CHAPITRE XV
de l'amour , dii i'e8()ett et de la foi qu*ils dev^lieùt nourrir au fond de leufr cœur pour TÉtre Suprême ; leur montrant par Wk le vraii chemin de la vertu qui conduit k la félicité éternelle au sein de leur Créateur.
Mais son œuvre fût restée imparfaite s'il s'était borné exclaMvëment k des prédications. Les préceptes de là tertU , quelque sublimes* qu'ils soient dans l'exposé qu'on eii fait, paraissent trop difficiles et méine impossibles quand il â'agit de les mettre en pratique et d'y pe^sévéref ; aussi Jésus- Christ a-t-il compris que pour affermir les bomines dans èette nouvelle ^oie de salut qu'il leur a ouverte, il devait le premier leur donner l'exemple de la foi inébranlable qu'ils devaient avoir dans la bonté, la toute-puissance et la miséricorde divines ; foi qui commande l'attiou^ le plus pur et le dévouement le plus absolu envers TÉtre Suprême; çt c'èsi en se dévouant volontairement k la mort qu'il a ainsi scellé de son ^ang le pacte de la nouvelle alliance qu'il a forme en Dieu avec ses disciples. C'est également dans ce sens qu'il faut comprendre pourquoi il a annoncé k ses Apôtres qu'eux aussi devaient s'attendre k souffrir comme lui les persécutions les plus cruelles pour la félicité éternelle d'eux et de leurs frères, et qu'il les exhorta k rester fidèles k la doctrine de sou Évangile. Engagement qu'ail a solennellement établi le dernier jour de sa vie par l'institution de la Sainte Cène, en faisant allusion au sacrifice ^u'il allait faire de sa vie pour consacrer leui^ foi , ainsi que celle de tous ceux qui suivront sa doctrine. Cérémonie rapportée dans les termes suivants par Saint Matthieu , au Chap. XXVI , Verset 26 : < Et comme ils mangeaient ^ Jésus prit du pain^ et agant fendu grâces , il le tompit et le donna à ses disciples et dit : Prenez y mangez, ceci est mon corps. »
27. « Ayant aussi pris la coupe et rendu grâces, il la leur donna j disant : Buvez-en tous; »
!28. « Car ceci est mon sang, le sang de la nouvelle alliance, lequel est répandu pour plusieurs ^ en rémission des péchés, »
Et suivant Saint Luc, au Ghap. XXII, Verset 19, Jésus- Christ ajouta : « Faites ceci en mémoire de moi. »
C'est dans ta même signification du sacrifice que Jésus- Christ a fait de sa vie pour le bonheur des hommes qu'il faut comprendre tous les passages des Évangiles où il parie des. sacrifices que chacun doit être disposé a faire de toute espèce de biens terrestres , pour .obtenir la félicité de la vie éternelle. C'est ainsi qu'il dit , Saint Matthieu , Chap. V, 29 : « Que si ton œil droit le fait tomber dans le péché, arrache-le^ et jette-le loin de toi; car il'caut mieux pour toi qu^un de tes membres périsse, que si tout ton corps était jeté dans la géhenne. »
30. <K Et si ta main droite le fait tomber dans le péché , coupe-la^ et jette-la loin de toi ; car il vaut mieux pour toi qu*un de tes membres périsse , que si tout ton corps était jeté dans la géhenne. »
On n'a pas compris non plus que , par le dogme de la trinité, l'acte sublime du sacrifice de Jésus-Christ, qui s'est voué à la mort pour apprendre aux hommes jusqu'où devait aller leur foi et leur amour pour leur Créateur, perd entièrement sa valeur morale, Dieu ne pouvant ni souffrir ni mourir, et qu'en demandant par cet exemple aux' hommes de l'imiter, on leur demande plus qu'il n'a fait lui-même : sa prétendue souffrance et sa mort n'auraient été que de simples simulacres ; Dieu, d'ailleurs , est inimitable.
Ce même dogme de la divinité de Jésus-Christ a en outre, ainsi que je Tai déjà dit, ceci de malheureux , qu'il porte les hommes à excuser eux-mêmes leurs faiblesses , en se disant que son admirable vertu n'était possible qu'à lui , qui était Dieu, mçis impossible a tout Être humain. D'où l'on tire la funeste conséquence qu'il est permis de ne pas l'imiter et de se permettre une foule de fautes , qu'on excuse au moyen des mêmes arguments , en disant que la chair est faible.