième Ordre.— RuiimANTs. Deux doigts et deux orteils touchant à terre et garnis de sabots ; iharche ungutigrade. I^oint d*incisiyes supérieures. Rundinànts.
Onzième Ordre. — Amphibies. Quatre membres dont les antérieurs propres à la marche ; les postérieurs propres k la nage seulement.
Douzième Ordre. — Cétacés . Des membres antérieurs seulement.
La Classe des Oiseaux est divisée en sept Ordres.
PtiEMiER Ordre. — Palmipèdes. Tarses courts, pieds palmés.
Deuxième Ordre. — Échassiers. Tarses et Jambes trèsélevées; ces dernières nues dans leur partie inférieure.
Troisième Ordre. — Rapaces. Orteils non palmés, trois en avant, tin en arrière. Bec très-crochu et fort; la mandibule supérieure très-pointue, dépassant de beaucoup l'inférieure. Une membrane molle ou Cire entourant la base du bec. Sourcil très-proéminent en forme de crête. Carnassiers ou insectivores. Diurnes.
Quatrième Ordre. — Nyctériens. Deux orteils en avant et deux en arrière. Bec très-crochu et fort entouré d*unecire,
à mandibule supérieure très-pointue, dépassant de beaucoup l'inférieure. Conque des oreilles fort évasée. Yeux entourés d'un grand cercle de plumes roides Carnassiers, insectivores. Nocturnes.
Cinquième Ordre. — Gallinacés. Bec légèrement arqué; une cire faible à sa base. Narines couvertes d'une plaque cartilagineuse. Ils vivent de graines , de baies et d'insectes.
Sixième Ordre. — Grimpeurs. Deux orteils en avant et deux en arrière. Diurnes. Ils vivent de graines , de baies et d'insectes.
Septième Ordre. — Passereaux. Composé d'un nombre considérable d'espèces la plupart granivores , frugivores ou insectivores , rarement carnivores , jamais herbivores. Bec plus ou moins conique et légèrement arqué dans beaucoup d'espèces. Pieds non palmés. Tous ayant la plus grande analogie entre elles , sans présenter un seul caractère qui leur soit exclusivement propre. C'est le restant des Oiseaux après qu'on en a séparé les six Ordres précédents.
La Classe des Reptiles forme trois Ordres :
Premier Ordre. — Sauriens. Cœur composé de deux ventricules communiquants et de deux oreillettes distinctes. Respiration en tous temps par des poumons. Deux ou quatre membres propres k la marche.
Deuxième Ordre. — Ophidiens. Cœur et respiration comme chez les sauriens. Pas de membres propres à la marche ou à la nage, mais simplement rudimentaires ou nuls.
Troisième Ordre. — Batraciens. Cœur formé d'un ventricule et d'une oreillette k la fois artériels et veineux.
La Classe des Chéloniens ne comprend qu'un seul Ordre, celui des Testudinés.
La Classe des Poissons forme dix Ordres.
Premier Ordre. — Sélaciens. Squelette cartilagineux; vertèbres distinctes. Branchies fixées par leur bord externe ; cavité branchiale ouverte au dehors par plusieurs orifices. Corps allongé. Pectorales peu élargies.
Troisième Ordre. — Galexiens. Corps fort allongé. Squelette cartilagineux très-imparfait où Ton ne distingue plus de véritables côtes , et où les vertèbres sont confondues en un cordon continu.
Troisième Ordre. Batoïdes. Corps large, discoïde, terminé par une queue grêle. Squelette cartilagineux. Pectorales occupant toute la longueur du tronc, depuis la bouche jusqu'aux ventrales.
Quatrième Ordre. — Sturioniens. Corps allongé. Squelette cartilagineux. Cavité branchiale n'ayant qu'un seul orifice de chaque côté, avec un opercule, sans rayons k la membrane branchiostége. Branchies libres au bord externe.
Cinquième Ordre. — Laphobranches. Squelette osseux, ainsi que dans tous les autres Ordres suivants. Branchies libres en forme de houppes.
Sixième Ordre. — Acanthoptérigiens. Branchies libres au bord externe et en forme de peigne , comme dans tous les autres Ordres qui suivent. Nageoires à rayons épineux en tout ou en partie.
Septième Ordre. — Plectognathes. Os maxillaire supérieur soudé à rintermaxillaire , qui forme seule l'ouverture de la bouche ; arcade palatine fixe , s'engrenant avec le crâne. Opercules des branchies et les rayons branchiostéges cachés sous une peau épaisse ne laissant voir à l'extérieur qu'une petite fente branchiale. Des vestiges de côtes. Point de nageoires ventrales.
Huitième Ordre. — Subbraghiens. Nageoires à rayons flexibles ou multiarticulés ; ventrales sous les pectorales. Bassin adhérent aux os de l'épaule.
Neuvième Ordre. — abdominaux. Nageoires à rayons multiarticulés; ventrales en arrière éloignées des pectorales.
Dixième Ordre. Apodes. — Nageoires à rayons multiarticulés. Point de ventrales.
La Classe des Annélides se compose de quatre Ordres
362 THiOLOOIK DE lA IfATURl.
Premier Ordre. — Abranches. Poiol dp branç)iiisç distinctes. Point de ventouses au bout du corps.
Deuxième Ordre. — Sigtapodes. Point de branchies distinctes. La bouche faisant les fonctions de ventouse, et une ventouse k rextrémité du corps.
Troisième Ordre. — Dorsibranches. Branchies distincte placées sur le dos. Corps sans fourreau.
Quatrième Ordre. — Tubigoles. Brançhiesi placées ^ur diverses parties. Corps renfermé dans k)[^ ^ube nop organisé.
Les Myriapodes copiprenneiit deux Ordres,
Prehiier Ordre. — Chilopopes. Autant ^e paires <)e pattes qu'il y a de sternum au corps.
Deuxième Ordre. — Chilognathes. Qeux paires de pattes à chaque segment.
La Classe des Insectes se compose de neuf 0r4i'esi.
Premier Ordrb. — Thtsai^qpîies. Broyeurs. Apt^r^. Les trois segments pédifères sembla|)le$ et mobiles.
Deuxième Orpre. — Coléoptères. Broyeurs. Premi^^ paire d'ailes en forme d'écaille non membr^peuse ; la se? conde servsint seule au vol.
Troisième Ordre. — Orthopt$;rï;s. Çrayeurs, Première paire d'ailes demi-membraneuses , contribue déj^ au vol.
Quatrième Ordre. — NÉvnoPTÈRps. Broyeurs. Les dem paires d'ailes semblables , membraneuses , agissant également dans le vol.
Cinquième Ordre. — Hyménoptères* A la fois ))royeur $t suceur. Les deux paires d'ailes membraneuses et agissant dans le vol ; }a première plus grande qup la secopde.
Sixième Ordre. — Hémiptères. 3uceurs. Ailes autér rieures coriaces et agissant peu dans |p vol; l^s postérieures membraneuses sont plus grandei^ que les ai|térieures. Demi-métamorphose.
Septième Ordre. — Lépidoptères. Suceurs? h^ qua^^ ailes membraneuses. ]\fétamprphQse^ complètes.
HuiTiÈHB OapEE. — Diptères. Sueeurs. Les ailes antérieures /seules propres au vol; les postérieures rudimeof* taires. MéUimorphoses complètes.
Neuvième Ordre. — Aptères. Suceurs. Point d'ailes. Les trois segments pédifères biea distincts et mobiles. Métamorphoses complètes.
La Classe des Crustacés forme sept Ordres.
