‹ Théologie de la nature (volume 2)Chapitre 68 sur 79 · ROTI XVIII. S · texte numérisé non relu

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topporter les chaleurs les plus grandes; et ce so&t oeHes<-Ik qui ont naturellement constitué les espèces de la première création, créations dont on croit reconnaître jusqu'à six qui eurent successivement lieu jusqu'à notre époque, et indiquées d'une part, par la superposition des couches , et de l'autre par la différence des espèces des Êtres organisés qu'on y rencontre, lesquelles varient plus on moins no* lablement suivant ces grandes époques de formation. (Voyez à ce sujet le Cours de géologie de M. Alcide d'Orbignt , et surtout les tableaux joints à cet ouvrage.)

Aucun animal connu ne pouvant se nourrir exclusive-ment de substances minérales , tandis que cela est possible à de nombreux végétaux, il est hors de doute que les pre-* miers Êtres vivants qui furent créés ont dû appartenir au règne végétal ; et en effet , la houille , qui appartient aux terrains seconday*es les plus anciens , est considérée par les géologues comme due à d'immenses dépôts de débris de plantes, dans lesquelles on trouve toutefois aussi souvent des fossiles animaux.

Quant aux espèces animales , elles ont pu facilement être créées au fond de l'eau bientôt après les premières plantes dont elles ont dû se nourrir ; mais cela ne put guère avoir été ainsi pour les espèces terrestres. En effet, dans les premiers temps du monde, alors que la surface de la terre venait de descendre à un degré de température qui permettait aux êtres vivants d'y exister, l'atmosphère a dû être chargée d'une quantité considérable d'acide carbonique, qui n'avait pas encore pu entrer dans la composition de diverses substances minérales qu'il constitue en partie, ni dans celle des corps des nombreux végétaux et animaux qui plus tard ont peuplé la terre ; et cela d'autant moins que ce gaz, le plus lourd de tous, a dû, par l'effet de sa pesanteur spécifique, recouvrir avec une grande intensité immédiatement la surface du globe ; état de l'atmosphère dans lequel la plupart des animaux, surtout ceux des classes supérieures, n'ont pas pu

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vivre; tandis qu'il convenait beaucoup mieux aux végétaux qui y trouvèrent en abondance le carbone, l'un des principaux composants qui constitue leur corps.

Par l'effet des grands cataclysmes qui ont plusieurs fois bouleversé la surface du globe , après qu'elle avait déjà élé consolidée parle refroidissement, les chaînes de montagnes qu'ils ont soulevées ont dû former au-dessus du niveau des premières mers , des saillies d'une hauteur bien plus considérable que n'offrent celles existantes de nos jours, mais que les eaux pluviales et les torrents qui coulaient le long de leurs flancs ont successivement abaissées en leur enlevant constamment des parties qu'ils entraînaient vers les bas-fonds qu'ils remplirent. Ces dépôts d'alluvions formèrent ce qu'on nomme aujourd'hui les Terrains tertiaires, constituant en grande partie les terres plus ou moins meubles de la surface du globe; dépôts quieux-mém|s d'abord formés sous les eaux en couches horizontales , ont été souvent soulevés par de nouveaux cataclysmes dont les derniers ont enfin donné aux continents ta forme qu'ils offrent de nos jours.

L'observation des faits géologiques tels que l'état du globe permet de les reconnaître aujourd'hui , nous montre ainsi que notre planète a été dans l'origine en un état complet de fusion Jgnée; que plus tard sa surface s'étant consolidée s'est trouvée recouverte d'une croûte solide constituant ce qu'on nomme les terrains primitifs; que ceux-ci ayant été diversement soulevés, ont formé d'immenses chaînes de montagnes, sur les flancs desquelles sont venus se déposer en partie des terrains secondaires venus de l'extérieur en recouvrant la surface du globe, et qu enfin il s'est formé au-dessus de ceux-ci encore des terrains tertiaires dus h de simples alluvions; terrains qui se sont ainsi formés , les uns par l'effet de grands bouleversements qu'a éprouvés la surface du globe , et d'autres par des causes lentes agissant continuellement , telle que celle de l'érosion par les cours d'eau ; de manière que tout cet ensemble forme une seule

