CHAPITRE IV
ait cependant pu exprimer dans son premier chapitre, dans nne espèce d'introduction k son Évangile, l'opinion que Jésus* Christ était un Être identique avec le Créateur , disant :
Verset I. « La Parole était en commençant , la Parole était avec Dieu j et cette Parole était Dieu. »
14. ^ Et la Parole a été faite chair ^ et a habité parmi nous^ pleine de grâce et de vérité i^ et nous avons vu sa gloire, une gloire telle quest celle du Fils unique venu du Dieu. » .
Cette idée, exprimée dans Tenthousiasme de radmiration que Jésus-Christ avait inspirée k Saint Jean. l'Apôtre qu'il chérissait le plus, était du reste fort naturelle; cet Apôtre ayant eu, par le grand âge auquel il est arrivé, le bonheur de voir la doctrine de son sublime maître s'affermir dans le monde et devenir, malgré les cruelles persécutions que les chrétiens éprouvèrent , la religion à laquelle se rattachèrent de nombreux disciples de tous les pays. Et cette fiction de Saint Jean devint plus tard un des principaux arguments sur lesquels on fonda la croyance , non-seulement de l'identité de Jésus avec le Créateur, mais encore le dogme de la Trinité, que jamais personne n*a pu concevoir ni expliquer.
Enfin, je ferai même remarquer que le baptême que Jésus réclama et reçut de Saint Jean-Baptiste , ne saurait se concilier avec Topinion qu'il était Dieu , le Créateur incarné, ou bien le fils de Dieu. En effet, le moi Baptême^ terme tiré du grec, comme d'ailleurs presque tous ceux qu'on trouve dans les Évangiles, signifie laver, du mot grec Baptô, je lave. C'est-k-dire que Jean-Baptiste a institué ce sacrement, par lequel il prétendait laver du péché originel les personnes qui s'y soumettaient. Or si Jésus avait été le fils de Dieu , voire même Dieu le Créateur en personne, et par conséquent pur de tout péché et surtout du péché attaché à la postérité d'Adam , k laquelle il n'appartenait en conséqueuce pas , comment a-t-il pu venir au Jourdain réclamer le baptême de Saint Jean, pour être purifié d'un péché qui ne pouvait pas
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peser sar lui ? Ce sont encore là de ces incoQsé(|iiences ab^* surdes qu'on ne conçoit pas. On dira ensuite que, né d'une femme, il était par là descendant d'Éva ; mais cela ne prouve rien, vu que le corps qu'elle lui a donné, cette partie seule humaine dans la personne de Jésus-Christ, étant uniquement matériel et de là éminemment passif, ne pouvait porter aucun péché ^ tandis que TEsprit qui l'animait, constituant la partie immatérielle, divine chez lui, suivant les orthodoxes, ne pouvait avoir jamais participé à aucune faute, soit personnelle, soit héréditaire.
Mais si Jésus-Christ n'a jamais prétendu être le Fils unique de Dieu , il a toutefois , ainsi que je l'ai déjà dit plus haut , souvent exprimé l'opinion qu'il était le Meisiey se désignant en cette qualité plus spécialement sous le nom à'envoyéyie Dieu , ainsi qu'on le voit , non-seulement dans les passages que je viens de rapporter , mais encore dans nombre d'autres ; et fort souvent par le nom même ieMeêsie ou de Christ^ qu'il se donnait également , surtout dans les derniers temps de sa vie. Idée, du reste, naturelle, justifiée d'une part par son pouvoir , et de Tautre par les prophéties des anciens sur le Messie, qu'il s'appliquait, ainsi qu'il le fait fort souvent remarquer lui-même , se fondant sur le pouvoir qui lui a été donné de faire des miracles , pouvoir qu'il n'attribuait toutefois exclusivement qu'à sa Foi , disant à ses disciples qu'ils pourraient en faire autant s'ils avaient cette foi qui leur manque ; tandis que dans le commencement de ses prédications, il se nommait , an contraire , plus particulièrement le Fili de VBonmê.
La croyance que Jésus était ie Messie était d'ailleurs si peu admise au commencement de ses prédications, qu'on ne croyait en lui ni à Nazareth , où il fut élevé ^ ainsi que cela est dit au Châp. XIII de V Évangile de Snint Matthieu, cité plus haut, ni même dans sa propre famille, ainsi qu'on le voit dans Saint Jean,|Chàp. YHI, également cité, tandis que cette haute mission aurait dà être