PREMifiR Orpre. — IsopoDEs. Tète molnle. Organes de la bouche très-propres k broyer. Le tronc formé d'une première série assez nombreuse (ordinairement sept) de segments semblables , pédifères ; les suivants modifiés , portant les pattes branchiales. Animaux libres.
Deuxième Ordre. — Parasites. Tête mobile. Organes buccaux rudimentaires. Corps formé de plusieurs segmenta semblables pédifères , peu propres à la marche. Animaux parasites.
Troisièhe Ordre. — Amphipodbs. Tête mobile. Organes de la bouche propres à broyer. Corps composé d'une série de segments dissemblables dont les pattes varient d'une paire k l'autre*
Quatrième Ordre. — Stomapodes. Deux têtes, la pre* mière rudimentaire mobile, la seconde fixe, formée de plusieurs segments confondus et couverte d'un bouclier commun. Bouche portée sous celle-ci k la partie antérieure du tronc. Pattes ambulatoires en petit nombre (trois paires), placées sur des segments spéciaux k la suite de la seconde tête. Les segments postérieurs forment la principale partie de la cavité viscérale et portent des pattes branchiales.
GmQuiÈME Ordre. — Décapodes. Point de tête mobile. Les organes de la Bouche et les cinq paires de membres sont articulés sur une pièce unique , formée par la réunion de plusieurs segments confondus, et le tout recouvert par un bouclier général divisé en deux parties consécutives, dont Tantérieure, correspondant aux organes buccaux, forme avec eux et leur dépendance la tête analogue k la
seconde des stomapodes ; la partie postérieure du bouclier correspond au tronc. Postérieurement un abdomen formé de plusieurs segments mobiles , ou du moins le premier. Branchies formant des appendices des organes de la bouche et des pattes , et cachées sous le bouclier.
Sixième Ordre. — Ostrapodes. Corps reçu entre deux valves latérales mobiles. Trois ou quatre paires de pattes propres à la marche. Branchies attenant aux organes buccaux.
Septième Ordre. — Branghiopodes. Point de tête mobile. Point de pattes propres a la marche; les antérieures (ordinairement une seule paire) servant de rame, quelquefois toutes (dans les cyclops) ; les autres, le plus souvent en nombre considérable , converties en branchies.
La Classe des Arachnides se divise en trois ordres.
Premier Ordre. — Pulmonaires. Respiration par des poumons au nombre de deux ou quatre paires placés dans la seconde partie du corps ou abdomen.
Deuxième Ordre. — Gnathopodes. Respiration par branchies placées sous l'abdomen et formées de pattes transformées.
Troisième Ordre. — Holètres. Respiration par des trachées dont les orifices sont sous l'abdomen.
La Classe des Cirrhipèdes, la dernière des animaux articulés , se compose de trois Ordres.
Premier Ordre. — Anatifs. Corps reçu entre deux valves latérales et porté sur un pédicule mou coriace.
Deuxième Ordre. — Balanides. Valves petites n'embrassant pas entièrement le corps enfoncé dans son pédicule; celui-ci très-court, en cône tronqué , sessile formé de la réunion de plusieurs plaques latérales calcaires et fermé k sa base par une plaque également calcaire.
Troisième oudre. — Coronulides. Pédoncule conique ou cylindrique formé de plusieurs pièces calcaires caverneuses, et fermé à sa base par une plaque membraneuse. Valves au
nombre de quatre. Ils vivent en parasites sur d'autres animaux.
La Classe des Céphalopodes , la première des Mollusques , se compose de deux Ordres.
Premier ordre. — Poltthalames. Corps renfermé en tout ou en partie dans une coquille extérieure ou intérieure dont la cavité est divisée par des cloisons en plusieurs concamérations formant une seule série, dont l'animal ne remplit que la dernière , et les autres ne sont traversées que par un tuyau contenant un prolongement filiforme du corps étendu jusqu'au sommet de la spire.
Deuxième Ordre. — Cryptobranches. Corps contenant une coquille plus ou moins rudimentaire , placé dans la partie dorsale , ou bien lui-même renfermé dans une coquille extérieure spirale non cloisonnée, et dans les deux cas non adhérente k l'animal.
La Classe des Ptéropodes ne forme qu'un seul Ordre.
Celle des Gastéropodes se divise en neuf Ordres.
Premier Ordre. — Hétéropodes. Coq)s non discoïde en dessous , mais comprimé dans sa partie ventrale en une lame verticale servant de nageoire. Branchies arborescentes placées sur la partie postérieure du corps.
Deuxième Ordre. — Nudibranches. Point de coquille. Branchies sur le dos et non recouvertes. Un disque sous le ventre pour la reptation. Hermaphrodisme imparfait.
Troisième Ordre. — Inférobranches. Point de coquille. Branchies en lamelles placées en une série de chaque côté sous le bord du manteau. Hermaphrodisme imparfait.
Quatrième Ordre. — Tectïbranches. Branchies en forme de lamelles ou d'arbuscules non symétriques , placées au côté droit ou sur le dos, et recouvertes par le manteau. Hermaphrodites imparfaits.
Cinquième Ordre. — Pulmonés. Ils respirent l'air dans une cavité pulmonaire disposée sous le manteau dans la dernière partie de la coquille , et ouverte par un orifice assez
â66 THÉOLOGIE DB LA NATURI.
étroit situé au côté droit du manteau. Hermaphrodites imparfaits.
Sixième Ordrb;. — PECTmiBRÀMCBES. Branchies en peignes placées dans une cavité formée comm^ celle des pulmonés sous la partie intérieure du manteau , et refermée de même dans le dernier tour de spire de la coquille. Sexes siéparés.
Septième Ordre. — Tubulibraiîghes. Coquille plus ou moins tubulifprme. Branchies en peignes, disposées comme chez les pectinibranches. Hermaphrodites?
Huitième Ordre. — Sgutibrai^ghes. Branchies placées sous la partie antérieure du manteau , qui leur forme une cavité occupant le dernier tour de spire de la coquille. Hermaphrodites parfaits. Cœur à deux oreillettes; le ventricule traversé par le rectum.
Neuvième Ordre. — Cyglobranches. Branchies en lamelles placées en une série sous les bords latéraux du manteau. Coquille non spirale, hermaphrodites parfaits. Cœur à deux oreillettes , non traversé par le rectum.
La Classe des Acéphales se divise en deux Ordres.
Premier Ordre, r- Ostracoderme. Corps reçu eptre deux coquilles latérales calcaires ou Valves. Bouche h Tune des extrémités , sans organes masticateur, Tanus à Tautre.
Deuxième Ordre. — Tunisiers. Corps nu.
La derpière Classe des Mollusques ou celle des Brachiopodes n^a pas été divisée ^^ ordres , ne comprenant qu'un petit nombre de genres.
La Classe des Ëntozoaires, la première des Zoophytes, est formée de deux Ordres.
Premier Ordre. -* Ci^yiTAiREs. Une pavité générale dans laquelle flottent les viscères.
Deuxième Ordre. — PAREifcnYMATEux. Point de cavité viscérale, les viscères disséminés dans le parenchyme dq cfipur.
La Classe des Échinodernes se compose de trois Ordres.
Premieh Orpre. -^ FisTULinss. Corps plus ou moins
cylindriques, non épineux. Les deux orifices du canal intestinal distincts et le plus souvent aux extréniitég opposées du du corps.
Deuxième Qrqbb:. — Échinides. Corps plus ou moins «pbéroïde ou déprimé par les pôles , couvert d'épiqes. Bour che distincte de Tanus.
Troisième 0|idre. — Stellièrides. Le corps en forme d'étoile, dont chaque branche est soutenue par une série de petites pièces calcaires ou Spondyla imitant des vertèbres, mais appartenant au système tégumentaire.
