III
999 THSOLOGip DE U HATURB.
çpmppsitioo d^ rœba^ secondaires qui se sent formées dejWiiS, oidanseelle da corps des Êtres vivants.
Les montagnes primitives ayant le plus souvent été fort escarpées , les eaux torrentielles qui vinrent plus tard k couler le long de leurs flancs les ont en partie désagrégées à leurs surfaces ) et en ont entraîné les débris dans les basfonds que ces particules sont venues combler plus ou moins en s'y déposant également par coucbes horizontales le long des pentes obliques des montagnes primitives, en y formant, avec le temps, des roches secondaires ainsi dues k l'action des eaux.
D'autres cataclysmes arrivés plus tard et k des époques plus ou moins éloignées , ayant, ainsi qu'on le constate par l'observation , également soulevé et bouleversé , dans un grand nombre de lieux, les couches secondaires; celles-ci ont également pris par là diverses inclinaisons en se brisant les unes sur les autres, en faisant des saillies plus ou moins élevées k la surface des eaux sous le niveau desquelles elles fièrent d'abord déposées. C'est ainsi qu'on explique parfaitement comment il se fait que des débris d'un grand nombre d'animaux et de plantes qui avaient été déposés sous les ^aux j, lorsque ces couches secondaires furent formées , se prouvent aujourd'hui plus ou moins élevés sur les niontagnes, sans qu'il soit nécessaire d'admettre, qu'k l'époque pu ces Êtres out existé k Tétat vivant , les mers se sont élevées jusqu'aux régions où ces débris se trouvent. Le fait ëe leur soulèvement est d'ailleurs prouvé par leur déposition. En effet, tout corps qui par son poids tombe ap fond de l'eau s'y dépose généralement dans une direction horizontale, et par conséquent parallèlement k la surface de la couche qui le renferme; or ces débris fossiles affectent cette dispo- §ition k l'égard de ces dernières.
A l'époque où la surface de ^ terre arriva k un degré de température qui permit aux Êtres vivants de pouvoir y exister, Dieu put créer les diverses espèces capables de
lioTv xmi. $91
yippoiter Iç9 çba4çurf 1^ plus grandeis; et ce s^nt eelles-l^ qui OBt naturellemeBl constitué les espèces de la première création , créations dont pii croit reconnaître jusqu'à six qui eurent successivemept lieu jusqu'à notre époque, et indiquées d'une part, p.ir la superposition des couches , et de Tautre par la différence des espèces des Êtres organisés qu'on y rencontre, lesquelles varient plus ou moins notablenaent suivant ces grandes époques de formation. (Yoyes à ce sujet le CQur$ de géologie de M. âlcide d'Orbignt , et surtout les tableaux joints à cet ouvrage.)
Aucun animal connu ne pouvant se nourrir exclusivement de substances minérales, tandis que cela est possible à de nombreux végétaux , il est hors de doute qite les premiers Êtres vivants qui furent créés ont dû appartenir au règne végétal ; et en effet , la houille , qui appartient aux terrains secondaires les plus anciens . est considérée par les géologues comme due à d'immenses dépôts de débris de plantes, dans lesquelles on trouve toutefois aussi souvent des fossiles animaux.
Quant aux espèces animales, elles ont pu facilement être créées au fond de l'eau bientôt après les premières plantes dont elles ont dû se nourrir ; mais cela ne put guère avoir étié ainsi pour les espèces terrestres. En effet, dans les premiei^ temps du monde , alors que la surface de la terre venait de descendre à un degré de température qui permettait aqx êtres vivants d'y exister, Tatmosphère a dû élre chargée d'une quantité considérable d'acide carbonique, qui n'avait pas encore pu entrer dans la composition de diverses substances minérales qu'il constitue en partie , ni dans celle des corps des nombreux végétaux et animaux qui plus tard ont peuplé la terre ; et cela dautant moins que ce gaz, le plus lourd de tous, a dû, par Teffet de sa pesanteur spéciGque, recouvrir avec une grande intensité immédiatement la surface du globe; état de l'atmosphère dans lequel la plupart des animaux, surtout ceux des classes supérieures, n'ont pas pu
2Ôi THÉOU)(*rK Ï)K LA •)<ATLRK.
vivre ; tandis qu*il convenait beaucoup mieux aux végétaul qui y trouvèrent en abondance le carbone, l'un des principaux composants qui constitue leur corps.
Par Teffet des grands cataclysmes qui ont plusieurs fois bouleversé la surface du globe , après qu'elle avait déjà été consolidée parle refroidissement, les chaînes de montagnes qu'ils ont soulevées ont dû former au-dessus du niveau des premières mers , des saillies d'une hauteur bien plus considérable que n'offrent celles existantes de nos jours, mais que les eaux pluviales et les torrents qui coulaient le long de leurs flancs ont successivement abaissées en leur enlevant constamment des parties qu'ils entraînaient vers les bas-fonds qu'ils remplirent. Ces dépôts d'alluvions formèrent ce qu'on nomme aujourd'hui les Terrains tertiaires, constituant en grande partie les terres plus ou moins meubles de la surface du globe; dépôts qui eux-mêmes d'abord formés sous les eaux en couches horizontales , ont été souvent soulevés par de nouveaux cataclysmes dont les derniers ont enfin donné aux continents la forme qu'ils offrent de nos jours.
L'observation des faits géologiques tels que l'état du globe permet de les reconnaître aujourd'hui , nous montre ainsi que notre planète a été dans l'origine en un état complet de fusion ignée; que plus tard sa surface s'étant consolidée s'est trouvée recouverte d'une croûte solide constituant ce qu'oa nomme les terrains primitifs; que ceux-ci ayant été diversement soulevés, ont formé d'immenses chaînes de montagnes, sur les flancs desquelles sont venus se déposer en partie des terrains secondaires venus de l'extérieur en recouvrant la surface du globe, et qu'enGn il s'est formé au-dessus de ceux-ci encore des terrains tertiaires dus a de simples alluvions; terrains qui se sont ainsi formés , les uns par l'effet de grands bouleversements qu'a éprouvés la surface du globe , et d'autres par des causes lentes agissant continuellement , telle que celle de l'érosion par les cours d'eau ; de manière que tout cet ensemble forme une seule
NOTE XVUI. 193
grande période , depuis Tétat de fusion de notre planète jusqu'à nos jours , mais divisée en plusieurs périodes secon-' daires , où se sont formés les terrains secondaires ; et enfin celles-ci sont encore divisées en périodes d*un troisième ordre, dont Tétat actuel du globe est la dernière. Mais est-il bien certain que depuis que le monde existe il n'y a eu qu'une seule de ces grandes époques? Cela ne me parait pasprobable, car il faudrait admettre qu'elle a commencé déjk alors qu'il a plu au Créateur de tirer l'univers du néant; temps qui équivaut pour nousk Téternité. Il est au contraire beaucoup plus rationnel d'admettre que ces grandes époques de l'existence de la terre, où elle a chaque fois passé par l'état de fusion ignée, se sont fort souvent renouvelées par des causes que nous ne pouvons pas connaître ; époque où toute structure disparait, et où tout recommence chaque fois par une série de nouvelles créations.