grande période j depuis Tétat de fusion de notre planète jusqu'à nos jours , mais divisée en plusieurs périodes seeon-daires , où se sont formés les terrains secondaires ; et enfin celles-ci sont encore divisées en périodes d'un troisième ordre, dont Tétat actuel du globe est la dernière. Mais est-il bien certain que depuis que le monde existe il n'y a eu qu'une seule de ces grandes époques? Cela ne me parait pas probable, car il faudrait admettre qu'elle a commencé déjà alors qu'il a plu au Créateur de tirer l'univers du néant; temps qui équivaut pour nous à Féternité. Il est au contraire beaucoup plus rationnel d'admettre que ces grandes époques de l'existence de la terre , où elle a chaque fois passé par l'état de fusion ignée, se sont fort souvent renouvelées par des causes que nous ne pouvons pas connaître ; époque où toute structure disparait, et où tout recommence chaque fois par une série de nouvelles créations.

Je viens de dire que l'époque à laquelle il a plu au Tout- Puissant de tirer le monde du néant équivalait pour nous à l'éternité; mais ce temps si considérable peut-il même être admis? Je ne le pense pas , cette époque telle éloignée qu'on pourrait la supposer, n'étant qu'un instant comparablement à la véritable éternité. En effet, si dans l'origine Dieu a créé notre planète à l'état de fusion ignée, toutes les parties volatiles telles que le soufre ont dès lors dû commencer k s'en échapper, et comme il s'en dégage encore de nos jours, le temps où cette évaporation a commencé ne doit pas être si éloigné de nous , quand même il y aurait eu plusieurs fusions successives; les gaz une fois dégagés ne pouvant plus y rentrer, les forces qui les chassent de la masse fondue les empêchant d'y rentrer. Il suit de h qu'on doit encore admettre des périodes de quatrième ordre, c'cst-a-dire celles réellement primitives, où chaque fois le monde entier retourne h l'état chaotique, où tous ses éléments se séparent pour se réunir après , soit dans la même forme , soit dans diverses autres, chacune commençant probablement par l'étatde fusion ignée.

Mi THiOLOOn DE LA NATURE.

Note n** XIX. Génération spontanée.

Les premiers savants qui ont admis la possibilité de la génération spontanée des Êtres vivants, ont pensé que même une foule d'espèces fort grandes, mais dont l'économie n'était alors pas connue, naissaient ainsi d'elles-mêmes ; et ils le crurent par cela que ces Êtres étant considérés comme vils, on ne cherchait pas à savoir comment ils étaient produits. Les voyant souvent paraître tout k coup en très-grand nombre à certaines époques , dans des lieux où Ton n'en trouvait d'ordinaire pas avant , on a tout simplement pensé qu'ils s'y formaient d'eux-mêmes. C'est ainsi que beaucoup d'espèces, habitant communément dans les marais, furent considérées comme y prenant naissance par des causes fortuites, alors que Teau venante y détremper le sol, y produisait une fermentation qui les engendrait en nombres plus ou moins considérables ; tandis qu'il n'y en existait aucun quand ces marais étaient desséchés.

C'est également ainsi qu'on croyait d'une manière fort gratuite qu'une foule d'insectes , et surtout la vermine qui dans certaines circonstances couvre le corps de l'homme et des animaux, étaient engendrés ip^tv des causes simplement fortuites, telles que plusieurs maladies, et surtout parla malpropreté.

Tant qu'on n'a pas cherché k faire servir cette hypothèse de base k des théories entières sur l'origine des Êtres vivants en général, pour tâcher d'expliquer comment tous et l'homme lui-même ont pu prendre leur origine, cette erreur delà génération spontanée ne méritait pas la peine qu'on cherchât k la faire disparaître; mais quand on en a fait le principe de divers systèmes philosophiques, il a été nécessaire de détruire cette base erronée de la théorie de la génération des Êtres; et c'est le professeur Spallakzaiii qui s'en est

c barge en dëmoDtraDt , par une série d'expériêfiees parfaite*ment bien conduites, qui ne laissent aucun douté, qne ttm les Êtres vivants , jusqu'aux derniers animalcules , doivent , Sans exception , leut existence à deê individus semblables à œux qui les engendrent.