La Classe des Foramif)ifères se divise en six Ordres.
Premier Ordre. — Monostègues* Coquille composé^ d'une seule loge crétacée , ou membraneuses.
Deuxième Orure. — Sticuostèques. Loges enapilées ou sqperposées bout ^ bput sur up seul axe droit ou arqué, soit qu'elles débordent ou non en se recouvrant. Point de spjre.
Troisième Ordre. — Héligqstègues. Loges compilées sur un seul axe, en spirale régulière, oblique ou enroulée sur le même plan.
Qràtrième Ordre. — Entomostègu^s. Loges assemblées par alternances régulières ou non. Sur deux axes distincts se contournant ensemble en spirale obliquement ou sur le même plan.
Cinquième Ordre. — Éna^lostègues. Loges assemblées en tout ou en partie par alternance , sur deux ou trois axes, sous forme de spire.
Sixième Ordre. — Agathistègues. Loges pelotonnées sur deux, trois, quatre ou cinq faces autour d'un axe commun, faisant chacun dans son enroulement la longueur totale de la coquille, presque toujours munie d'un appendice se trouvant alternativement aux deux extrémités.
La Classe des Âcalèphes est cqmpqsée de trois Ordres.
Premier Ordre. — Discopuorss. Corps en forme de chapiteau de champignon , ay^nt une grande cavité digestive au centre , se subdivisant plus oi| moins par des appendices
ramifiés , rayonnes. Nageant par l'effet de contractions successives du corps.
Deuxième Ordre. — Cténophores. Une grande cavité digestive au centre du corps, mais non subdivisée. Nageoires consistant en plusieurs séries de lamelles ou de filets placés à l'extérieur longitudinalement autour de l'axe.
Troisième Ordre. — Syphonophores. Point de cavité digestive centrale. Plusieurs suçoirs placés symétriquement autour de Taxe, et dont les canaux se subdivisent immédiatement dans tout le corps. Organes natatoires consistant en des cavités d*où Tanimal chasse rapidement Teau , ou bien en des vessies remplies de gaz ^ et souvent les deux appareils se trouvent réunis sur le même animal.
La Classe des Polypes se divise en trois Ordres.
Premier Ordre. — Eléuthères. Corps nu sans concrétions.
Deuxième Ordre. — Celluligoles. Habitant des polypiers en forme de cellules ou de tubes qui les enveloppent.
Troisième Ordre. — Axifères. Un corps commun soutenu par un axe solide.
Enfin la sixième et dernière Classe des Zoophytes, celle des Infusoires, comprend deux Ordres.
Premier Ordre. — Rotifères. Portant des organes présumés respiratoires , et paraissant tourner comme des roues.
Deuxième Ordre. — Homogènes. Corps ou l'on ne distingue aucun organe déterminé.
Note n** VHI. Cosinus et sinus.
On appelle sinus , en terme de mathématique , la ligne abaissée de l'extrémité d'un rayon de cercle sur un autre rayon formant un angle avec le premier ; et le cosinus du même angle est la distance du centre au pied de cette perpendiculaire. Ainsi soient Planche I, fig, 6, les deux rayons
de cercle geetgc formant Tangle egcy mesuré par l'arc ec. Si de Textrémité e on abaisse sur ge la perpendiculaire ep, cette ligne est le sinus de Tangle egc^ et gp est le cosinm. On voit de là que, plus l'angle est grand , plus le sinus Test aussi , en devenant égal au rayon , qu'on prend toujours pour unité , lorsque cet angle est droit ; c'est-à-dire que si l'angle est bgcy la perpendiculaire abaissée du point b sur le côté gc n'est autre que 69 ou le rayon même; tandis que lorsque l'angle devient nul , quand eg se confond avec gc , le sinus est au contraire égal à zéro.
Quant au cosinus gp, c'est le contraire ; il est égal k zéro dans l'angle droit bgc , et augmente à mesure que l'angle diminue , en devenant égal au rayon ou k Yunité , lorsque l'angle egc est nul, ege se confondant alors avecgc.
Note n** IX. Cristallisation.
Quoique l'étonnante structure des cristaux excite à juste raison notre admiration , elle ne prouve toutefois en rien par elle-même qu'elle soit due à l'intervention de la volonté d'une intelligence créatrice , cette structure pouvant être tout aussi bien produite par l'unique effet .des propriétés inhérentes à la matière , dans le cas où celle-ci existerait de toute éternité ; et elle ne montre uniquement par là que la rigueur avec laquelle celle-ci obéit aux lois qui régissent ses propriétés. Mais quand il est une fois prouvé que ces lois ont elles-mêmes été créées par l'Éternel , les formes si rigoureusement géométriques de ces corps nous fournissent, au contraire , à la fois un nouvel exemple delà toute-puissance de cet Être suprême sur la matière , et celui de sa science transcendante.
J'ai dit dans le corps de cet ouvrage que les atomes des corps simples, et par suite les molécules intégrantes des substances composées , avaient nécessairement un volume
i70 THÉOLOGIE im LÀ NATURE.
âéteriîiiùé, et (tar i!onsé(}iiefat ausëi une foi^mè fixe; Uàis eelte forme est-elle partout la même , ou ëst-elle variable ë'une espèce k Tautre ? Chacune de ces opinions peut être admise , la différence de forme n'étant pas rigoureusement nécessaire pour expliquer les diverses propriétés des subètances, et entre autres les formes cristallines qu'elles affectent. Il suffit d'admettre toutefois que dans chaque atome la force d'attraction et ses autres propriétés se trouvent polarisées de différentes manières, afin d'agir différemment les uns sur les autres , suivant le côté du petit corpuscule par lequel ceux-ci s'avoisinéût. En effet, si, pâi* exemple, Ton admet que les atomes sont tous sphériques , mais que leur attraction n'agit que dans la direction de trois diamètres qui se coupent h angles droits , il en résulterait six pôles , qui répondraient k autant de facettes simulées , absolument comme si l'atome était cubique et attirait par ses six faces opposées , de sorte que tout se réduit à une simple discussion de mots ; et comme rien ne prouve que tous les atomes sont partout semblables, il est plus naturel pour la conception du phénomène de les supposer différents dans chaque substance, ou du moins pour toutes celles dont la forme cristalline demande que cela soit ainsi.
Ne pouvant pas entrer ici dans des explications sur l'arrangement si remarquable des molécules de toutes les matières cristallines, objet qui constitue une science tout entière , je me bornerai , pour donner uniquement une idée de la manière dont les cristaux se forment , à indiquer comment se comporte à ce sujet une seule substance , celle dont les molécules intégrantes sont cubiques , celles formant les agrégations les plus faciles à concevoir.
Lorsque cette substance se trouvé en dissolution moléculaire dans un fluide quelconque , l'eau , par exemple , et dans les conditions voulues pour que sa cristallisation puisse avoir lieu , les molécules s'attirant les unes les autres , se rangent en masses avec la plus parfaite régularité , sui-
n6te IX. 274
vant les lois mathématiques spéciales qui les régissent ; dé mafiière que ces molécules s'avoisinent les unes les autres exactement par leurs facettes similaires opposées , en formant par leur accumulation une masse affectant une forme déterminée semblable k sa molécule intégrante. Pal* l'effet de cet arrangement régulier des molécules , le tout devient une masse régulière , un cristal parfaitement cubique (PI. I, fig. 3 , abcd)y capable de pouvoir être fendue suivant les couches des molécules qui la composent ; e'est-k^ dire partout parallèlement aux faces des molécules constituantes ou de cristal entier, les seules directions où il existe des joints naturels ou clivages, et ce genre de structure constitue de là la forme la plus simple , ou forme primitive , semblable k la molécule intégrante.
