‹ Theologie de la nature (volume 3)Chapitre 37 sur 77 · CHANTAI XV. 9S · texte numérisé non relu

CHANTAI XV. 9S

parfaitemenl coasue d'eux, si sa naissance comme Fils de Dieu avait été réellement annoncée k la Vierge Marie parTÂpge Gabriel, ainsi que le dit Saimt Luc au Ch4p. I, également rapporté pins baut. Enfin , si Tessence divine de Jésus* Christ avait été connue et admise dans sa famille, comment se fit-il en outre que Saint Jean^Daptiste, son cousin (Ghap. I, 36), qui aurait dû connaître cette importante circonstance, aitpu en douter plustard, lorsqu'il envoya de ses disciples k Jésus, pour lui demander si réellement il était le Messie, ou si Ton devait en attendre un autre. Boute d'autant plus singulier que , suivant Saint Luc même (Chap. I, 36), le seul qui ait parlé de l'annonciation faîte par l'Ange Gabriel à la Sainte Vierge , qu'elle était enceinte par l'effet du Saint-Esprit etdonnerait naissance au Sauveur da monde, celle-ci fut de suite chez sa cousine Elisabeth, mère de Saint Jean-Baptiste, lui faire part de cette apparition extraordinaire, avant même d'en avoir parlé k Joseph, son fiancé, qui ne l'apprit que longtemps après dans un simple rêve. Enfin, ce doute de Saint Jean est encore formellement exprimé par Saint Matthieu (Chap. XI), où il dit au Verset 2 : < Or, Jean ayant oui parler danê la prison de ce (jpu Jéme-Chrisi faisait , il envoya deux de ses disciples pour lui dire :

3. « £"5-111 celui qui doit venir y ou devons^nous en atèendre un autre? t^

4. «£( Jésue répondant leur dit : Alhz et rapportesi à Jean les ekoses fwe tottô entendez et que vous voyez : »

5. a Les aveughs recouvrent la vue^ les boiteuw marchent^ . les lépreux sont nettoyés , les sourds entendent , les morts res* wmtent^ et r Évangile est annoncé aux pauvres- »

Cette question de Saint Jean-Baptiste est en entre d'autant plus extraordinaire que, suivant les quatre Évangélistes, lui-même, lors du baptême de Jésus-Christ, le reconnut déj^ comme l'envoyé de Dieu , ayant dit alors {Êmngile de Saint Jean , 1 , 26) : « Pintr moi , je baptise

9G THliOLOGIE DB LA NATURB.

d'eau; mais il y a un homme au milieu âê vous que vous ne connaissez point ».

27. « Cest celui qui vient après moi^ qui m'est préféré^ et je ne suis pas digne de délier la courroie de ses souliers. »

28. <r Ces choses se passèrent à Béthabara^ au delà du Jour* datn, où Jean^Baptiste baptisait. »

29. « Le lendemain, Jean vit Jésus qui venait à {ut, el il dit : Voici V Agneau de Dieu, qui Ole le péché du monde. »

30. « Cest celui dont je disais : Il vient après moi un homme qui m'est préféré ; car il est plm gro/nd que moi. »

31. « Et pour moi, je ne le connaissais pas , mais je suis venu baptiser d'eau, afin qu'il soit manifesté à Israël. »

32. « Jean rendit encore ce témoignage et dit : Jai vu V Esprit descendre du ciel comme une colombe, et il s'est arrêté sur lui. »

33. « Pour moi, je ne le connaissais pas; mais celui qui m'a envoyé baptiser d'eau , m'avait dit : Celui sur qui lu verras l'Esprit descendre et s'arrêter , c'est celui qui baptise du Saint-Esprit. »

34. « Et je l'ai vu , et j*ai rendu témoignage que c'est lui le Fils qui est de Dieu. »

35. < Le lendemain, Jean était encore là avec deux de ses disciples, »

36. < Et voyant Jésus qui marchait, il dit : Voilà V Agneau de Dieu. »

Suivant Saint Matthieu (Chap. IIl), Saint Jean-Baptiste dit au Verset 11 : < Pour moi , je vous baptise d'eau, pour vous porter à la repentance; mais celui qui vient après moi est plus puissant que moi, et je ne suis pas digne de Importer les souliers ; c'est lui qui vous baptise du Saint-Esprit et de feu. »

12. 1 lia son van dans ses mains et il nettoiera parfaitement son aire, et amassera son froment dans le grenier ; muis il brûlera la balle au feu qui ne s'éteint point. >» ' 1â. « Alors Jésus vint de Galilée au Jourdain, vers Jean^ pour être baptisé par lui. »

cHAPrrftt XV. 9?

