‹ Theologie de la nature (volume 3)Chapitre 70 sur 77 · III · texte numérisé non relu

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942 THSOLOCIt DS LA NATURE.

Note N« VI. Capillarité.

On appelle capillarité la propriété qu'ont la plupart des corps de faire monter les liquides au-dessus de leur niveau , en y plongeant par une de leurs extrémités , efitet dû à Tattraction et k la cohésion que ces corps exercent par leur surface sur ce liquide ; c'est-à-dire que la partie du corps qui est immédiatement au-dessus de la surface de ce dernier, attirant celui-ci , le fait monter plus haut en se rattachant, et cela jusqu'au point où le poids de cette eau , ainsi soulevée , fait exactement équilibre à la force de traction que le corps exerce sur elle. C'est cet effet qu'on peut voit* dafls un verre en partie rempli d'un liquide qui lé mouille , où ce dernier se relève sur les bords contre les parois dû vase On conçoit ensuite que si le corps solide est divisé en un grand nombre de filaments capillaires très-rapprochés comméle sont Ifes poils d'un pmceau, les intervalles étant très-fins, le liquide (Jiii y pénètre étant en fort petite quantité dans chacun , peut y monter fort haut avant que la colonne qu'il forme dans chaque petit espace soit assez pesante pour faire équilibre à l'attraction des filaments solides ; et son élévation est produite, en outre, par l'attraction que le liquide déjà Soulevé exerce sur la partie placée au-dessous, d'où résulte qtle plus les surfaces des parois du corps solide sdilt étendues , ' plus cette attraction est forte et arrive a son extrême linlite lorsque les intervalles forment les tubes capillaires les plus fins.

L'effet contraire a lieu lorsque les parois du corps feolide exercent sur le liquide une attraction plus faible que celle que les molécules de ces derniers ont entre elles : alors celui-ci ne s'attache pas à ces parois et ne les mouille pas; c'est ce qui a lieu de la part du mercure a l'égard du verre, par exemple ^ ici le liquide ayant une très-forte attraction pour lui-même , s'élève plus fortement dans Taxe du tube

KOTt Vil. il3

qtie sur les bordft , comme on peut s*eD convaidere dans les Baromètres:

Note N** VII. Classification des Êtres organisés.

L'un des grands buts que se proposent les Naturalistes est de découvrir le plan d*après lequel Dieu a créé les Animaux et les Plantes , afin de le suivre dans les ouvrages qu'ils publient sur les sciences naturelles en classant les espèces d'après ce système seul réellement naturel. Or comme les recherches que cette partie de Thistoire naturelle exige demandent une étude fort longue , puisqu*il 8*agit de classer plusieurs centaines de mille espèces aujourd'hui connues , ce travail devient, comme on peut bien le penser^ extrêmement difficile et surtout fort long.

Oo conçoit que dans le commencement , alors qu'on ne connaissait encore qu'un petit nombre de ces espèces , il était réellement impossible de parvenir h établir cette classification , un grand nombre des objets qui devaient y entrer étant encore inconnus, et que plus tard , après qu'on eut connu des espèces de la plupart des subdivisions des deux Règnes organiques, la difficulté était de pouvoir les embrasser toutes pour se faire une idée de Tensemble. De ces diverses conditions dans lesquelles on s'est trouvé successivement à l'égard de la connaissance des Êtres organisés , ont dû nécessairement résulter diverses phases que cette science a dû parcourir pour arriver k la fin k sa perfection, qu'elle est d'ailleurs encore loin d'avoir atteinte.

II est vrai que certaines gfandes divisions des Êtres organisés sont tellement naturelles et si bien tranchées , que tout le monde, méùie les hommes les moins capables de se former une idée d'une classification scientifique, les ont reconnues; et cela est si vrai que, dans toutes les langues, même dans celles des peuples sauvages , ces grandes divi-

sioDs Dût des noms par lesquels on les désigne. C'est ainsi que partout nousirouvons les noms de Plante, à* Animal, à' Oiseau, de Poisson, d'Insecte, de Ver , etc., sauf d'assez nombreuses erreurs provenant précisément des idées peu rigoureuses qu'on se faisait de la valeur de ces différents termes.

Quant aux diverses espèces qui constituent ces prenaiers grands groupes, il est naturel qu'elles n'ont dû recevoir de nom qu'autant que cela était nécessaire pour Tintérét que ces objets pouvaient avoir pour les hommes; d'où est résulté qu'un certain nombre seulement ont reçu des noms spéciaux , les autres ayant collectivement restés sous celui de la grande division k laquelle elles appartiennent : mais c'était déjà la un véritable commencement de classification.