Cette forme n'est cependant pas la seule qui puisse être produite par Tagglomératisn régulière de ces molécules , certaine» circonstances déterminées propres k chaque espèce de substances pouvant en faire naître encore d'autres fort différentes , quoiqu'elles soient en elles-mêmes constantes et parfaitement régulières. Ces formes naissent de la propriété qu'ont les molécules de ces substances de pouvoir rester régulièrement en retraite d'une ou de plusieurs rangées , soit sur les arêtes similaires du cristal , soit sur l'un ou l'autre de ses angles également semblables.
Supposons ainsi que sur un cube primitif abcd, formé de molécules placés facek face, il s'ajoute sur chaque face des couches successives de nouveaux petits cubes , mais de manière que chacune soit en retraite sur celle qui précède d'une seule rangée k chaque arête, ab^bc, cd et da, etc. Il en résultera que dans son ensemble le corps ainsi formé ne sera plus un cube comme le cristal primitif , mais un Dodécaèdre rhomboidal {fig. i) ; c'est-k-dire un cristal parfaitement régulier k douze faces rhomboïdes égales , dont chacune répond k l'une desdouzes arêtes du cube primitif; vu qu'il se formera sur chacune des six faces de ce étabe
une pyramide quadrangulaire abede , abf^ adg^ cdi et bch (la pyramide abcde est supprimée pour plus de clarté dans la fig. 3). Or les faces de ces six pyramides étant en triangles isocèles , présentent la forme de petits gradins.
Ces faces nouvelles étant inclinées k 50 degrés, sur celles du cube abcd , servent de base ; elles n'en forment chacune qu'une seule avec celle qui lui correspond de l'autre côté de la même arête du cristal primitif; c'est-k-dire par les facettes a^et ag , 6^ et bh, ch et et, dg et di, etc, en constituant dans chaque paire qu'une seule de forme rhomboïde régulière 9 ayant les côtés égaux , mais les diagonales inégales , l'une étant égale k /g, fh, hi et gi , et l'autre égale aux arêtes ab, bc, cd et da du cube primitif.
Si le décroissement a lieu, au contraire , d'une couche à l'autre par deux rangées de molécules sur chaque arête , les six pyramides ont encore leurs faces latérales triangulaires, mais elles ne sont plus deux k deux dans le même plan , d'où nait un cristal k vingt-quatre faces en triangle isocèle.
Le décroissement peut ensuite être seulement le même sur les arêtes parallèles et par face parallèle , et différent sur les autres ; d'où naissent en conséquence des faces cristallines qui ne ressemblent plus en rien ni au cube ni au dodécaèdre.
Par exemple, si sur le cube primitif abcd {fig^ 5) le décroissement est de deux rangées sur la face abcd , le long des crêtes ad et 6c, tandis qu'il n'est que d'une rangée sur les crêtes ab et cd , il se formera d'une part les deux plans trapèzes e;i gradins adefei bcef^ qui se rencontreront suivant la rangée terminale de molécules ef^ formant une crête ; et d'autre part, les plans également en gradins, mais triangulaires , abf et cde.
De l'autre côté , au contraire , des quatre arêtes du cube , le retrait ne sera que d'une seule rangée par couche , le long de ad et de bc , de façon a former de la même manière tes faces triangulaires adg et frcA, et de deux rangées
sur les arêtes ab et cd, d*où résultent deux faces trapèzes abik et cdlm^ les premières égales iiabf et cde, et les secondes égales ^ adef et bcef, et ainsi sur toutes les surfaces du cube.
Or les plans bcef et bch répondant k une même arête bc, formeront ensemble un plan pentagone presque droit bfech, et de même pour les plans adcfeX adg; cde el cdlm , abf et abik , formant les plans pentagones afgde , aebik et cadlm, tous pentagones qui , se répétant sur les douze arêtes du cube primitif , forment dans l'ensemble un Dodécaèdre pentagonal à faces égales presque planes.
Enfin le décroissement , au lieu de se faire sur les arêtes , peut avoir lieu sur les angles du cube , et cela également par la retraite d'une ou de deux rangées de molécules , ce qui produit dans le cristal secondaire des formes encore différentes. Si , par exemple , cette retraite n'est que d'une rangée sur chacun des trois plans du même angle, la nouvelle face produite est triangulaire équilatérale , et comme le cube a huit angles , il y aura autant de faces au cristal secondaire qui constituera ainsi YOctaèdre régulier.
Il suffit de ces exemples pour faire voir que les formes si étonnamment régulières et constantes des substances cristallisées ne sont point dues , comme on pourrait le penser, ni à une véritable organisation , ni k Tinfluence d*une volonté sage et toute-puissante, mais purement et simplement aux effets de la loi universelle d'attraction, agissant différemment dans chaque espèce de substances , suivant que cellesci sont diversement polarisées, et cela une fois pour toujours, tant qu'aucune cause extérieure ne vient troubler Farrangement des molécules ou rompre leur cohésion.
Note n° X. Destination réciproqus des Êtres organisés.
Dans rimmense ensemble des Êtres organisés qui peuplent le monde, tous soumis a la loi générale de naître, d^
lit. 18
croître et de mourir pour être remplacés par de nouveaux individus destinés k perpétuer leurs races, aucun ne jouit du privilège exclusif de pouvoir sacrifier les autres k l'entretien de sa propre existence, et ce n'est que par TefiFet d'un orgueilleux amour- propre que les hommes ont pu penser que l'univers entier n'avait été créé que pour leur unique satisfaction, tandis que le plus simple examen des faits qui se passent journellement autour d'eux aurait pu leur faire comprendre combien cette opinion est fausse dans son principe. En effet, la seule composition de l'appareil digestif dans les diverses classes d'animaux, aurait fourni la preuve évidente que la volonté du Créateur a été que les animaux doivent , sans exception, se nourrir, soit de végétaux, soit d'autres animaux , suivant que cela est indiqué a chacun par son instinct, conséquence de son organisation; et comme rien ne met l'espèce humaine absolument à l'abri de la voracité des animaux carnassiers, il est évident qu'elle est, en réalité, tout aussi bien destinée que le faible agneau k devenir leur proie, sauf k elle k s'en garantir par tous les moyens qu'elle possède ; et cela , comme le font tous les autres Êtres doués comme Thomme de Tinstinct de la conservation de son existence. Que dis-je! la vermine qui ronge l'homme tout vif semble avoir été expressément créée pour le rappeler k l'humilité , lui faisant voir qu'a l'instar de tous les Êtres vivants, lui aussi était soumis k la même loi générale établie par l'Éternel ! certaines espèces de parasites ne pouvant exister exclusivement que sur l'espèce humaine, ce qui prouve qu'a son tour elle a été créée pour lui servir de proie. C'est k regret que je me vois forcé de nommer ici le Ciron de la gàte^ les Poux et le Morpion,
Note n* XI. Êden.