Les spontanéistes, chassés d'abord de retranchement êft retranchement, se réfugièrent k la fin dans la classe des àûifinaux infusoires, d*où ils crurent que, vu l'extrême petitesse de ces animalcules, il serait impossible de les en débusquer; soutenant qu'au moins Ik, la génération spontanée existait; mais Ik aussi ils ne purent tenir contre les preuves que leur opposa Spalianzani , qui fit voir (1) que bien que certaines espèces périssetlt dès qu'on élève k B5ou k 45 degrés (ftéanmur) la température de Teau dans laquelle elles vivent, leurs OÊufs toutefois peuvent éprouver la chaleuf de l'eau bouillante, et cela mémo pendant une demi-heure pour Certaines espèceéi, sans perdre la faculté de se développer ; tandis qu'en ndàintenant la chaleur de rébnllitiôu pendant trois quarts d'hmrè^ toute faculté germinatrice cesse. C'esl-h^dire qu'en soumel>lânt les diverses iâftisions pettdant ce tempe h cette haute température $ il ne l'y produit plus javnais aucun animalcule , pas même les jpltis petits (Moûadés) , que SpâK lànzani nomme cetit dé troisième ordre. ( Voyez la note !i*24.)

Note n"* 20. Grandeur absolue des animaux.

Il semble an premier aperçu quetoutétant possible à Dieu, il a!]rait pu créer dans toutes les classes d'animaux des es|j(>ces de grandeur quelconque ; mais il n'en est pas ainsi : l'Être Suprême , ayant soumis la matière à des lois qui régissent ses propriétés , il a lui-même limité par là sa possi-

(1) Oputàule de PhyH^ ù/Mmié èî ifëiëUOé, Chap. Il et HL 177S.

396 TffiiOLOGIB DU LÀ NATURE.

bilité de créer ; et il ne put en outre rien produire qui fût contraire aux lois d*axiomes , telle que celle que la partie est moindre que le tout; loi qui trouve surtout son application dans la question qui nous occupe ici. En effet, par une conséquence de cette dernière loi , le poids des corps de même nature augmente en raison du cube de Tune de leurs dimensions ; tandis que par une conséquence de la loi de gravitation, la force de soutien d* un corps, et spécialement d'une colonne , n'augmente qu'en raison du carré du diamètre horizontal^ vu que chaque molécule de la substance de la colonne ne pouvant porter au plus , partout que le même poids, la force de soutien de la colonne est en raisou du nombre de ces molécules qui constitue chaque couche horizontale , nombre proportionnel à l'aire de la section horizontale de la colonne , et en conséquence proportionnel au carré du diamètre.

Si l'on applique ces principes au corps des animaux terrestres , à celui des mammifères élevés sur quatre membres en forme de colonnes , on trouve en conséquence que dans deux espèces de même organisation, mais dont la taille serait seule différente, la force de soutien des os des membres serait en raison du carré du diamètre transversal des os au point où ceux-ci sont le plus minces; tandis que le poids du corps serait en raison du cube de cette même dimension. Appliquant cette loi à des espèces connues, on trouve que Y Éléphant, cet animal qui parait si lourd et si massif sur ses membres, est au contraire, quant k ceux-ci, bien plus grêle qae la Gazelle la plus fine. En effet, de tous les mammifères que je connaisse, le Éfm6 (Antilope Scripta) est l'espèce la plus fine sur jambes. Sa hauteur au garrot est de 64 centimètres , et l'os du canon du membre antérieur n'a que 1 centimètre carré de grosseur à l'endroit le plus faible. S'il existait un animal en tout semblable, mais de la taille d'un Éléphant, qui aurait quatre fois et demi cette hauteur, ou ^"'^SS, cette espèce pèserait en conséquence plus de 90 fois autant

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que le Guib (91,125, cube de 4,3). Or, chez un Éléphant de cette grandeur , Tensemble des deux os de Tavant-bras, n'a k Tendroit le plus mince que 61 centimètres carrés de grosseur ; c*est-k-dire que la force de soutien du membre n'est que soixante et une fois ausisi grande que dans le Guib ,

tandis que dans une Gazelle de même hauteur elle devrait avoir plus de quatre-vingt-dix fois cette puissance. Ce qui prouve que TEléphant est, vu sa hauteur, beaucoup plus grêle sur jambes que le Guib , qui nous parait si fin. Si Ton con-

sidère avec cela que TEléphant étant proportionnellement beaucoup plus trapu dans son corps que ce dernier animal , son poids absolu doit être bien plus grand que serait celui d'un Guib de même hauteur, d'où il résulte en outre que la force de soutien de ses membres est considérablement plus faible que dans l'Antilope le plus léger.