Je viens de dire que l'époque à laquelle il a plu au Tout- Puissant de tirer le monde du néant équivalait pour nous à l'éternité ; mais ce temps si considérable peut-il même être admis? Je ne le pense pas , cette époque telle éloignée qu'on pourrait la supposer, n'étant qu'un instant comparablement à la véritable éternité. En effet, si dans l'origine Dieu a créé notre planète à l'état de fusion ignée, toutes les parties volatiles telles que le soufre ont dès lors dû commencer k s'en échapper, et comme il s'en dégage encore de nos jours, le temps où cette évaporation a commencé ne doit pas être si éloigné de nous , quand même il y aurait eu plusieurs fusions successives; les gaz une fois dégagés ne pouvant plus y rentrer, les forces qui les chassent de la masse fondue les empêchant d'y rentrer. Il suit de h qu'on doit encore admettre des périodes de quatrième ordre, c'cst-k-dire celles réellement primitives, où chaque fois le monde entier retourne k Fétat chaotique, où tous ses éléments se séparent pour se réunir après , soit dans la même forme , soit dans diverses autres , chacune commençant probablement par l'étatde fusion ignée.
til THiOLOCfÊ hE LK NATURE.
Note d** XIX. Génération spontanée.
Les premiers savants qiii ont admis la possibilité de la génération spontanée des Êtres vivants, ont pensé que même une foule d'espèces fort grandes, mais dont l'économie n'était alors pas connue, naissaient ainsi d'elles-mêines ; et ils le crurent par cela (jue ceà Êtres étant considérés comme vils, on ne cherchait pas h savoir comment ils étaietit produits. Les voyant Souvent paraître tout h coup en très-graûd nombre à certaines époques , dâtis des lieut où Ton n'en trouvait d'orditiairé pas âvatit , on a tout sihipleinent pensé qu'ils s'y formaient d'euî-mêines. C'est ainsi que beaucoup d'espèces, habitant cohimtiflément dans llsâ marais, furent considérées comme y prenant naissance par des causes fortuites, alor^ que l'eau venant à y détremper le soi, y produisait une fermentation qui les engendrait en nombres plus (M moins considérables; tandis qu'il n'y en existait aucun quand ces marais étaient desséchés.
C'est également ainsi qu'on croyait d'une manière fort gratuite qu'une foule d'insecteà , et surtout la vermine qui dans certaines circonstances cotivre le corps de l'homme et des animaux, étaient efigendrh p2LT des causes sitnplement fortuites, telles que plusieurs maladies j et surtout parla malpropreté.
Tant qu'on n'a pas cherché k faire servir cette hypothèse de base i( des théorie.^ entières sur l'origine des Êtres vivants en général, pourtâcherd'expliquercomment tous et l'homme lui-même ont pu prendre leur origine , cette erreur de la génération spontanée ne méritait pas la peine qu'on cherchât a la faire disparaître; mais quand on en a fait le principe de divers systèmes philosophiques, il a été nécessaire dé détruire ^ette bdsé erronée de la théorie de la génération des Êtres; et c'èi^t le ptcffê^seur Si^allâNzâi»! qui $'en est
èhargé en démontrant , par une série d'expériences parfaitement bien conduites, qui ne laissent aucun doute, que idUi les Êtres tivanls , jusquaux derniers animalcules , doivent , sans exception , leUr existence à dès individus semblables à ceux qui les engendrent.
Les spontanéistés , chassés d'abord de retranchement êfi retranchement, se réfugièrent à la fin dans la classe des ahiïiiaux infusoirts, d*où ils ci-urent que, vu l'extrême petitesse de ces animalcules, 11 serait impossible de les en débusquer; soutenant qu'au moins Ih, la génération spontanée existait; mais Ik aus^i ils ne putetit tenit* contre les preuves que leur opposa Spallafazatii , qui fit Vdir (1) que bien que certaines esi^èces {)érissetit dès qu'otij élèVe k H5ôu k 45 degrés (Réaumur) la température de Teau dans laquelle elles viveilt, leurs ô^ufs toutefois peu Veht éprouver la chaleur de Teau bouillante, et cela même pendant une demi-heure pour certaines espècéâ, SîBS perdre là faculté dé se développer; tsliidis qu'en maintenant là chaleur de rébullitiou pendant trois quarts d'heure^ tolite fsleulté germittatrice cesse. C'est-h-dire qu'en soumettàut les diver^e^ infUl^iôUd pendant ce temps k cette haUte têtUpératUre ^ il né à'i/ produit plus jafhais aucun ani- Mltule ^ pas mêUië les plhd petits (Monades] , que Spâllahzani riomme cëUi dé troisième ordre. (Voyez la note
Note n° âO. Grandeur absolue des animaux.
Il semble au premier aperçu que tout étant possible k Dieu, il a; rait pu créer dans toutes les classes d'animaux des es|ii ces de grandeur quelconque ; mais il n'en est pas ainsi : TÊtre Suprême, ayant soumis la matière à des lois qui régi^'sent ses propriétés , il a lui-même limité par là sa pos^i-
(1) Opuscule He Physiqrie à4iiMté et m^gëtàUy Ghap. II et III. 1776.
396 THlfOiOGIE OB LA NATURE.
bilitë de créer ; et il ne put en outre rien produire qui fùl contraire aux lois d'axiomes , telle que celle que la partie est moindre que le tout; loi qui trouve surtout son application dans la question qui nous occupe ici. En effet, par une conséquence de cette dernière loi , le poids des corps de même nature augmente en raison du cube de Tune de leurs dimensions; tandis que par une conséquence de la loi de gravitation, la force de soutien d'un corps, et spécialement d'une colonne, n'augmente qu'en raison du carré du diamètre horizontal, vu que chaque molécule de la substance de la colonne ne pouvant porter au plus , partout que le même poids, la force de soutien de la colonne est en raison du nombre de ces molécules qui constitue chaque couche horizontale, nombre proportionnel k Taire de la section horizontale de la colonne, et en conséquence proportionnel au carré du diamètre.