14. fuMais Jean s'jr opposait ^ disant : Cest mai qui ai besoin d'être baptisé par toi, et tu viens à moi ! »

15. « Et Jésus répondant, lui dit : Ne fy arrête pas pour le présent, car dest ainsi qu'il nous convient d'accomplir tout ce qui est juste. Alors il ne s* y opposa plus, »

18. c( Et quand Jésus eut été baptisé , t7 sortit incontinent de ïeau , et à t instant les deux s'ouvrirent sur lui , et Jean xÂl VEsprit de Dieu descendant comme une colombe et venant sur lui. »

17. « En même temps une voix vint des cieux^ qui dit : Cest ici mon Fils bien-aimé , en qui fai mis toute mon affection. »

Plas tard, au contraire, Jean-Baptiste exprime formellement son doute sur la mission de Jésus, en lui envoyant deux de ses disciples pour lui demander s*il est « celui qui devait venir ^ ou s* ils devaient en attendre un autre?» (Saint Luc , Chap. VIII, 19).

Enfin on ne conçoit pas davantage comment il est possible qu'après toutes ces prétendues preuves de la divinité de Jésus , le peuple entier, témoin de ces faits , tels que la descente du Saint-Esprit, et la voix venue du ciel , qui , bien certainement, n'était pas uniquement adressée ^ Saint Jean- Baptiste, mais k tout le monde, pour que chacun, crût eu Jésus-Christ , comment , dis- je , tout le monde ne se soit pas de suite converti k sa doctrine , et qu'on ait , au contraire, non-seulement douté de sa mission divine, mais qu'on ait encore pu*s'élêver contre lui, jusqu'au point de le faire même mourir d'une mort plus cruelle que celle qu'on faisait subir aux plus grands criminels.

Une autre preuve que Jésus-€hrist n'a jamais cru qu'il était le Fils unique de Dieu dans le sens qu'on attache d'ordinaire au mot fils^ mais simplement que l'Esprit de Dieu était en lui, ressort encore de tous ses enseignements; et cette pensée se trouve formellement exprimée dans divers passages des Évangiles. C'est ainsi qu'on trouve dans Saint m. 7

99 TH^LOGqi os 14 HATURB.

Jean (Chaf. IY) , où cet ÉvaDgéliste parle de l'^tretien que Jésus eut avec la femme samaritaine, et où celle-ci lui dit au Verset 25 : « ..., Je sais que le Messie , c'est-à dire le Christ (1), doit venir; quand il^era venu il nous annoncera toutes choses, »

26. < Jésus lui dit : Je le suis^ moi qui te parle, i^ Chap. V, 36. « Mais moi^ dit Jésus-Christ, fai un té* moignage plus grand que celui de Jean , car les oeuvres que mon Père m'a donné le pouvoir d'accomplir^ ces omvres^là que je fais , rendent ce témoignage de moi , que mon Père m'a envoyé. »

Au Chap. IX, il est dit que Jésus ayant rencontré un aveugle à qui il avait rendu la vue, lui demaqda, Verset 35 : « Crois-tu au Fils de Dieu? ^

36. tf /( répondit : Qui est-il , afin que je croie en lui? »

37. < El Jésus lui dit : Tu l'as du, et c'est lui-même qui te parle. »

Ailleurs Saint Jean dit, Chap. X, que Jésus-Christ enseignant les Juifs , leur dit ;

32. « J'ai fait devant vous plusieurs bonnes œuvres de la part de mon Père; pour laquelle me lapidez^'Vo^s? »