Le jardin d'Éden , dont il est parlé au premier chapitre de la Genèse comme ayant été le lieu où Dieu plaça Adam et
MOU xt. i7l
Éf a après leur création , et dont le nom signifie en hébreu délice^ n'est connu que pair cette seule mention qu'en fait Moïses, aucun autre historien n'en parlant que d'après ce passage de la Bible; aussi ne sait-on pas où il fut situé, si toutefois il a existé; et d*après ce qui en est dit au lieu indiqué, il est très-probable que Moïses lui-même ne s'était pas fait une idée exacte de la contrée qu'il indiquait. En effet, il dit que ce jardin des délices était situé dans le pays d'Àvilah , et qu'il en sortait un fleuve qui se divisait en quatre autres : VEuphrate, le Hiddekel, le Pischon et le Guihon. Or le pays à'Avilah n'a jamais été connu de personne; mais on connaît fort bien les deux premiers fleuves indiqués : l'Euphrate, portant encore aujourd'hui le même nom, et le Hiddekel est le Tigre ^ qui baigne, comme le dit la Bible, l'ancienne Assyrie. D'après cette indication , l'Avilah parait avoir été dans ce qu'on a plus tard appelé la Mésopotamie supérieure , aujourd'hui l'Arménie , mais il est diflicile de savoir, d'après cette opinion , ce que peuvent avoir été les deux autres fleuves. Quant au Pischon ou Phison^ comme on prononce aussi , les uns croient le trouver dans le Phase et d'autres dans le Gange, ce qui est bien difiérent; cette dernière opinion est fort improbable , vu la grande distance, et quant au Phase, il a du moins, par son nom, quelque analogie avec celui indiqué dans la Bible , en même temps qu'il est situé a peu près dans la même contrée. Mais comment faire accorder tout cela avec ce qui est dit du Guihon, qui , suivant la Genèse, coulait autour du pays de CuSj qu'on croit avoir été l'Ethiopie, aujourd'hui ÏAbyssinie et le Kordofan. Certains auteurs ont crii, d'après cette indication, devoir considérer ce fleuve comme ayant été le Nil; mais qu'était alors le pays d'Avilah , et plus particulièrement le Jardin d'Éden , d'où sortaient à ta fors ces quatre fleuves ? Il n'y a Ik, comme on voit, plus moyen de s'entendre.
Or l'opinion qui place le pays d'Avilah dans Tancienne Médîe, autour du mont Ararat, d'où viennent k peu près
TEupbrate , le Tigre et le Phase, pays où se trouve en effet aussi de Tor, comme le dit la Genèse, répond mieux h la question, du moins sous le rapport géographique; mais il n'est pas probable toutefois que c'était Ik où fut le berceau du genre humain, on du moins de la race blanche, le climat de ce pays n'étant pas assez chaud pour permettre de croire que Thomme, dont le corps est nu, ait été créé dans un pays dont les montagnes , très-élevées , sont en tout temps couvertes de neige , et les vallées fort tempérées en été et assez froides en hiver. (Voyez la note n" 30.)
La Genèse disant formellement qu'un fleuve sortant du Jardin d'Eden, se divisait en quatre branches, il me parait plus probable quel'Âvilah devait, suivant la pensée de Moïses, avoir été situé, au contraire, plus au sud, au confluent du Tigre et de TEuphrate , où ces deux fleuves communiquent en outre entre eux par plusieurs branches latérales , interceptant des lies dont l'une pourrait bien avoir porté autrefois le nom d'Avilah, et les branches latérales des deux fleuves, ceux du Pischon et du Guihon ; enûn le pays de 6u5, que ce dernier arrosait , peut avoir été la contrée située k l'occident du fleuve dans lequel le Tigre et l'Euphrate se réunissent. Là au3si le climat est assez chaud pour que des hommes aient pu y exister k l'état sauvage , état dans lequel se sont évidemment trouvées , dans l'origine , les diverses espèces humaines et par conséquent aussi la race blanche , dont Adam fut la souche.
Note n* XII. Êleciro- Aimant,
Tout le monde connaît les Aimants ordinaires dont ou distingue deux espèces : les naturels et les artificiels; on sait aussi que les premiers ne sont autre chose que des morceaux de mine de fer particulière ayant la propriété d'attirer le fer et l'acier avec une force plus ou moins
grande, et que les seconds ne sont que des pièces d*acier sur lesquelles on a simplement fait passer un autre aimant , soit naturel » soit artificiel , sans même les toucher, ce qui leur communique cette remarquable propriété, qu'elles conservent ensuite d'autant mieux que Tacier dont elles sont formées est plus fortement trempé. Pour ce qui est de leur force elle est d'autant plus grande que ces pièces sont plus volumineuses » que Taimant employé lui - même était plus puissant, et que les passades ont été plus nombreuses. Quant au fer, il n'acquiert cette même propriété que momenta* nément, pendant qu'il est en contact avec un aimant; la perdant k l'instant où il en est séparé.
Les aimants offrent généralement deux Pôles , placés ordinairement \k leurs deux extrémités, et par lesquels leur attraction sur le fer et l'acier ordinaires a lieu; pôles qui diffèrent du reste très-notablement entre eux, en ce que l'un attire le pôle d'espèce différente d'un autre aimant , et repousse au contraire se n pôle de même nature que lui. Or le globe terrestre a dans tout son ensemble cette même propriété des aimants ayant l'un de ses Pôles dans la partie la plus septentrionale de l'Amérique, et l'autre près du pôle austral de la terre. Cet immense aimant agissant k grande distance sur tous les aimants ordinaires , attire par chacun de ses pôles, en conséquence de cette propriété, le pôle de nature contraire des aimants ordinaires, de manière que ceux-ci prennent cette direction lorsque, sujfBsamment mobiles, ils peuvent obéir k cette force. C'est sur ce principe qu'est fondée la propriété de l'aiguille de la Boussole^ qui n'est en réalité qu'une lame d'acier aimantée appuyée sur un pivot qui lui permet de se mouvoir avec la plus grande facilité en tous sens, de manière que son pôle analogue au pôle nord de la terre, étant repoussé par celui-ci et attiré par le pôle austral de la terre, se dirige vers celui-ci pendant que le pôle sud de l'aiguille se tourne par la même raison vers le nord.
Les Physiciens ont remarqué ensuite que , sous bien des
rapports, il existait une. assez grande analogie entre le flnide galvanique et le fluide magnétique, analogie qui les conduisit, dans ces derniers temps, à chercher k produire, au moyen de la pile galvanique, les mêmes effets propres aui aimants, et ils y parvinrent en composant YÊlectro-aimant, appareil fort simple consistant en une tige de fer doux courbée en fera cheval, dont les deux branches sont enveloppées un grand nombre de fois d'un fil de cuivre comme Test une bobine couverte d'une pelote de coton; laiton couvert lui-même d*un fil de soie, afin que les tours qu'il fait ne se touchent pas. Chaque moitié de ce fil de cuivre forme une masse sur Tune des branches du fer à cheval , et se continuent en conséquence Tune par l'autre au milieu , tandis que les deux extrémités restées libres communiquent avec les deux pôles d'une pile galvanique , qui , étant ellemême en activité, communique, par l'effet de cette disposition si simple, \k la tige de fer en forme de fer h cheval, une force d'attraction fort considérable , persistant aussi longtemps que la communication des fils conducteurs est maintenue avec la pile , tandis que cette propriété cesse complètement k l'instant même que cette communication est interrompue.
Note n"" XIII. Éléments.
Il existe deux espèces de matières dans la Nature : les unes parfaitement homogènes et simples jusque dans leurs plus petites particules ou Atomes , et ne renfermant de là , dans leur masse pure, qu'une seule substance appelée de là Élément; et les autres , qui sont au contraire composées de ces derniers par l'effet de l'alliance de leurs atomes groupés d'une manière régulière et constante suivant chaque assemblage , et k ce qu'il paraît , en nombre partout toujours trèspetit, en constituant des substances complexes, binaires, ternaires ou quaternaires, etc. ; c'est-à-dire que les plus petites
particules possibles , ou Molécules constituantes de ces substances, sont composées elles-mêmes d*atomes de différents éléments, mais si intimement alliées que de leur union intime, qui prend le nom de Combinaisons ^ résulte, pour la substance composée, des propriétés spéciales, le plus souvent fort différentes de celles de chacun des éléments en particulier qui entrent dans sa composition ; tandis que lorsque Tunion n*est pas si intime , il n*y a uniquement que simple Mélange entre les atomes ; d*où la masse conserve , du moins à peu près , les propriétés des diverses matières élémentaires.