Si l'on applique ces principes au corps des animaux terrestres, à celui des mammifères élevés sur quatre membres en forme de colonnes , on trouve en conséquence que dans deux espèces de même organisation, mais dont la taille serait seule différente, la force de soutien des os des membres serait en raison du carré du diamètre transversal des os au point où ceux-ci sont le plus minces; tandis que le poids du corps serait en raison du cube de cette même dimension. Appliquant cette loi k des espèces connues , on trouve que Y Éléphant , cet animal qui parait si lourd et si massif sur ses membres, est au contraire, quanta ceux-ci, bien plus grêle que la Gazelle la plus fine. En effet, de tous les mammifères que je connaisse , le Guib (Antilope Scripta) est l'espèce la plus fine sur jambes. Sa hauteur au garrot est de 64 centimètres , et l'os du canon du membre antérieur n'a que 1 centimètre carré de grosseur k Tendroit le plus faible. S'il existait un animal en tout semblable, mais de la taille d'unÉléphant, qui aurait quatre fois et demi cette hauteur, ou S'^nSS, celte espèce pèserait en conséquence plus de 90 fois autant
que le Guib (91,125, cube àe 4,5). Or, chez un Éléphant de cette grandeur, l'ensemble des deux os de l'avant-bras, n*a à Fendroit le plus mince que 61 centimètres carrés de grosseur ; c'est-à-dire que la force de soutien du membre n'est que soixante et une fois aussi grande que dans le Guib, tandis que dans une Gazelle de même hauteur elle devrait avoir plus de quatre-vingt-dix fois cette puissance. Ge qui prouve que l'Eléphant est, vu sa hauteur, beaucoup plus grêle sur jambes que le Guib, qui nous parait si fin. Si l'on considère avec cela que l'Éléphant étant proportionnellement beaucoup plus trapu dans son corps que ce dernier animal , son poids absolu doit être bien plus grand que serait celui d'un Guib de même hauteur, d'où il résulte en outre que la force de soutien de ses membres est considérablement plus faible que dans l'Antilope le plus léger.
Supposons maintenant que les Éléphants tels que nous les connaissons ayant trois mètres de hauteur , soient en raison de leur taille, les mammifères les plus grêles sur jambes qui puissent exister, et qu'il ait plu à l'Être Suprême d'en créer de bien plus grands encore , de douze mètres par exemple , cette espèce eût en conséquence eu un poids soixante-quatre fois aussi grand que celui des espèces vivantes, tandis que la force de soutien des membres n'eût été, sous la même forme que seize fois aussi puissante ; d'où le Créateur eût été obligé de quadrupler cette force dans la grande espèce , afin que les os des membres ne se brisassent pas sous le poids du corps; c'est- a-dire que les os des avant-bras auraient dû avoir, non pas 976 centioaètres carrés (61 xl6), pour rester dans les mêmes proportions, mais au moins 3,924 centimètres carrés (61 x64).
On trouve là la raison pourquoi il n'existe pas de mammifères terrestres d'une très-grande taille , tandis qu'il y en a d'aquatiques, animaux dont le corps partout soutenu par l'eau, est en outre, par son poids spécifique, à peu près en équilibre avec ce liquide ambiant, ce qui empêche ce der-
208 THliOLOGlS DB LA NATURE.
nier de s'affaisser sur lui-même, et facilite considérablëméiit les mouvements dans la natation.
On peut prouver par une démonstration semblable qu'il n'a jamais pu exister de très-grands oiseaux pouvant voler ^ et que fort probablement le Condor^ espèce de Vautouf Aék Cordillères , oiseau de haut vol, offre, sous ce rapport, à peu près le maximum de la grandeur que les animaux de cette classe peuvenl atteindre; c'est-à-dire que déjà il né pôtirrait y avoir des oiseaux du poids des Autruches et des Casoars qiii pussent voler. Je doute fort que le Condor ptiisèè emporter une proie d'uri poids un peil considérable, ses ailes, quoique très-grandes, devante peine àvbii^ là t)diàsance de Soutenir lé corps i^edl de Toisead pèhdalilt lé tbi. En effet , l'air a^an( parlotit I (iëu {itès la mêhié densité 3 Jâ surface de la terre, il faiit pour S'y nàaiiiténir suspeildu, qu'à chaque coup d'aile un disfeau déplace îldë masse d'àlf capable de lui offrir iin point S'àppuI Suffisant pour l'ertipêcher de tomber; c'est-à-dire (}ue si dans l'unité de tèÊbps que dure un abaissement d'slilés chez le Coiidor, cet ëiseào trouve dans l'élément atnbiani une résistance sùflisàhtè pour é'y tenît suspendu, il faudrait, en conséquence dès principes exposés plus haut, ({d'un autre oiseau de même organisation , mais du doublé pour la taille , pût , pour obtenir le ménie effet , déplacer dans lé même temps uti volume d'air huit fois aussi ^rand; ce qui ne pourrait avoir lieu qu'autant que dans ce fcourt espace de temps il ferait parcourir à ses ailes un àtigle égal à celdi qde parcourent celles du Condor; itislis pour cela il faudrait aussi que lés tnuscles pectoraux qui produiraient cet effet fiissent huit fois aussi puissants que chez ce dernier animal , tatidis qu'ils ne le seraient que quatre fois; ce qui changerait non-seulement les proportions, inais augmenterait considérablement le poids du corps; d'où résulte qu'il est absolument impossible à ce grand oiseau de voler.
C'est également au moyen des mêmes prinéipès qu'on
NOTJt XX. S99
peut t)rotlver qu'il a été impossible & Dieu de (^réér et de maintenir des MoLLfcSQufes telrestres d'une grandeur un peu coiisidërable , vu que les corps de fees animaux étant dépour- ?tls de charpentes ^olide^ . se seraient affaissés sur euttnêmes fïar lèiir {jropré poids, ce qui eût empêclié toutes les fonctions de s'exercer convenablement; tandis que cela était possible quant àui espèces aquatiques. Il est ainsi trësprbbable que déjk il n'abrait pu exister de Limaces qui eussent eu , par exemple, un seul décimètre de grosseur.