Plus tard , quand des hommes qu'on doit déjà désigner sous le litre de Naturalistes ont porté plus particulièrement leur attention sur les divers Êtres vivants qui peuplent le monde, ces savants ont nécessairement reconnu des subdivisions moins tranchées , mais du reste bien réelles , auxquelles ils ont imposé des noms, afin de les désigner par lii; et c'est ainsi que la science s'est progressivement compliquée, et bientôt à tel point qu'il devait en résulter delà confusion.

Les premiers savants qui écrivirent sur les Êtres organisés ne s'occupèrent que des espèces utiles, ou du moins intéressantes, sous quelque rapport que ce fût, sans avoir eu égard k l'analogie qui pouvait exister entre elles ; s'attachant principalement à faire connaître ce que chacune pouvait avoir de remarquable, abstraction faite de toute autre considération. C'est-à-dire qu'ils se sont plus spécialement occupés de ce qu'on appelle encore aujourd'hui dans un sens restreint Y Histoire naturelle proprement dite, sans s'occuper, autrement que d'une manière secondaire, di^ la classification de ces divers objets, et moins encore de leur structure. Or cette seconde phase de la science dura

NOTE VII. â4o

jusqu'au siècle dernier, où écrivirent Buffon, Réaumur, de Géen , Tremblât , Bonnet , et un grand nombre d'autres encore, qui tous s'occupèrent plus particulièrement des mœurs des animaux.

A celte époque , et même déjà avant, on reconnut, vu le grand nombre d'espèces qu'on avait à étudier , qu'il était de la plus grande importance de trouver des moyens de classer convenablement les Êtres organisés , afin de pouvoir, d'une part, en simplifier les descriptions et par conséquent l'étude, en indiquant pour des groupes entiers tout ce qui est commun aux espèces qui les composent; et, d'autre part , pour mettre un certain ordre entre tous ces objets , afin de pouvoir facilement trouver leur description dans les ouvrages qui en traitent ; ou bien encore , pour les trouver dans les collections qu'on en faisait. C'est ainsi qu'on forma d'abord, k cette troisième grande époque de la science, des Jardins botaniques où Ton cultiva les plantes rapprochées suivant leur analogie , afin de mieux reconnaître leurs rapports et leurs diflérences, qu'on forma des herbiers^ disposés suivant les mêmes principes, et qu'on publia en même temps divers ouvrages explicatifs de ces classifications.

La structure intime des Êtres organisés étant toutefois encore très-peu connue et fort longue kéludier, il était absolument impossible qu'on la prit pour base de ces systèmes de classification , ainsi que cela aurait dû être , pour que les arrangements qu'on voulait établir fussent réellement naturels ; et Ton se vit forcé de se contenter de rapprocher simplement les espèces d'après des caractères distinctifs visibles à l'extérieur ; mais on conçoit que par cela même il devait se glisser de très-graves erreurs dans ces diverses méthodes de classification , ces signes extérieurs étant sonvent beaucoup nK)ins essentiels que les caractères fondés sur la composition intérieure du corps , dont dépendent plus particulièrement les facultés fondamentales de chaque espèce; et c'est la nécessité de porter cette vive lumière

dans l'étude des sciences naturelles, qui engagea les savants k s'occuper plus sérieusement de Tétude de l'Anatomie et de la Physiologie; sciences qui seules pouvaient fournir les véritables principes sur lesquels devait reposer Thistoire naturelle ; et c'est l*époque de cette étude approfondie de la structure des êtres vivants , époque actuelle , qui constitue la quatrième phase que cette science parcourt.

Le corps des végétaux ne se composant guère que d'un tissu fort simple, presque partout le même, sans fonctions localisées intérieurement dans quelque appareil que ce soit, et ne présentant qu'extérieurement un petit nombre d'organes isolés spéciaux , dont la plupart servent à la fonction de la génération , il était moins nécessaire , pour Tétude de la Botanique , de connaître la structure intime des végétaux , afin de la faire servir de base à la classification des espèces , presque toutes les données de cette classification se trouvant ainsi à l'extérieur. Aussi l'étude de l'Anatomie e\, de la Physiologie des Plantes n'a-t-elle guère été cultivée que depuis peu d'années, et se trouve-t-elle encore de nos jours bien arriérée.