33. (( Les Juifs lui répondirent : Ce n'est point pot^r une bonne œuvre que nous te lapidons , mais c'est à cause de tç^n blasphème , et parce qu'étant homme , tu te fais Dieu. »

34. « Jésus leur répondit ; H'est-il pas écrit dans votre loi : J'ùi dit : Vous êtes des Dieucci? »

35. « Si elle a appelé Dieux ceux à qui la parole de Dieu était adressée , et si l'écriture ne peut être vejetée ; »

36. < Diies-^ous que je blasphème ^ moi que le Pire a sanc'^ tifié et qu'il a envoyé dans le fronde , parce que fai dit : Je suis le Fils de Dieu? »

(1) Ce nom de Christ est ici évidemment interpolé par le traducteur grec; car il est clair que la femme Samaritaine n'a pas employé ces termes Ton bébreu, Tautre grée.

C4APITRS XY. 99

37. f 5i jene fm pa« Ub amvru de mon Pér4 , m me croyez points »

88« « Mais si je les fais , et que vous, ne vouliez pas me croire , croyez^ à wm muvres , afin que vous connaissiez , et que vous croyiez que le Père est en mot, et que je fiuis en lui. »

Il dit ainsi formellement que la loi même des Juifs assimilait aux Dieux les hommes k qui la parole > de Dieu était adressée; mais il ne prélend p^s être pour cala Dieu le Créateur j lui-même , ni son fils unique , mais bien Venvoyé de Dieu , et que , par là , Dieu est eq lui comme lui est en Dieu.

Et aux Yi^rs^ts. 24 frt 35 du même Chapitre , Jésus-Christ dit enfin lui-même formellement qu'il est le Christ , c'està-dire le Messie , VŒnt de Dieu , ou le Béni de Dieu; Versets ainsi conçus :

24. <K Xe$ Juifs s'çtësemblirent çiutour de lui , et lui dirent : Jusquà quand nous tiendras-tu l'esprit en suspens? Si tu es le Christ , dis-le-nous franchement. »

25* « Jésus leux répondit : Je vous Vai dî(, et vous ne le croyez pctë; les omvres que je fais au nom de mon Père rendent témoignage de moi. >

Dans plusieurs autres lieux encore, il exprime également cette même idée qu'il est le Messie , et l'envoyé de Dieu ; surtout au Chap. XYII de l'Ëvaiigile de Saikt Jean, où il dit en parlant de ses- disciples au Verset 21 : € Afinqu^ tous ne soient qu'un , comme toi , ô mon Père ^ tu es en moi , et que je suis en toi; qu'eiuio çLussi soient en nous; et que le monde croie que c'est toi qui m'as envoyé. »

22. « Je leur ai fait part de la gloire que tu m*as donnée^ afin qu'ils soient un , comme nous sommes un, i>

23. « Je suis en eujs, et tu es en moi, afin qu'ils soient perfectionnés dans l'unité , et que le monde connaisse que c'est toi qui m'as envoyé^ et que tu les aimes, comme tu m'as aimé. »

On voit surtout , par cette sublime prière , et spécialement

iOO THEOLOOIE DE LA NATURC.

par les Versets cités , la solidarité dans l'amour que Jésus éta^ blit entre Dieu , lui et ceux qui croiront k sa doctrine , disant que tous ne faisaient qu*un. Et c'est de Ik que Saint Jean a probablement pris en partie l'opinion exprimée dans son premier Chapitre , que Jésus est la parole de Dieu , et que , comme tel , il est Dieu même, et a existé , en conséquence , de toute éternité; principe que les Chrétiens ont ensuite érigé en dogme fondamental de leur croyance.

Jésus-Christ désirant savoir cependant ce qu'on pensait de lui dans le public, le demanda k ses disciples, suivant Saint Matthieu, Chap. XVI, qui rapporte au Verset lîi, que c Jésus étant arrivé dans le territoire de Cisàrée de Philippe , demanda à ses disciples : Qui disent les hommes que je suis , moi le Fils de V homme? »

14. a Et ils lui répondirent : Les uns disent que tu es Jean^ Baptiste; les autres, Êlie, et les autres, lérémia^ ou Tun des prophètes. >

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