Enfin , c'est encore par une démonstration analogue qu'on peut prouver qu'il n'a pas pu exister de fort grands Insectes; mais ici ce n'est plus par la raison du poids du corps, mais par celle de la propriété de la capillarité des liquides; propriété appliquée ; chet les aninlàu*, Si leiir tdode de citciilàtioii. En effets on sait que lé satig est, clië2 les Insectes, contenu dans toutes lès ])Sini{ s du corps ; où il baigne lib^etiiëht les organes, eh remplissant tous leurs iâtél'talies; ^dè lé ccëuf (aohiqbè) est uii vaisseau placé le long du dés de ràbdomèri; que lé sang, extfatàsé aitisi que je vieâs de le dire , entre par des ouvertures latérales dans lé cœur, lorsque fcèliii-ci se dilaté; et que cet organe le pousse ensuite . par sa contraction, dans la région aiitériéUré dil ehrps, où il s'épancbe de nouveau. Or, pour que cet effet puisse avoir lieu, il faut que la capillarité des organes très-déliés de ces animaux puisse suflSre pour faire monter le sang jusqu'au cœur, dans lequel il doit pénétrer par petites quantités successives ; d'où il f éfeulté t|Ue Si là hauteur verticale du corps était un peu conSidéi-able ^ cette humeur resterait dans la région inférieuhe au corps, et n'arriverait qu'en très-petite quantité jusqu'au nlVéau du cœur.
Je m'étais proposé autrefois de développer, entre autres , cette théorie de la grandeur absolue que les animaux étaient susceptibles d'atteindre suivant leur mode d'organisation , et cela dans un otivragé spécial sur la Mécaiiiqiï^ animah en général^ en y apportant lés démonstrations nécessaires à son
appui; mais je me vois obligé d'y renoncer, ne pouvant plus rassembler tous les matériaux qui devaient entrer dans ce travail , qui eût été assez considérable , et dont j'avais déjà réuni une quantité notable de fragments épars , que j*eus rhonneur de mettre, en mars 1833, sous les yeux d'une commission de l'Académie des Sciences nommée alors pour examiner mes ouvrages, commission composée de MM. Ampère , Fréd. CuviER et Dutrochet. (Voyez ma lettre à l'Académie des Sciences, 1833.)
Note n° XXL Hébreu,
Le nom d^ Hébreu , le plus ancien que portent les Israélites, fut donné, en Gbanaan, à Abraham et k ceux de sa suite, comme étant venus d'au delà de l'Euphrate, nom dérivé d'Ebery qui , en hébreu , équivaut à la syllabe trans de la langue française dans Transalpin; d'où Ebré signifie qui est venu de par delà le fleuve (Euphrate), terme qui équivaut, en français , à celui à' outre-rive , et dont on a fait enfin hébreu , en y ajoutant une H , pour rendre le son guttural de TE initial du mot Ebré.
Note n' XXIL léhova.
On a vu , dan^ cet ouvrage , qu'il a existé déjà , avant Moïses, trois noms par lesquels on désignait la Divinité ; que celui d'Elôha, dont le pluriel est Elohim, était son vrai nom , signifiant plus particulièrement Dieu ; que Schadaï , comme on l'appelait aussi , voulait dire celui qui embrassait tout, ou le Tout-Puissant, et qu'on le nommait en outre Adonaï , terme qui répond en français à celui de Seigneur. Aces trois démomi nations. Moïses en a ajouté une quatrième, celle de léhova, qui , dit-il, lui fut indiquée par l'Être Su-
sort Miii. 30i
prême même qaand il lui parla dans le baisson ardent ; nom tellement sacré, chez les Israélites, qu'il n'était permis k personne de le prononcer, et qu'on remplaçait par celui d'Âdonaï lorsqu'on le trouvait écrit quelque part. En effet, il est dit au Cbap. III, verset 13, de V Exode , que Dieu, en parlant à Moïses , dans le buisson ardent , celui-ci lui dit : « ...Voici : quand je serai venu vers les enfants d* Israël , et que je leur aurai dit : Le Dieu de vos pères nia envoyé vers voitô, alors y s'ils me disaient : quel est son nom? que leur dirai- je? »
(( 14. Alors Dieu dit à Moïses : Je suis celui qui suis. Il dit aussi : < Tu diras aussi aux enfants d'Israël : Celui qui s' appelle Je suis m'a envoyé vers vous. »
Or Je suis est exprimé , en hébreu , par Ehié , et II est par lihié on lahvé , et comme on prononçait ce nouveau nom Adonai pendant qu'on n'écrivait, suivant le génie de la langue hébraïque, que les consonnes des mots en y intercalant les voyelles, que l'usage faisait connaître , on a imaginé, pour composer ce nom sacré du Créateur, d'y placer les voyelles d'Adonaï , c'est-k-dire qu'entre les trois consonnes I , H et V de lahvé^ on a intercalé a, o, a, les voyelles à'Adonaï , d'où l'on a fait IHoVa , ainsi qu'il parait qu'on prononçait autrefois, dont on a fait plus tard Iéhovà.
Note n** XXIII. Longévité des animaux.
La durée de la vie varie considérablement suivant les diverses espèces animales , quoiqu'elle soit assez rigoureusement limitée quant à son maximum. Certaines d'entre elles , appartenant aux classes inférieures et surtout k celle des Insectes, ne vivent k l'état parfait que le peu de jours qu'il leur faut pour s'accoupler et pondre leurs œufs ; mais ils vivent souvent , plus ou moins longtemps, sous la forme de Ikrves.
308 THi^OLOGm BB U MATURfi.
Dans les autres classes , et surtout parmi les Vertébrés , il en existe, au contraire, qui peuvent vivre fort longtemps, même au delà , dit-on , d'un siècle; mais nous manquons, à ce sujet, de données bien certaines. On dit que les Éléphants, par exemple, vivent souvent plus de cent ans; THomme , comme on sait, n*arrive d'ordinaire guère k plus de quatre-vingts, le Cbeval k trente, la Vache à vingt, le Chien et le Chat au plus à dix-huit; enfin, quant aux espèces sauvages, on ne le sait pas ; mais il parait que cela est, suivant leurs familles , k peu près dans les mêmes proportions.