Quant à la classification des espèces, elle put faire d'assez rapides progrès, par cela même que presque tous les caractères sur lesquels elle peut être fondée étaient visibles a l'exrieur. Aussi cette partie de la Botanique a-t-eile été cultivée avec succès , avant qu'on ne s'occupât sérieusement de la classification des Animaux.

En effet , déjà Gaspard Bauhin , et après lui Tourne- FOBT , et enfin LiNNiSus et Jussieu , se sont essentiellement occupés de méthodes de classification , mais en se fondant malheureusement toujours sur des caractères fondamentaux choisis à priori ; d'où ne purent résulter que de simples méthodes artificielles de classification.

Pour ce qui est de la zoologie, il est naturel que les premiers classificateurs , parmi lesquels s'est surtout distingué LiNNiECs , qu'on considère avec raison comme le véritable

fondateur de la science , n'ont également pa employer que des caractères extérieurs; aussi, s'aperceyant bientôt que ces données étaient insuffisantes , les successeurs de Lut-* Njscs et de Bcffon s'attachèrent*ils à chercher les véritables principes de cette science dans Tétude de T Anatomie et de la Physiologie des Animaux , qai seule pouvait les faire connaître. C'est ainsi que Dàubenton, le collaborateur de BuFFON, et Blumenbagh, l'élève de l'illustre LiNNiEus, s'attachèrent les premiers à Tétude de ces deux sciences pour en faire la base de la Zoologie ; étude que notre célèbre CuviER a ensuite portée a un très-haut degré de per-? fection dans ses Leçons d'Ànatomie comparée; ouvrage qui a formé, depuis 1803 qu'il fut publié, la base fondamentale, non-seulement de tous les ouvrages d'anatomie et de physiologie comparatives qui ont paru depuis , mais aussi celle de tous les traités de zoologie proprement dite , qui traitent de la classification des animaux. C'est aussi k Blumenbagh et k Cuvier , qui écrivit bientôt après lui , que nous devons les premiers traités de classification des Animaux d'après leur organisation , le premier en publiant son Manuei de zoologie en 1779 , et le second, d'abord son Ta* pleau élémentaire d'histoire naturelle des Animaux, en 1798, et ensuite son Règne animal distribua d après son organisa* tion^ en 1829; ouvrage qui a depuis servi de base k tons ceux qui ont paru partout sur cette science.

Les feuilles et les ^eurs formant les seuls organes spéciaux des Plantes, Tournefort classa les végétaux d'abord en deux grandes divisions, comprenant, la première, les Arbres et les Arbrisseaux, et la seconde les Sous-Arbrisseaux et les Plantes ; et chacune de celles-ci en plusieurs classes , suivant la forme des fleurs.

LiNNiËUs, qui vient peu après lui, comprit bien qu'il existait une classification naturelle d'après laquelle tous les Ëtrei. ont été créés , mais il lui fut impossible , faute de connaissances suffisantes des nombreuses espèces des deux

Règnes qu'il avait également étudiées , d*en reconnaître les véritables principes d'après l'organisation ; mais , par l'effet de son génie, il les devina en quelque sorte, et approcha si près de la classification naturelle qu'encore aujourd'hui son systema naturœ j quoique renfermant diverseis erreurs, constitue la base fondamentale de la Botanique et de la Zoologie. C'est lui qui créa la nomenclature et le style en histoire naturelle, imposant a chaque espèce deux noms, l'un plus particulièrement substantif, formant son Nom générique, et le second adjectif, indiquant Y Espèce , constituant le Nom spécifique. Cet illustre savant s'éeartant , quant k la classification, sensiblement de la méthode de Tournefort, n'ayant eu h juste raison aucun égard a la grandeur des végétaux, mais principalement k leurs fleurs , et plus spécialement aux étamincs, qu'il crut être les parties les plus essentielles, divisa de là toutes les plantes en vingt-quatre classes, dont les vingt premières k fleurs hermaphrodites, se distinguent d'après le nombre et la disposition des étamines. Les dix premières , formées d'après le nombre de ces organes de longueur égale, reçoivent les noms de Monandrie, Diandrie , Triandrie , Tétrandrie , Pentandrie , Hexandrie , Heptandrie, Octandrie, Ennéandrie et Décandrie; la onzième, ou Dodécandrie j a douze étamines; la suivante, ou Icosan^ drie, en a vingt au plus, et la treizième, ou Polyandrie^ un plus grand nombre encore indéterminé.