Les anciens Philosophes ont déjà parfaitement compris que parmi les nombreuses mjatières brutes qui constituent le monde, il devait y en avoir de simples dont se composaient les autres substances , et les désignèrent sous le nom à* Éléments ou à* Essences; mais il leur fut impossible de les reconnaître, vu le peu de progrès qu'avaient faits jusqu'alors les sciences de la minéralogie, de la physique et de la chimie. Dans cette incertitude , ils suppléèrent au manque de connaissances positives par des hypothèses, et admirent d*abord trois éléments, le Feu , Y Air et YEau^ auxquels ils ajoutèrent plus tard la Terre ^ en prenant, k ce qu'il parait , ce dernier nom dans une acception tellement générale qu'il embrassait tous les corps solides; et de cette manière, en effet, rien ne pouvait se trouver en dehors de ces quatre éléments, si ce n'est rintellîgence, qu'AniSTOTÉLÈs y ajouta sous le nom de Quintessence, Or Terreur dans tout cela était que non-seulement la Terre était une matière très-complexe, mais encore l'eau et l'air ne sont pas simples; l'eau étant composée d'hydrogène et d'oxygène, et l'air formant uu mélange d'un grand nombre de gaz, et surtout d'azote et d'oxygène.
Par l'effet au contraire dès grands progrès que la chimie a faits, surtout dans les derniers temps, on est parvenu à reconnaître jusqu'à cinquante-quatre substances élémen-
taires , c'est-a-dire qu*on n'est pas encore parvenu k décomposer pour prouver qu'elles sont complexes. Tels sont tous les Métaux, au nombre de quarante, qui sont : le Platine, Y Or y Y Argent, le Mercure, le Palladium^ le Rhodium, 17ridium, le Cuivre , le Plomb, Y Osmium , le Bismuth , le Jttane ^ YUrane, le Cérium, Y Antimoine^ le Tungstène^ le Tellure , le Colombium , le Chrome , le Molybdène , le Vanadium, le Glucyum , le Fer, \eZinc, YÊtain, le Nickel y le Manganèse, le Cobalt, le Cadmmm, le Magnésium , Y Arsenic , V Aluminium , YIttrium , le Calcium , le Sodium , le 5/ron(mm, le Barium, le Lithium^ le Potassium et le 5éfénmm.
Plusieurs autres éléments forment des concrétions diverses ; ce sont : le Soufre, le Phosphore, le Carbone (diamant, ou le charbon : le premier pur, le second impur), le Bore , Y Iode , le Silicium , le Zirconium et le Thorium»
Quelques-uns sont liquides dans Tétat ordinaire de la température. Tels sont le Brome et le Phtore?
Et enfin il y en a de gazeux : comme Y Oxygène, Y Hydrogène , le Chlore et Y Azote.
Note n** XIV. Éternité de la Matière,
J*ai fait remarquer daïfô cet ouvrage que les anciens Philosophes et quelques savants modernes ont admis que la Matière existait de toute éternité, et que parmi les premiers, plusieurs , quoiqu'ils admissent l'existence d'une intelligence créatrice , ont toutefois cherché k montrer que même cette Divinité procédait de la Matière; système d'où sont nées les diverses théogonies des peuples de l'antiquité ; tandis que parmi les modernes ce ne sont guère que les Matérialistes , ceux qui nient l'existence de toute Divinité, qui admettent que la Matière existe de toute éternité. Enfin plusieurs savants ont pensé , ainsi que je l'ai déjà dit dans cet ouvrage ,
qae Dieu et la Matière étaient Tua et Tautre éternels, et qu'en créant l'Univers, l'Être Suprême ne fait que mettre la matière déjà existante en œuvre. Or cette dernière opinion qoi , au premier abord , parait avoir quelque chose de plausible , ne peut cependant pas s'accorder avec certains faits qui ont nécessairement eu lieu. En effet, si la Matière a toujours existé, elle a joui aussi en tout temps de propriétés qui la caractérisent dans ses diverses substances ; ou bien elle n'a d'abord existé qu'k l'état chaotique , c'est-k-dire privée de toutes propriétés , qui ne furent créées que plus tard par la Divinité. Quant à cette dernière hypothèse , qui parait pouvoir être vraie , on n'entrevoit pas ce que la science pourrait gagner en l'admettant , vu que dans cet état la matière ne pouvait produire absolument aucun effet qui pût influer sur quelque résultat que ce fût; et si Dieu a eu la puissance de lui imposer les nombreuses lois qui la régissent , il est trèsnaturel d'admettre aussi qu'il a créé également la matière elle-même.
Enfin , si Ton examine l'hypothèse que la matière a de toute éternité joui des propriétés qui s'y manifestent, la conséquence inévitable qui en découle est que jamais rien n'a pu commencer par l'effet de ces mêmes propriétés » vu que tout commencement suppose tin temps antérieur à ce même commencement ; temps qui n'a pas pu exister , les effets ayant dû être également éternels comme les causes qui les ont produites. C'est-k-dire que la forme, la structure et la disposition des astres sont de toute éternité ce qu'ils sont aujourd'hui , contrairement k la démonstration de Laplage , indiquée au commencement du premier volume de cet ouvrage, page 26; en d'autres termes que les périodes que les divers astres parcourent devaient n'avoir jamais commencé et ne devaient en conséquence pas exister. Je ne citerai k ce sujet qu'un seul fait servant k expliquer ce que j'exprime ici d'une manière générale , celui relatif au feu central du globe terrestre. Si dans Torigine (de toute
38â THÉOLOGIE DE LA NATURE.
éternité) cet état de fusion a eu lieu, il est impossible que sa température ait pu diminuer pour avoir pu rendre la surface de la terre habitable pour les Êtres vivants, et puisse un jour disparaître en entier , vu qu'en admettant un temps quelconque, quelque long qu'il soit, pour arriver à cette cessation complète, ou seulement à une faible diminution, cet effet aurait nécessairement eu lieu aussi de toute éternité : c'està-dire qu'il n'aurait jamais eu lieu ; et cependant il existie encore aujourd'hui. (Voyez la note n" 18.)
Note n° XV. Êlher.
D'après les calculs des Physiciens, l'atmosphère terrestre n'aurait tout au plus que huit myriamètres de hauteur , et au delà jusqu'à quelque autre astre , toute l'immensité de l'espace ne serait que le vide parfait. Cette opinion s'accorde en effet très-bien avec ce fait que les i)lanètes et leurs satellites n'éprouvent absolument aucuû retard dans leurs mouvements orbitaires, dont les temps de révolutions sont toujours exactement les mêmes; ce qui prouve qu'ils ne traversent aucun milieu résistant. Contrairement à ces faits, se trouve toutefois cet autre que tout l'espace est constamment traversé dans toutes les directions par la lumière, provenant des innombrables astres qui copstituent l'univers.
Or il s'est élevé entre les Physiciens une controverse sut la question de savoir si la lumière est un fluide lumineux par lui-même, qui traverse ainsi l'espace en faisant plus de deux millions de myriamètres par minute , ou bien si ce n'est que l'effet de la vibration d'une espèce de gaz désigné sous le nom àÊther, qui remplirait les intervalles entre tous les astres; gaz tellement subtil qu'il n'oppose absolument aucune résistance à ceux-ci ; et c'est cette dernière opinion qu'on admet assez généralement aujourd'hui.