Parmi les Oiseaux, il en existe au contraire qui vivent très? longtemps, tels que le Corbeau j le Perroquet^ le fféron^ qui , dit-on , dépassent plus de cent ans. Mais tous ces chiffres sont loin de pouvoir être comparés k cçux qu'atteindraient, suivant certaines observations , diverses espèces de la classa des Reptiles , et parmi elles surtout les Crapauds, qu'on a, k ce qu'on prétend , trouvés bien vivants enfermés soit dans Fintérieur du bpis de très -vieux arbres, où ils n'ont pu pénétrer que de longues années avant , alors que ces derniers étaient encore jeunes , et cela dans des cavités fermées de toutes parts ; ce qui prouverait que ces animaux n'ont pendant ce long espace de temps pris absolument aucune nourriture.
Mais ce qui est bien plus encore , diverses personnes ont prétendu avoir trouvé des crapauds dans l'intérieur de masses rocheuses compactes , où la cavité qu'ils occupaient n'avait absolument aucune communication avec l'extérieur, pas même la plus petite ; cavités qui étant moulées exactement sur le corps de Tanimal , prouvaient même par Ik , que celui-ci y fut enfermé k l'époque où la roche s'est formée. Ce qui supposerait peut-être un espace de plusieurs centaines de mille années avant que ces reptiles fussent découverts.
Des faits de ce genre ont déjk plusieurs fois été signalés ,
NOTB xxiy. 303
mai$ ils n'oot jami^is 4t<é réelipmeçt vus par des sa^aats qui ^ur^ient pu observer exactement les conditions du phénomène; de manière qu'on est encore complé|tement dans le doute sur la réalité du fait.
Une de ces observations a été récemment encore soumise au jugement de T Académie des sciences (Voyez son Compte rendu, 21 juillet 1851 , tome XXXIII, page 60 et le Rapport, page 105); mais Texactitude du fait ne me parait pas avoir été suffisamment constatée.
Note n** XXIV. Monades.
Les Monades sont les plus petits de tous les Êtres vivants connus , le Monas termo n'ayant qu'environ 1/500 de millimètre de long. Us s'engendrent en quantités prodigieuses dans plusieurs infusions aqueuses qui se corrompent, ainsi que dans de l'eau où Ton fait macérer des substances animales, la plus petite gouttelette de ce liquide en contenant des milliers qui y nagent avec une remarquable célérité.
Ge sont de petits corpuscules ovales, auxquels on n'aperçoit aucun membre locomoteur. Or comme ils ont, par le genre de mouvements qu'ils exécutent, la plus grande ressemblance aveo les Cypris et les Cythéries de la classe des Crustacés, autres trèsrpetits animaux de même forme générale , mais toutefois bjen plus grande , ayant jusqu'à deux millimètres de long , il m'a paru très-probable que les Monades appartiennent h la même famille.
Les Cypris, dont Torganisation est fort compliquée, ainsi que je l'ai fait voir dans un mémoire inséré en 1821 dans les Mémxiires du Muséum d'hist. nat., t. VII , p. 33, ont le corps reçu entre deux valves latérales réunies le long du dos par une charnière , et assez semblables à celle d'une Moule , mais ayant de petites pattes assez semblables k celles des Écrevisses , dont les extrémités seules sortent par l'ouverture
liOi ' tHéOLOGl£ DE LA NATURE.
inférieure des valves pour servir h la n^arche el h la nage ; de manière que vus en dessus, ces membres ne sont aucunement apparents ; et la même chose parait avoir lieu chez les Monades.
Note n* XXV. Mouvement arbitraire des Astres.
On sait que les Planètes parcourent des orbites elliptiques autour du Soleil placé àTun des deux foyers de cette couche, et reviennent k chaque tour exactement au même point où elles ont précédemment passé , et que la Terre fait ce trajet en 365 jours et 5 heures ; temps qui constitue Tannée de cet astre. On sait aussi que ce mouvement est dû en partie à Tattraction réciproque que le Soleil et les planètes exercent Tun sur Tautre , attraction qui a lieu en raison directe de leurs masses , et en raison inverse du carré de leur distance; mais les personnes qui n*ont pas fait une étude spéciale de la Physique et des Mathématiques, ont de la peine k concevoir comment il se fait qu'en conséquence de cette attraction , les planètes ne tombent pas directement sur le Soleil : ce qui aurait en effet lieu si cette force agissait seule; mais il n'en est pas ainsi. Chaque planète est animée en outre d'une seconde force par laquelle ces astres sont poussés dans la direction d'une ligne tangente à la courbe que forme l'orbite, et qu'on a nommée de hForce tangentielle due à une impulsion primordiale, que chacune a reçue du Créateur , alors qu'il a créé ces mondes ; force ou mouvement qu'on nomme aussi centrifuge, comme tendant à éloigner ces corps du centre occupé par le Soleil ; mais cette expression est moins correcte , vu que cette impulsion n'agit pas directement en sens opposé de laforce d'attraction ou force centripète , mais dans une direction plus ou moins perpendiculaire k celle-ci ; et le mouvement de circuit autour du Soleil a lieu par l'effet de la combinaison de ces deux forces dont je viens de parler , et voici comment.
NOTB XXV. à05
Supposons que Torbite de la terre soit représentée par l'ellipse T,r T" T"', Planche I, fig- 7, qui pour cette planète est presqu'un cercle, et dont le soleil occupe en STun des foyers à peu de distance du centre o. Le globe terrestre étant placé au point de départ T, se trouvera ainsi sollicité à la fois par deux forces, dont Tune T a, ou Jorce d'attraction vers le soleil S, est telle que dans un mois de temps elle lui ferait parcourir cet espace T a si elle agissait seule; et qu'en même temps il est poussé par la force tangentielle dans la direction de Tfr, avec une puissance capable de lui faire parcourir, dans un mois, si elle agissait également seule, cette distance T fr. Or il en résulte que, par Teffet de cette double impulsion , la terre prenant une direction moyenne entre ces deux, par laquelle elle est sollicitée, arrive en un nrois en T' (voyez la note n"" 27, sur le parallélogramme des forces); c'est-k-dire qu'en formant avec les deux lignes Ta et T 6 le parallélogramme TaTfr, la terre en parcourt en un mois la diagonale TT\ et continuerait après k parcourir par l'effet de cette seconde ou nouvelle force tangentielle, si elle agissait seule, le second mois et tous les mois suivants, des distances parfaitement égales et dans cette nouvelle direction tangentielle. Mais la force attractive du soleil agissant constamment, elle tend à faire approcher la terre pendant le second mois de la distance T a , de manière que le globe terrestre se trouvant encore sollicité par deux forces, parcourt pendant ce mois, comme pour le premier, non la ligne T b\ mais la ligne T T , diagonale du nouveau parallélogramme des forces T a' T' 6', pour continuer durant le troisième mois et les suivants, k se mouvoir en ligne droite en parcourant des espaces égaux T b", dans le prolongement de T T", si cette autre force tangentielle agissait seule. Suivant ensuite toujours la même démonstration , on verra que les mois suivants la terre doit successivement arriver
en T'", T" T*', où animée d'une force tangentielle
T" 6*», elle est ramenée au bout d'un an de nouveau en T, m. :?o
|0€ THiOLOGll ra LA IfATURI.
