‹ Theologie de la nature (volume 3)Chapitre 47 sur 77 · CHAPITRE 3LV · texte numérisé non relu

CHAPITRE 3LV

blime doctrine , les moyens de ne pas tomber dans la tentation; car par qui et de qui les hommes auraient-ils été rachetés? L'Écriture dit tantôt que c'est Dieu qui, k cet effet, a livré son propre fils pour la rémission de leurs péchés (Saint Paul, Épitre aux Romains, C»ap. VIII, 32), et tantôt que c'est Jésus-Christ qui s'est sacriûé lui-même volontairement pour sauver les hommes. Mais dans l'un et dans l'autre cas de qui le genre humain a-t-il été racheté? Nécessairement d'un tiers qui le possédait dans sa déchéance. Or ce tiers n'aurait pu être , par la! conséquence la plus naturelle tirée de ce dogme même, que Satan ; opinion qui constitue un horrible blasphème, supposant que Dieu ait pu ainsi traiter avec le Diable et lui livrer quoi que ce soit comme rançon , voire même son propre fils , ou lui-même. On voit que cela devient par trop absurde , et il est impossible de ne pas arriver à cette conséquence.

Mais ce n'est pas tout encore. De quel péché dit-on que le genre humain a été ainsi racheté , et par conséquent affranchi? L Écriture dit que c'est du péché originel, et cependant la même doctrine enseigne aussi que , nonobstant ce rachat , ce péché continue toujours de peser sur la postérité d'Adam ; contradiction manifeste qui détruit le dogme qu'on a voulu établir par le sacrifice de Jésus-Christ .

Je ferai remarquer en outre que , le genre humain entier n'ayant pas adopté tout de suite , et pas même encore de nos jours, les lois de la morale religieuse de la doctrine du Christ, le sacrifice du Sauveur pour le rachat des hommes n'aurait ainsi pas eu le résultat voulu ; ce qui indique implicitement que ce sacrifice n'a pas été accueilli favorablement , et que le pouvoir du mauvais génie a été plus puissant que celui de Dieu , auquel il a résisté avec avantage : autre absurdité qui ressort forcément de ce dogme.

D'autres fois, Ton dit que Jésus-Christ s'est sacrifié pour la rémission de nos péchés. Ce n'est ainsi plus , comme on voit, un rachat^ une rédemption^ mais une victime offerte en

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