Supposons maintenant que les Éléphants tels que nous les connaissons ayant troiâ mètres de hauteur , soient en raison de leur taille , les mammifères les plus gï*êles sur jambes qui puissent exister, et qu'il ait plu à TËlre Suprême d'en créer de bien plus grands encore , de douze mètres par exemple , cette espèce eût en conséquence eu un poids soixante-quatre /ot5 aussi grand que celui des espèces vivantes, tandis que la force de soutien des membres n'eût été, sous la même forme que seize fois aussi puissante ; d'où le Créateur eût été obligé de quadrupler cette force dans la grande .espèce , afin que les os des membres ne se brisassent pas sous le poids du corps; c'est-à-dire que les os des avant-bras auraient dû avoir, non pas 976 centimètres carrés (61 xl6), pour rester dans les mêmes proportions, mais au moins 3,924 centimètres carrés (61 x64).

On trouve là la raison pourquoi il n'existe pas de mammifères terrestres d'une très-grande taille , tandis qu'il y en a d'aquatiques , animaux dont le corps partout soutenu par l'eau , est en outre, par son poids spécifique, à peu près en équilibre avec ce liquide ambiant , ce qui empêche ce der-

S96 TmîOLOGIK DE LA NATUBB.

nier de s'affaisser sur lui-même, et facilite considérablement les mouvements daus la natation.

On peut prouver par une démonstration semblable qu'il n'a jamais pu exister de très-grands oiseaux pouvant voler , et que fort probablement le Condor^ espèce de Vautour des Cordillères , oiseau de haut vol, offre, sous ce rapport, à peu près le maximum de la grandeur que les animaux de cette classe peuvent atteindre; c'est-à-dire que déjà il ne pourrait y avoir des oiseaux du poids des Autruches et des Casoars qui pussent voler. Je doute fort que le Condor puisse emporter une proie d'un poids un peu considérable, ses ailes, quoique très-grandes, devant k peine avoir la puissance de soutenir le corps seul de l'oiseau pendant le toi. En effet , l'air ayant partout h peu près la même densité k la surrace de la terre, il faut pour s'y maintenir suspendu, qtt*k chaque coup d'aile un oiseau déplace une masse d'air capable de fui offrir un point d*appui suffisant pour l'empêcher de tomber; c'est-k-dire que si dans l'unité de temps que dure un abaissement d'ailes chez le Condor, cet oiseau trouve dans l'élément ambiant une résistance suffisante pour s'y tenir suspendu, il faudrait, en conséquence dès principes exposés plus haut , qu'un autre oiseau de mên^e organisation , mais du double pour la taille , pût , pour obtenir le même effet , déplacer dans le même temps un volume d'air huit fois aussi grand; ce qui ne pourrait avoir lieu qu'autant que dans ce court espace de temps il ferait parcourir k ses ailes un angle égal k celui que parcourent celles du Condor ; mais pour cela il faudrait aussi que les muscles pectoraux qui produiraient cet effet fussent huit fois aussi puissants que chez ce dernier animal, tandis qu'ils ne le seraient que quatre fois; ce qui changerait non-seulement les proportions, mais augmenterait considérablement le poids du corps; d'où résulte qu'il est absolument impossible k ce grand oiseau de voler.

C'est également au moyen des mêmes principes qu'on

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peut prouver qu*il a été impossible à Dieu de créer et de maintenir des Mollusques terrestres d'une grandeur un peu considérable, vu que les corps de ces animaux étant dépourvus de charpentes solides . se seraient affaissés sur enxmêmes par leur propre poids, ce qui eût empêché toutes les fonctions de s'exercer convenablement; tandis que cela était possible quant aux espèces aquatiques. Il est ainsi trèsprobable que déjk il n'aurait pu exister de Limaces qui eussent eu , par exemplç, un seul décimètre de grosseur.