IL,'existence de ce fluide fut déjà admise par lés anciens
Philosophes qui lui imposèrent le Dom qu'on lui donne , Aithèr, venant lui-même A'Aithos, qui signifie en grec feu, flamme subtile; et, suivant d'autres étymologistes , Aithèr signifie Air serein^ ou le Ciel.
C'est en effet par la présence de ce fluide, quelque subtil qu'il soit, mais non lumineux par lui-même, qu'on peut expliquer ce qu'est la queue des comètes , objet sur lequel on ne trouve pas même la moindre hypothèse dans les ouvrages d'astronomie, où l'on se contente d'avouer purement et simplement qu'on ignore de quelle nature peut être la queue de ces astres.
Quant à la tête, on a pensé que ce pouvait bien n'être qu'un ainas d'eau, offrant souvent un point lumineux au centre, paraissant être un corps solide, et que la partie moins lumineuse qui entoure celui-ci ne paraît être qu'une vaste atmosphère plus ou moins dense , à travers laquelle on voit distinctement les étoiles placées au delà. Or cette opinion, toute probable qu'elle soit , p'explique point directement ce qu'est la queue d'une longueur souvent immense qui accompagne ces étoiles si remarquables ; vu qu'en admettant même que ce soit un fluide lumineux quelconque, faisant partie de cette espèce particulière de planètes , ce fluide devrait entourer partout également le noyau, comme le font les atmosphères aériennes ordinaires, ou suivre la tête dans le cas où la pondérabilité de ce fluide , formant la queue, serait moindre que celle de l'atmosphère proprement dite ; mais cela n'est évidemment pas , la queue des comètes étant constamment opposée au soleil; c* est-a-dire qu'elle suit la tête lorsque l'astre marche vers ce dernier, tandis qu'elle la précède quand au contraire il s'en éloigne; phénomène qui prouve de la manière la plus certaine que cette queue n'est point un fluide réel attaché aux comètes.
Or ce fait même de la constante opposition de cette queue au soleil , m'a fait penser qu'il est très-probable que cette partie si remarquable de ces astres n'est en réalité qu'un
simple effet de lumière, produit par la réfraction des rayons du soleil qui traversent Timmense atmosphère, très-probablement aqueuse des comètes, et qui se trouvant par Ik considérablement condensée, comme par une loupe, est réfléchie par réther où elle devient sensible k la vue par l'effet même de cette condensation.
Cette opinion est rendue probable par ce fait que fournit l'observation que cette queue est d*autaïit plus longue et plus apparente que les comètes sont plus près du soleil , et disparait au contraire presqu'en entier lorsque ces astres en sont le plus éloignés ; c'est-à-dire que dans le premier cas la quantité de lumière réfractée par la tête faisant les fonctions d'une lentille tle concentration, est la plus grande, d'abord parla condensation des* rayons solaires, avant d'arriver k la comète , par l'effet de la grande proximité du soleil, et ensuite par le faisceau plus gros qui en est réfracté, par cela que l'atmosphère formant la tète de la comète est alors aussi plus vaste ; la chaleur du soleil mettant une plus grande masse d'eau en évaporation ; tandis que le contraire a lieu lorsque l'astre est éloigné du soleil.
Un second effet que Tobservation fait connaître et qui vient également k l'appui démon opinion, est que, très-près du noyau de la comète, la queue forme deux branches primitives qui me paraissent dues k l'interposition du noyau solide, faisant écran k la partie centrale du faisceau concentré; d'où la masse de lumière que le rayon visuel traverse est moins profonde que vers les côtés ^ ce qui rend ces deux dernières parties plus brillantes. Enfin ces deux branches primitives, convergeant l'une vers l'autre par l'effet de la réfraction , elles se croisent k une certaine distance au delà du noyau de la comète, pour s'écarter ensuite de nouveau en dispersant plus ou moins les rayons lumineux qui forment la queue en éventail de ces astres; c'est-k-dire que cette queue si étonnante par son immense étendue, si admirable par son éclat, ne serait au fond rien moins que de la
NOTEE XVI. ^85
matière propre à la comète , mais , ainsi que je viens de le dire , uniquement un simple effet produit par la- lumière venant du soleil .
Note n° XVI. Existence peu ancienne de VEspèce
humaine.
On a vu dans cet ouvrage qu'il existait deux opinions parmi les Philosophes sur la question de savoir si tout ce qui est aujourd'hui existe de toute éternité dans son espèce, ou bien si chacune de celles-ci y a eu un commencement à une époque déterminée. J'ai fait remarquer que relativement aux Êtres organisés il était évident que leurs races , quelles qu'elles soient , ont chacune été créées à une certaine époque, vu que dans l'origine tout le globe terrestre a été en état de fusion ignée , et que les faits géologiques prouvaient de la manière la plus certaine que les diverses espèces animales et végétales n'y ont paru qu'à des époques plus ou moins anciennes, et n'y ont existé que pendant quelque temps, ainsi que le démontrent leurs Vestes fos> siles, conservés dans les diverses couches de terrains qui se soi^t successivement formées pendant et depuis leur apparition sur notre globe. Enfin, quant a l'Espèce humaine, pour laquelle on a surtout eu intérêt de faire croire qu'elle a toujours existé, elle est précisément une des moins anciennes sur la terre, n'y ayant paru que postérieurement aux derniers cataclysmes qui ont bouleversé notre planète en donnant à sa surface la forme qu*elle a, vu que nulle part encore on n'a découvert la moindre trace d'un de ses débris à Tétat fossile dans aucune couche géoloqique formée antérieurement à cette époque.
Quant à la question de savoir à quel temps a eu lieu sa première apparition sur la terre , il est impossible de pouvoir le savoir d'une manière absolue.
SM TiioLOçiB r>% la naturb.
Note n"" XVII. Force musculaire.
J'ai fait remarquer dans cet ouvrage, tome I, p. 85, que les fibres musculaires avaient, par leur propriété contractile, la plus grande analogie avec les Électro-aimants , et que ce n'était probablement pas autre chose que des appareils de ce genre, où le fer est rempisrcé par la fibrime, et le fil conducteur par des nerfs. On sait que TÉlectro-aimant peut produire une force considérable ; mais cette puissance est loin d'être comparable k celle des muscles , ainsi que j'ai pu le constater par Texpérience suivante faite sur le grand eerf'volant. On sait que le mâle de cet insecte a des mandibules fort grandes (PI. I. fig. 9, abc) semblables k des bois de cerf ou de chevreuil , au moyen desquelles il peut pincer très-fortement. Ces organes sont articulés sur la tête au moyen de àeux petits condyles (a) placés a une petite distance Tun de Tautre , en formant ainsi les deux extrémités d'une charnière sur laquelle la mandibule se meut de dehors en dedans pour aller à la rencontre de celle du côté opposé. Au bord interne (c) opposé k cette charnière se fixe le tendon (c d) du muscle adducteur (c ef) de cet organe, qui seul produit tout l'efiort que fait l'animal pour pincer. Ce muscle, |)lacé dans la tête, a une forme pyramidale a base irrégùlière et se termine au sommet par un seul tendon fixé k la mandibule , et sur lequel les fibres musculaires s'insèrent tout autour, en convergeant sur ce tendon sons un angle d'un peu moins de 50 degrés. Enfin ce muscle, qui en tout ne pèse que 20 centigrammes agit, par le moyen de son tendon k peu près perpendiculairement sur le bras de levier (a c) que lui offre la mandibule. Ce bras de levier n'est k très-peu de chose près que le cinquième de la longueur (a h) de la mandibule , formant le second bras du levier, k l'extrémité duquel est appliquée la résistance de la
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place; point qu'on peut très- facilement déterminer en y suspendant un poids (g) qu'on fait soulever a l'insecte. Or un de ces insectes a plusieurs fois soulevé librement un poids de 12 hectogrammes; et comme le bras du levier sur lequel agit le muscle n'avait que le cinquième de celui sur lequel agit le poids , l'effort du muscle était réellement de 60 hectogrammes; et comme par l'effet de Tobliquilé de leur convergence sur le tendon, chacune des ûbres élémentaires du muscle perd une partie de sa force qu'on peut évaluer au moins à un sixième , la force réelle du petit muscle était de 70 hectogrammes, c'est-à-dire de 35,000 fois son propre poids.