OÙ elle se trouve, comme en partant, également animée d'une fdrce tangentielle T b égale à la diagonale T"" T du parallélogramme T"o*' T 6»'.
Je dois faire remarquer que Torbite terrestre étant une ellipse et non un cercle parfait , le soleil occupant l'un des foyers , la terre en est le plus près lorsque étant en T elle se trouve k Tune des extrémités du grand diamètre de cette ellipse,etqu'elle s'éloigne, pendant les six premiers mois, un peu du soleil, pour s'en rapprocher ensuite de nouveau durant les six autres mois. Cela varie d'une quantité telle
qu'en temps égaux les triangles STT' STT", STT"
ST**T présentent des aires égaux ; c'esl-k-dire que si les triangles sont plus allongés, les lignes TT' qui leur correspondent sont plus courtes ; d'où il résuUe qu'en temps égaux les chemins que la terre parcourt ne sont pas égaux.
Note n' XXVI. Mouvement spiral des organes.
Un assez grand nombre d'organes, tant chez les végétaux que chez les animaux, se contournent naturellement en spirales. Or c'est presque toujours de gauche h droite, direction qu'on a l'habitude de donner aussi aux pasdes vis, ainsi qu'aux autres instruments formée en spirale. Un trè§-petit nombre de plantes et d'animaux font exception k cette espèce de loi.
Les vrilles du Cpbœa scandens font d'ordinaire régulièrement plusieurs tours dans un sens, et revenant ensuite subitement sur elles-mêmes , elles tournent en sens contraire, et cela avec la même régularité, sans qu'on ait, je crois, encore pu en reconnaître la cause. Parmi les animaux quelques organes de certaine espèce tournent aussi de droite ï gauche ; disposition qu'on remarque dans la forme que prennent quelques coquilles de Gastéropodes, telle que celle de plusieurs Clausilia^ petits animaux vivant dans les endroits bumides , comme dans des grottes , la mousse qui revêt le tuts des arbres et les grosses pierres, etc.
*ofi xxvn. 307
Note n' XXVII. Parallélogramme des forces.
On démontre en physique qne lorsque deux forces agissent k la fois dans des directions différentes sur un même corps, celui-ci mis par là en mouvement suit une direction moyenne entre celles dans lesquelles agissent ces forces , et parcourt dans les mêmes unités de temps des espaces qui sont également des termes moyens entre ceux que le corps parcourrait s'il n'était sollicité que par une seule de ces forces; et Ton prouve qu'en représentant les deux forces initiales par des lignes indiquant par leurs dispositions les directions dans lesquelles ces forces agissent , et par leurs longueurs relatives le rapport des puissances de ces dernières, ou, ce qui revient au même, les espaces que dans Tunité de temps chacune ferait parcourir au corps si elle agissait seule sur lui, et ces lignes formant un angle entre elles, on n'a qu'à achever le parallélogramme dont elles sont deux côtés adjacents, pour trouver dans la direction et la lon^deur de la diagonale la disposition et retendue proportionnelle de l'espace que parcourt réellement ce corps dans la même unité de temps; et qu*ensuite il continuera à se mouvoir en ligne droite dans cette nouvelle direction, en parcourant constamment , dans des mêmes espaces de temps , des distances égales représentées par cette même diagonale, tant qu'aucune autre force ne vient la modifier.
En effet, soit Planche I, fig, 2, le corps a, animé au même instant par deux forces d'impulsion représentées de grandeur et de direction par les lignes a 6 et a c, en formant avec ces deux lignes le parallélogramme abd c,h diagonale a d représentera ainsi d'une part, par sa direction , le chemin que ce corps prendra, et de l'autre par sa longueur la force proportionnelle dont il sera animé , et en même temps Tespace également proportionnel qu'il parcourra dans la même unité
de temps, en continuant ensuite k se mouvoir dans des temps égaux k parcourir la distance d^ égale }ka d.
Note n* XXVIII. Phrénologie.
La Phrénologie , plus vulgairement connue sous le nom de Système de Gallj du nom du savant Anatomiste du commencement du XIX'' siècle, qui a créé cette partie de laPhysiologie, est ^ en réalité , la science de la composition du cerveau et de ses annexes , ainsi que des diverses fondions que chaque partie de cet appareil organique remplit, science dont cet auteur a tiré de nombreuses conséquences formant dans Tensemble un système où il déduit, de Ig forme, de la disposition, mais surtout du degré de développement des diverses parties de TEncéphale , des conséquences relatives aux facultés individuelles de chaque sujet; facultés appréciables suivant leur puissance , par la forme que prend la partie extérieure du Crâne. C'est en conséquence de ce prétendu effet du cerveau sur la boite osseuse de la tête que cette partie de la Physiologie fut aussi appelée Crânologie.
Ce système scientifique, qu*ont adopté un assez grand nombre de personnes, consiste dans Thypothèse fondamentale , qui parait en effet être vraie , que FEncéphale , nonseulement de rhomme , mais aussi celui de tous les animaux, se compose d'une certaine quantité de parties plus ou moins bien circonscrites, formant chacune le siège d'une faculté soit intellectuelle, soit sensitive, soit instinctive ou même purement automatique , dont Ténumération est , k mon avis, impossible, mais dontOall et ses disciples ont toutefois cru pouvoir fixer le nombre k peu près k une trentaine; quoique déjk , sur ce point fort essentiel , ces savants diffèrent; ne s' accordant ni sur le nombre ni sur le siège de ces organes spéciaux, en même temps que les facultés indiquées ne répondent pas k toutes celles qui se manifestent chez
NOTB XXVIII. 309
les animaux. Mais, quoi qu'il en soit , Gall, frappé de la particularité que présentaient diverses personnes d'avoir, tes unes des penchants irrésistibles pour certains actes, et les autres une indifférence, ou même un véritable éloignement pour d'autres, et remarquant que ces personnes offraient dès formes particiilières dans leurs crânes , les premières y présentant des saillies plus ou moins éminentes , tandis que les secondes y' avaient des dépressions, souvent très-fortes, il arriva k cette opinion que , chez les uns comme chez les autres ces formes étaient dues au plus ou moins grand développement qu'avait la partie de l'Encéphale placée dans cette région de la tète et présidant k ces facultés ; organes qui ayant un plus grand développement chez les premières , repoussaient en conséquence les os du crâne et y faisaient ainsi paraître en saillies -, tandis que chez les secondes , où ces organes étaient plus ou moins atrophiés , les facultés qui y résidaient étaient peu énergiques ou nulles, et le crâne en conséquence déprimé dans leur voisinage; résultats en effet parfaitement possibles, les os , quoique constituant les parties les plus compactes de tout l'organisme, cédant avec la plus grande facilité aux organes les plus mous pour leur laisser la place nécessaire & leur développement.