Enfin, c'est encore par une démonstration analogue qu'on peut prouver qu'il n'a pas pu exister de fort grands Insectes ; mais ici ce n'est plus par la raison du poids du corps, mais par celle de la propriété de la capillarité des liquides; propriélé appliquée* chez les animaux, ii leur mode de circulation. En effet, on sait que le sang est, chez les Insectes, contenu dans toutes les parti( s du corps, où il baigne librement les organes, en remplissant tous leurs intervalles; que le cœur (aortique) est un vaisseau placé le long du dos de l'abdomen; que le sang, extravasé ainsi que je viens de le dire, entre par des ouvertures latérales dans le cœur, lorsque celui-ci se dilate, et que cet organe le pousse ensuite . par sa contraction, dans la région antérieure du corps, où il s'épanche de nouveau. Or, pour que cet effet puisse avoir lieu , il faut que la capillarité des organes très-déliés de ces animaux puisse suffire pour faire monter le sang jusqu'au cœur, dans lequel il doit pénétrer par petites quantités successives ; d'où il résulte que si la hauteur verticale du corps était un peu considérable , cette humeur resterait dans la région inférieure du corps , et n'arriverait qu'en très-petite quantité jusqu'au niveau du cœur.

Je m'étais proposé autrefois de développer, entre autres , cette théorie de la grandeur absolue que les animaux étaient susceptibles d'atteindre suivant leur mode d'organisation , et cela dans un ouvrage spécial sur la Mécanique animale en général^ en y apportant les démonstrations nécessaires à son

appui; mais je me vois obligé d'y renoncer, ne ppavant pins rassembler tous les matériaux qui deyaient entrer dans ce travail , qui eût été assez considérable ; et dont j'avais déjà réuni une quantité notable dé fragments épars , que j'eus l'honneur de mettre , en mars 1833 , sous les yeux d'une commission de l'Académie des Sciences nommée alors pour examiner mes ouvrages, commission composée de MM. Ampère , Fréd. CuviER et Dutrochet. (Voyez ma lettre à l'Académie des Sciences, 1833.)

Note n« XXI. Hébreu.

Le nom d'Hébreu , le plus ancien que portent les Israélites, fut donné, en Gbanaan, à Abraham et k ceux de sa suite, comme étant venus d'au delk de l'Euphrate, nom dérivé d'JE^fter, qui , en hébreu , équivaut k la syllabe trans de la langue française dans Transalpin; d où Ebré signifie qui est venu de par delà le fleuve (Euphrate), terme qui équivaut, en français , k celui d' outre-rive , et dont on a fait enfin hébreu , en y ajoutant une H , pour rendre le son guttural de TE initial du mot Ebré.

Note tf XXIL léhova.

On a vu, dans cet ouvrage, qu'il a existé déjk, avant Moïses, trois noms par lesquels on désignait la Divinité ; que celui d'Elôha^ dont le pluriel est Elohim, était son vrai nom , signifiant plus particulièrement Dieu ; que Sghadaï , comme on l'appelait aussi , voulait dire celui qui embrassait tout, ou le Tout-Puissant, et qu'on le, nommait en outre Adonaï , terme qui répond en français k celui de Seigneur. Aces trois démominations. Moïses en a ajouté une quatrième, celle de léhova, qui, dit-il, lui fut indiquée par l'Être Su-

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préme même quand il lui parla dans le buisson ardent ; nom tellement sacré, chez les Israélites, qu*il n'était permis k personne de le prononcer, et qu'on remplaçait par celui d'Âdonaï lorsqu'on le trouvait écrit quelque part. En effet, il est dit au Cbap. III, verset 13, de Y Exode, que Dieu, en parlant à Moïses , dans le buisson ardent , celui-ci lui dit : € ...Voici ; quand je serai venu vers les enfants d' Israël , et que je leur aurai dit : Le Dieu de vos pères m'a envoyé vers vous, alors, s'ils me disaient : quel est son nom? que leur dirai- je! »

« 14. Alors Dieu dit à Moïses : Je suis celui qui suis. ' // dit aussi : « Tu diras aussi aux enfants d'Israël : Celui qui s'appelle Je suis m'a envoyé vers vous. »

Or Je suis est exprimé , en hébreu, par Ehié, et II est par lihié ou lahvé, et comme on prononçait ce nouveau nom Adonal pendant qu'on n'écrivait, suivant le génie de la langue hébraïque , que les consonnes des mots en y intercalant les voyelles, que l'usage faisait connaître , on a imaginé, pour composer ce nom sacré du Créateur, d*y placer les voyelles d'Adonaï , c'est-k-dire qu'entre les trois consonnes I, H et V de lahvéy on a intercalé a, o, a, les voyelles d'Adonaï , d'où l'on a fait IHoVa , ainsi qu'il parait qu'on prononçait autrefois, dont on a fait plus tard Iéhovâ.