Note û** XVIII. Formation de la Terre.
Les faits géologiques , parfaitement constatés par les savants, prouvent d'une manière irréfragable que le globe terrestre fut dans son origine en un état complétée fusion igné*; que cet immense foyer s'est ensuite graduellement refroidi , de manière que sa surface ayant pris de la solidité, il s'y est formé une enveloppe compacte, constituant ce qu'on Bomme de là les Terrains primitifs ; que plus tard , alors que la température de la surface de la terre était descendue au-dessous de 100 degrés, l'eau qui avait été en vapeur dans l'atmosphère terrestre , a seulement pu se condenser et tomber sur te globe dont elle remplit la cavité superficielle, e» formant de vastes mers. Enfin l'observation prouve en outre que dans ces immenses masses d'eau il s'est ensuite fait de nombreux sédiments de diverses substances minérales , qui s'étant déposées naturellement par couches horizontales, y ont constitué successivement d'autres refrains dits de là secondaires^ de formes stratifiées, et que l'ensemble ayant à plusieurs époques subséquentes été bouleversé par de grands cataclysmes qui ont déchiré l'enveloppe solidifiée
du globe, il s'y est produit des saillies et des bas-fonds , constituant aujourd'hui les diverses chaînes de montagnes et les vallées qui les entrecoupent.
Quant à l'état de fusion complète dans lequel la terre s'est trouvée dans l'origine, il est prouvé d'abord par la forme générale de celle-ci, qui au lieu d'être celle d'une sphère parfaite, offre au contraire celle d'un sphéroïde sensiblement aplati par les pôles, et précisément celle que , suivant les démonstrations mathématiques , la terre , ainsi à demi liquéfiée , a dû prendre par l'effet de sa rotation sur son axe; c'est k-dire que l'axe terrestre est plus court que le diamètre du globe sous l'équateur. Cet état de fusion est en outre constaté par la nature des terrains primitifs, qui, d'après leur constitution , n'ont pu être formés que par l'effet d'une fusion ignée. Enfin , cette fusion primitive est prouvée par l'état actuel du globe qui, aujourd'hui encore, est presque entièrement en fusion par le feu; l'écorce solide refroidie qui revêt sa surface étant très-mince comparativement au diamètre de la sphère, et le foyer igné qui subsiste est désigné de Ta sous le nom de Feu central. Ce fait est prouvé par cela que partout où l'on creuse la terre , la température augmente progressivement a mesure qu'on descend, et cela dans une proportion assez rapide , augmentant , dans certains lieux , d'un degré par quinze à vingt mètres^ et dans d'autres de quarante à quarante. C'est ainsi que l'eau du Puits artésien de Grenelle, k Paris , qui vient d'environ 500 mètres de profondeur, a une température de 27 degrés ; c'est-k-dire qu'k 9 mètres de profondeur, le sol a, tout le long de l'année, partout une température égale k 9 degrés au-dessus de zéro^ et qu'en partant de cette limite, la température augmente régulièrement k mesure qu'on descend. En partant, en conséquence de ce point, la température de ce Puits augmente en tout de 18 degrés jusqu'au fond , ce qui donne , terme moyen , 1 degré par 28 mètres de profondeur.
Le Plomb , fondant k 322 degrés de chaleur, il doit , en
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conséquence , être en fusion k une profondeur de moins de 25,000 mètres ou 25 kilomètres , en adoptant même pour minimum de raccroissement de la température, 1 degré par 40 mètres , profondeur bien faible en comparaison du rayon du globe, qui a environ 6,370 kilomètres.
Enfin , Texistence du feu central est constatée par les volcans encore en activité qui en sont des soupiraux rejetant souvent des matières fondues par la chaleur.
L'écorce consolidée du globe se resserrant par le refroidissement, et comprimant la partie restée en fusion, celleci, par sa réaction , soulève souvent diverses parties de cette enveloppe ; effets qui ont donné lieu k la formation des diverses chaînes de montagnes , dont les couches successives , déposées avant dans une disposition horizontale, se trouvent, par ces soulèvements , plus ou moins obliques à ia surface du globe, et brisées dans de nombreuses directions, selon la force de la puissance qui les a déplacées.
C'est ainsi que furent produits les divers groupes de montagnes dont la partie inférieure est en conséquence formée de roches primitives dues à l'action du feu, et connues, suivant leur composition , sous les noms de Granit , de Porphyre, etc., roches sur lesquelles sont appuyées d'autres roches volcaniques , ou dues a divers dépôts de matières qui sont venues se déposer successivement , en y tombant de l'atmosphère , où elles avaient été tenues avant en suspension gazeuse par l'effet de la grande chaleur du globe terrestre en ignition.
Enfin , après un long espace de temps incalculable , mais qui a dû être de plusieurs milliers d'années , les vapeurs aqueuses ayant pu également être précipitées sur le globe dont la température de la surface était descendue au-dessous de 100 degrés, 1 eau remplit, ainsi que je Tai déjà dit, toutes les cavités superficielles en formant des mers très-probablement plus étendues que celles existantes aujourd'hui ; aucune partie de cette eau n'ayant encore pu entrer dans la iri. 19
i99 THiOLOail M LA MATIJRB.
composition d«g roahei secondaires qui se sont formées depuis, ni dans celle du corps des Êtres vivants.
Les montagnes primitives ayant le plus souvent été fort escarpées , les eaux torrentielles qui vinrent plus tard à couler le long de leurs flancs les ont en partie désagrégées ^ leurs surfaces , et en ont entraîné les débris dans les basfonds que ces particules sont venues combler plus ou moins en s'y déposant également par couches horizontales le long des pentes obliques des montagnes primitives, en y formant, avec le temps, des roehes secondaires ainsi dues à Taction des eaux.
D'autres cataclysmes arrivés plus tard et k des époques plus ou moins éloignées , ayant , ainsi qu'on le constate par l'observation , également soulevé et bouleversé, dans un grand nombre de lieux, les couches secondaires; celles-ci ont également pris par là diverses inclinaisons en se brisant les unes sur les autres, en faisant des saillies plus ou moins élevées k la surface des eaux sous le niveau desquelles elles furent d'abord déposées. C'est ainsi qu'on explique parfaitement comment il se fait que des débris d'un grand nombre d'animaux et de plantes qui avaient été déposés sous les eaux , lorsque ces couches secondaires furent formées , se trouvent aujourd'hui plus ou moins élevés sur les montagnes, sans qu'il soit nécessaire d'admettre, qu'à l'époque où ces Êtres ont existé k Tétat vivant, les mers se sont élevées jusqu*aux régions où ces débris se trouvent. Le fait de leur soulèvement est d'ailleurs prouvé par leur déposition. En effet , tout <corps qui par son poids tombe au fond de l'eau s'y dépose généralement dans une direction horizontale, et par conséquent parallèlement k la surface de la couche qui le renferme ; or ces débris fossiles affectent celte disposition k l'égard de ces dernières.
A l'époque où la surface de la terre arriva k un degré de température qui permit aux Êtres vivants de pouvoir y exister, Dieu put créer les diverses espèces capables de