Tant qu'on s'en tient k ces généralités théoriques , tout est parfaitement logique , vu que ce système a toutes les probabilités pour lui ; et aujourd'hui encore personne ne con-teste ce principe général ; mais en voulant le spécialiser et l'appliquer surtout k la détermination des facultés particulières k chaque personne, Gàll et ses disciples sont tombés nécessairement dans de nombreuses erreurs. En effet, tout en admettant , en principe général , que l'encéphale se compose d'un certain nombre de parties dont chacune préside k une faculté , soit intellectuelle , soit instinctive , soit sensitive ou motrice, encore faut-il avoir reconnu d'une manière certaine le lieu où chacune se trouve ; et cette objection , qui n'est pas la seule qu'on puisse faire a la théorie
310 THiOLO«a OB hk HATURS.
de Gall, estlom d'être écartée par Tobservation et surtout par des démonstrations. La preuve de ce manque de certitude se trouve déjà dans la divergence d'opinion des divers chefs d*écoIe de la science phrénolôgique , et en outre ^ dans rimpossibllité d'avoir pu réunir un assez grand nombre de faits sans exceptions qui puissent résoudre la question pour chacune des trente facultés, qu'on admet un peu trop à priori, comme ayant seules des centres spéciaux dans l'Encéphale, Gall disait bien qu'il avait fondé son système d'après des observations faites sur plusieurs milliers de cerveaux ; mais quoique ce chiffre, si même il n*est pas exagéré, soit fort considérable, je le trouve encore très-insufiisant lorsqu'il s'agit de déterminer, non l'existence réelle du siège d'une faculté » mais le degré d'éminence de chacune de ces dernières. S il ne s'agissait que de les compter et de reconnaître celles qui existent, un nombre beaucoup moindre de cerveaux de personnes, dont les facultés ont été bien connues d'avance , aurait suffi pour fonder la science de la Phrénologie^ car, connaissant le nombre de ces facultés dans chacune de ces personnes , et par conséquent l'absence de telle ou telle autre , ou n'aurait eu qu'à constater, par la dissection, quelles senties parties du cerveau qui manquent, et la comparaison des résultats eût bientôt fait connaître quelle était la partie de l'encéphale qui est le siège de chacune. Mais ce n'était pas si facile ] tout le inonde a les mêmes facultés, seulement plus ou moins éminentes, avec des modifications infinies; alors, coniment se reconnaître dans ce dédale de variétés illimitées? Gall montrait bien , dans ses cours , des crânes d'hommes qui se sont distingués par réminencede certaines facultés, crânes dont les saillies devaient fournir la preuve du système ; mais encore ici , on peut opposer plusieurs difficultés : l"" celle de savoir si l'auteur a pu se procurer, pour chaque faculté, un nombre suffisant de tètes qui fournissent ces preuves, ce qui a dû être très-di$cile, sln^n împossibie, vu c(ue peu de familles coi-
HOTB XXTIII. 311
sentiraient k voir figurer, dans des collections, le crâne de leur parent , personne précisément d'un très-haut mérite par cette même faculté qui la distiguait, en admettant même que cette faculté fût honorable; et, certes, eela devait être bien plus difficile lorsque la faculté était plus ou moins ré* prouvée par Topinion publique. Gàll s'est bien procuré , avec quelque facilité , les têtes des suppliciés ; mais cela est loin de suffire. Ces hommes ne sont condamnés à mort que pour un petit nombre de crimes, et ceux-ci seulement auraient pu être ainsi déterminés par Tétude anatomique du cerveau^ encore le nombre n'est pas si grand, en même temps que le degré de criminalité n'est pas toujours tellement éminent qu'on doive pouvoir le reconnaître facilement sur les saillies de la tête. Mais comment s'est-il procuré en grand nombre les cerveaux des personnes éminemment distinguées par les nobles qualités de leur cœur et de leur esprit, dont j'ai déjà parlé , ainsi que ceux des artistes et des savants illustres, qui seuls auraient pu fournir des indications plus ou moins certaines?
S"" Tout en admettant toujours que Tencéphale soit un assemblage de masses cérébrales dont chacune préside à une faculté, quels faits ont pu prouver au docteur Gall que toutes ces masses , sans exception , sont superficielles et endessus ou au pourtour de ce dernier, contiguës k la partie osseuse du crâne et non k la base ou dans intérieur du cerveau , où il y en a évidemment? Et dans ce cas, comment savoir si deux ou trois centres de facultés sont superposés ou non , et quel est celui qui, prédominant dans telle personne qui se fait remarquer par une qualité quelconque et produit la saillie du crâne? car cette qualité peut résider dans Tune ou dans l'autre partie qui , plus développée que les-autres , fait saillir la partie correspondante de la surface du cç^rveau en soulevant celle placée au-dessus; encore faut-il qu'on admette que les parties avoisinantes soient restées exactement dans les conditions du terme moyen, ce qui est difB-