La quatorzième classe , ou la Didynamie , a quatre étamines, dont deux longues et deux courtes; la quinzième, ou Tétradynamie ^ a six étamines, dont quatre longues. Dans la seizième , ou Monadelphie , toutes les étamines sont réunies k leur base.

Dans la Diadelphie^ elles sont réunies k leur base en deux paquets, et dans la Polyadelphie^ elles sont réunies k la base en diverses autres masses.

La Syngénésie a au contraire ses étamines réunies par les anthères.

Dans la Gynandrie, les étamines sont implantées sur le pistil.

Dans la viûgt et unième classe, ou la Uonoède, il y a encore hermaphrodisme dans les plantes , mais les étamines et les pistils sont séparés dans des fleurs différentes.

Dans la vingt-deuxième, ou Dioécie , il n'y a plus hermaphrodisme , les deux sexes étant séparés sur des individus différents.

Dans la Polygamie , le même sujet porte k la fois des fleurs k sexes séparés et des fleurs hermaphrodites.

Enfin la dernière classe, ou la Cryptogamie ^ renferme toutes les plantes dont les fleurs sont cachées, ou Su moins peu apparentes.

Cette classifl^cation est sans doute très-facile à comprendre et k appliquer, mais elle n'est pas naturelle, rompant plusieurs familles et séparant même des genres du reste fort analogues par leurs espèces.

Quant k la méthode de Jussieu , dont les principes fondamentaux ont déjà été indiqués par Linnseus, elle n'est guère plus naturelle. Elle divise toutes les plantes d'abord en trois grands Embranchements, suivant la composition de leurs semences. Le premier, ou les Acotylédons , a des semences sans cotylédons. Dans celles du second, on Monocotylédons , il n'y en a qu'un, et dans le troisième, ou les Dicotylédonsy il y en a deux. Or il existe beaucoup de plantes, telles que les arbres résineux, qui en ont un plus grand nombre.

Ces trois premières grandes divisions du Règne végétal sont ensuite subdivisées en quinze classes.

La première, comprenant tous les Acotylédons, renferme cependant des plantes tellement différentes qu'il n'existe pas la plus légère ressemblance entre elles : telles sont les Champignons^ les Lichens et les JFougères,

Les Monocotylédons se divisent en trois classes , suivant que les étamines sont insérées sous le pistil, autour du pistil

SBO THBOLOGIl DB LA NATURK.

et sar le pistil ; dispositions indiquées par les mots de kypogyne , périgyne et épigyne.

Les Dicotylédons forment dix classes , dont les trois premières ont des fleurs dépourvues de pétales, et sont du reste èpigynes, périgynes ou hypogynes.

Quatre classes ont des fleurs k un seul pétale, dont tes corolles sont Aypogfy nés, p^^ngyn^^ ou épigynesjces dernières distinguées ensuite en celles où les Anthères sont adhérentes ou séparées.

Trois classes ont leurs fleurs polypétales avec des étamines épigyne$, hypogynes ou pirigyms.

Enfin la dernière classe , dite Dieline irréguliérey est k fleurs non hermaphrodites.

Je n'entrerai pas dans d'autres détails sur la classification des Plantes; je renvoie pour cela aux ouvrages spéciaux, et entre autres à celui de Bernard de Jussieu , publié après sa mort par son neveu Antoine de Jussieu, qu'en a voulu dans ces derniers tecpps faire passer pour le véritable auteur de eet ouvrage ; tandis que soi) dnde Bernard avait déjk fait l'application de cette classification au jardin de Trianea avant 1777, année de sa mort.

Le Règne animal est divisé d'abord en quatre grands Embranchements t cen% des Adumaok vertébrés, des Animaux ▲RTiquLÉs, des Moili.usquss et des Zoophttes.

Ai!U||Ai3X Vertébrés, Us sont caractérisés par un corps divisé en deux parties latérales égales soutenues par upe cha^ pente intérieure osseuse ou squelette; celui-ci est divisé eà un grand nombre de pièces articulj&es entre elles ^ et aj^ant pour partie centrale une série de pièces courtes impaires, nommées Vertèbres, formant une colopne placée le Ipng de la ligne Riédiane dor$ale. Le tronc du système nerveux ou Moelle épinière placée également le long du dos traversant la colonne vertébrale. Jamais plus de deux paires de membres locomoteurs. Sang r^iige circulant dans deuK systèmes 4e yaiase^ux, dQQt l'un s^ntrifuge ou artériel, et l'autre

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