Note n** XXIII. Longévité des animaux,

La durée de la vie varie considérablement suivant les diverses espèces animales , quoiqu'elle soit assez rigoureusement limitée quant à son maximum. Certaines d'entre elles , appartenant aux classes inférieures et surtout k celle des Insectes, ne vivent k l'étal parfait que le peu de jours qu'il leur faut pour s'accoupler et pondre leurs œufs; mais ils vivent souvent , plus ou moins longtemps, sous la forme de larvés.

309 THEOLOGIC Ht LA HàTURE.

Dans les autres classes, et surtout parmi les Vertébrés , il en existe , au contraire , qui peuvent vivre fort longtemps, même au delà , dit-on , d*un siècle; mais nous manquons, à ce sujet, de données bien certaines. On dit que les Éléphants, par exemple, vivent souvent plus de cent ans; THomme , comme on sait, n'arrive d'ordinaire guère k plus de quatre-vingts, le Cheval k trente, la Vache à vingt, le Chien et le Cbat au plus a dix-huit ; enfin , quant aux espèces sauvages , on ne le sait pas ; mais il parait que cela est, suivant leurs familles , k peu près dans les mêmes proportions.

Parmi les Oiseaux, il en existe au contraire qui vivent trèslongtemps , tels que le Corbeau , le Perroquet , le Héron , qui , dit-on , dépassent plus de cent ans. Mais tous ces chiffres sont loin de pouvoir être comparés k ceux qu'atteindraient, suivant certaines observations , diverses espèces de la classe des Reptiles , et parmi elles surtout les Crapauds, qu'on a, k ce qu'on prétend , trouvés bien vivants enfermés soit dans l'intérieur dû bois de très -vieux arbres, où ils n'ont pu pénétrer que de longues années avant , alors que ces derniers étaient enpore jeunes , et cela dans des cavités fermées de toutes parts; ce qui prouverait que ces animaux n'ont pendant ce long espace de temps pris absolument au*cune nourriture.

Mais ce qui est bien plus encore , diverses personnes ont prétendu avoir trouvé des crapauds dans l'intérieur de masses rocheuses compa4:tes , où la cavité qu'ils occupaient n'avait absolument aucune communication avec l'extérieur, pas même la plus petite; cavités qui étant moulées exactement sur le corps de Tanimal , prouvaient même par Ik , que celui-ci y fut enfermé k l'époque où la roche s'est formée. Ce qui supposerait peut-être un espace de plusieurs centaines de mille années avant que ces reptiles fussent découverts.

Des faits de ce genre ont déjk plusieurs fois été signalés ,

maift iU n'ont jamais été réellement vus par des savants qui auraient pu observer exactement les conditions du phénomène; de manière qu'on est encore complètement dans le doute sur la réalité du fait.

Une de ces observations a été récemment encore soumise au jugement de rAcadémie des sciences (Voyez son Compte rendu y 21 juillet 1851 , tome XXXIII, page 60 et le Rapport, page 105); mais Inexactitude du fait ne me parait pas avoir été suffisamment constatée.

Note n** XXIV. Monades.

Les Monades sont les plus petits de tous les Êtres vivants connus, le Monas termo n'ayant qu'environ 1/500 de millimètre de long. Ils s'engendrent en quantités prodigieuses dans plusieurs infusions aqueuses qui se corrompent, ainsi que dans de l'eau où Ton fait macérer des substances animales, la plus petite gouttelette de ce liquide en contenant des milliers qui y nagent avec une remarquable célérité.

Ce sont de petits corpuscules ovales , auxquels on n'aperçoit aucun membre locomoteur. Or comme ils ont, par le genre de mouvements qu'ils exécutent , la plus grande ressemblance avec les Cypris et les Cythérées de la classe des Crustacés, autres très-petits animaux de même forme générale, mais toutefois bien plus grande, ayant jusqu'à deux millimètres de long, il m'a paru très-probable que les Monades appartiennent à la même famille.

Les Cypris, dont l'organisation est fort compliquée, ainsi que je l'ai fait voir dans un mémoire inséré en 1821 dans les Mémoires du Muséum d'hist. nat., t. VII, p. 33, ont le corps reçu entre deux valves latérales réunies le long du dos par une charnière , et assez semblables à celle d'une Moule , mais ayant de petites pattes assez semblables à celles des Écrevis86ft » dmit les extrémités seules sortent par l'ouverture

304 «THÉOLOGtS tE tA NATURE.

' inférieure des vaWes pour servir h la marche et à la nage ; de manière que vus en dessus, ces membres ne sont aucunement apparents ; et la même chose parait avoir lieu chez les Monades.

Note n* XXV. Mouvement arbitraire des Astres,

- On sait que les Planètes parcourent des orbites elliptiques autour du Soleil placé àTun des deuK foyers de cette couche, et reviennent k chaque tour exactement au même point où elles ont précédemment passé , et que la Terre fait ce trajet en 365 jours et 5 heures ; temps qui constitue Tannée de cet astre. On sait aussi que ce mouvement est dû en partie à Tattraction réciproque que le Soleil et les planètes exercent Tun sur Tautre , attraction qui a lieu en raison directe de leurs masses , et en raison inverse du carré de leur distance; mais les personnes qui n*ont pas fait une étude spéciale de la Physique et des Mathématiques, ont de la peine à concevoir comment il se fait qu*en conséquence de cette attraction , les planètes ne tombent pas directement sur le Soleil : ce qui aurait en effet lieu si cette force agissait seule; mais il n'en est pas ainsi. Chaque planète est animée en outre d'une seconde force par laquelle ces astres sont poussés dans la direction d'une ligne tangente à la courbe que forme Torbite, et qu'on a nommée àe\^Forcetangentielle due k une impulsion primordiale, que chacune a reçue du Créateur , alors qu'il a créé ces mondes ; force ou mouvement qu'on nomme aussi centrifuge, comme tendant k éloigner ces corps du centre occupé par le Soleil ; mais cette expression est moins correcte, vu que cette impulsion n'agit pas directement en sens opposé de la force d'attraction ou force centripète , mais dans une direction plus ou moins perpendiculaire k celle-ci ; et le mouvement de circuit autour du Soleil a lieu par l'effet de la combinaison de ces deux forces dont je viens de parler , et voici comment.

Supposons que l'orbite de la terre soit représentée p» l'ellipse T,r T" T", Planche I, fig. 7, qui pour cette planète est presqu'un cercle, et dont le soleil occupe en S l'un des foyers à peu de distance du centre o. Le globe terrestre étant placé au point de départ T, se trouvera ainsi sollicité à la foi$ par deux forces, dont Tune T a, ou force d'attraction vers le soleil S, est telle que dans un mois de temps elle lui ferait parcourir cet espace T a si elle agissait seule; et qu'en même temps il est poussé par la force tangentielle dans la direction de T6, avec une puissance capable de lui faire parcourir, dans un mois, si elle agissait également seule, cette distance T 6. Or il en résulte que, par l'eiTet de cette double impulsion , la terre prenant une direction moyenne entre ces deux, par laquelle elle est sollicitée, arrive en un mois en T' (voyez la note n"" 27, sur le parallélogramme des forces); c'est-a-dire qu'en formant avec les deux lignes Ta etT b le parallélogramme T a T&, la terre en parcourt en un mois la diagonale TT') et continuerait après h parcourir par l'eiTet de cette seconde ou nouvelle force tangentielle , si elle agissait seule, le second mois et tous les mois suivants, des distances parfaitement égales et dans cette nouvelle direction tangentielle. Mais la force attractive du soleil agissant constamment, elle tend à faire approcher la terre pendant le second mois de la distance T'a , de manière que le globe terrestre se trouvant encore sollicité par deux forces, parcourt pendant ce mois, comme pour le premier, non la ligne T b\ mais la ligne T T , diagonale du nouveau parallélogramme des forces T a T' 6', pour continuer durant le troisième mois et les suivants, à se mouvoir en ligne droite en parcourant des espaces égaux T' b'\ dans le prolongement de T' T", si cette autre force tangentielle agissait seule. Suivant ensuite toujours la même démonstration , on verra que les mois suivants la terre doit successivement arriver

en T'", V T*', où animée d'une force tangentielle

T" 6*S elle est ramenée au bout d'un an de nouveau en T,

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