313 THBOLOGIB DE LA KATURB.
cile de croire. En effet, si de trois parties superposées, la moyenne seule se développe et que les deux autres diminuent, Tensemble des trois ne variera pas sensiblement de volume, de manière que la surface du cerveau ne signalera ni Téminence de Tune des facultés, ni la faiblesse des deux autres, quoique les trois qualités aient été bien constatées chez la personne. Il en sera à peu près de mémo pour les parties placées à la suite les unes des' autres, si même elles sont toutes superficielles. En effet, il est évident que si une partie dû cerveau se développe fortement , et avec elle la faculté qui y réside , tandis que celles qui Tentourent sont plus petites qu'k l'ordinaire, la première, prenant la place que les autres cèdent, pourra devenir fort grande sans que la masse totale du cerveau ou la partie de la surface où elle se trouve soit plus saillante. Or cet effet du développement d*uD organe cérébral et de Tatrophie des autres peut être tel qu'une partie du cerveau soit assez fortement changée de place pour faire tooiber le phrénologiste dans Terreur lorsqu'il veat juger, par remplacement d'une saillie du crâne, quelle est la faculté qui distingue la personne présentant cette particularité , circonstance qui doit se rencontrer fréqucmmeot. Pour venir k l'appui de ce que je viens de dire, je ne citerai qu'un seul fait que tout le monde connaît. Le docteur Gall place le siège de la Bienveillance ou de la Bonté du coeur k la partie moyenne supérieure du front; or Louis XVI avait, ainsi qu'on peut le voir sur tous ses portraits , cette partie du crâne déprimée d'une manière extraordinaire, le front fuyant tout k fait en arrière. D'après les principes de la Phrénologie, ce prince aurait, en conséquence, dû être dépourvu, k un très-haut degré, de tout sentiment de bienveillance, tandis que tout le monde sait qu'il était d'une bonté parfaite , et ses plus grands ennemis mêmes ne l'ont jamais n^é. Que peuvent répondre k cela les disciples de Gall? Or si le siège de la bienveillance n'est pas Ik où ce savant a prétendu qu'il se trouvait , cela indique non-seulement cette
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première erreur, mais comme cette faculté se trouve ailleurs où les Phrénologistes placent une autre faculté, celle-ci doit exister, par la même raison , également sur un autre point, ce qui constitue une seconde erreur, et amsi de suite pour plusieurs autres; ce qui suffit pour renverser complètement toute la théorie quanta son application aux diverses personnes dont on veut reconnaître les facultés.
^3"* D'après le Système de Gall, un crâne très- développé dans toutes ses parties indique, dans la personne qui offre ce caractère , sinon que toutes , du moins que la plupart des facultés, dont le siège est dans Tencéphale, sont très-développées; c'est-à-dire que ces personnes ont en presque toutes choses une très-haute capacité intellectuelle. Gela est vrai en thèse générale, mais n*est plus aucunement applicable, comme principe d'après lequel on puisse infailliblement se régler, dans la détermination du degré d'intelligence de chaque individu, les exceptions étant fort nombreuses. En effet , qui ne connaît des personnes qui , bien que leur crâne soit très-grand, n'offrent cependant qu'une intelligence fort ordinaire; et réciproquement, des personnes k petite tête fort distinguées par la capacité de leur esprit? Or cette différence dans le volume de la tète dépend , d'une part , de l'épaisseur des os ainsi que de la capacité des sinus frontaux; et Féminencedes facultés intellectuelles dépend, de son côté , fort souvent de la Qualité de la substance cérébrale, qui n'est évidemment pas la même chez tous les animaux et pas même dans tous les individus de la même espèce. Ce dernier fait est prouvé, dans l'espèce humaine, par les personnes affectées de ramollissement du cerveau , maladie qui cause un affaiblissement plus ou moins grand des facultés intellectuelles et même Tidiotisme. Or l'on conçoit que cette affection doit se trouver k tous les degrés possibles, et qu il doit en résulter d'innombrables modifications dans les facultés intellectuelles et autres ; et si l'affection est congéniale ou à peu près , et devenue chronique, elle doit
314 THJOLOOR ra LA NATURB.
déterminer les différents degrés dlntelligençé qu'on observe chezJes personnes.
Cette différence dans la substance de Tencépbale existe nécessairement aussi bien que dans tous les autres organes, sans produire de modiGcation du volume des uns et des autres.
4° Enfin , je ferai une dernière objection au système de Gall» en faisant remarquer qu'il existe régulièrement dagis l'épaisseur des os du front, derrière les sourcils, une cavité plus ou moins spacieuse suivant les individus, et nommée les sinus frontaux dont j'ai déjà parlé, cavité en communication avec les fosses nasales , et comme elles remplies d'air. Or ces cavités peuvent être très-profondes et diminuer par là l'emplacement du cerveau quoique le front fasse fortement saillie en avant ; d'où il résulte qu*en admettant même que le Système de Phrénologie soit fondé dans ses principes , les cranologistes doivent souvent se tromper sur la réalité des facultés dont les bosses répondent à cette région de la tête , et ce sont précisément les plus éminentes.
Si Ton applique le Système de Phrénologie aux animaux, on tombe également dans les plus grandes contradictions , et cela déjà sous le simple rapport du volume total de l'encé* phale. Eu effet, le Chien ^ dont la grande intelligence est connue, aun cerveau proportionnellement moins volumineux que le Chai, animal moins intelligent; V Éléphant , qui, dit*on , peut s'élever jusqu'à la raison, n*a qu'un cerveau extrê* moment petit par rapport à l'énorme masse du corps. Chez les Oiseaux , les petites espèces de granivores et les insectivores ont au contraire des cerveaux énormes comparativement à la masse du corps; celui du Tarin étant, suivant M. TiEDEMANN , du poids d'un quatorzième de celui Avt corps entier, tandis que chez l'espèce humaine il n'en est tout au plus que le cinquantième : les plus gros cerveaux d^homme ne pesant que 1 ,500 grammes. Or, avec ces données, cornnnept expliquer Téminencedes facultés intellectuelles » si ce
Mon ixix* 315
B'est , en grande partie , en admettant l*iilfluenee de la qualité de la substance cérébrale , et alors , que devient toat le sys* tème de Phrénologie?
Note n*" XXIX. Procréation dès Germes.
La génération des animaux supérieurs ayant lieu au moyen du concours de deux individus, le mâle et la femelle, la plupart des anciens Physiologistes, et surtout Hippocratès , Aristotélès et Galien , pensèrent naturellement que chacun des deux sexes produisait un sperme qui se mêlant don* naient naissance aux germes des nouveaux sujets , opinion qui fat également soutenue depuis par divers savants mù-> dernes, et surtout par Descartes et Buffon; tandis que d'au* très , et parmi les modernes , Fallopius ^ pensèrent au contraire , que le premier rudiment du germe d'un Être était fourni par le mâle seul , qui le déposait dans le sein de la femelle, où il ne faisait que se développer au moyen de sucs nutritifs que celle-ci lui fournissait , absolument comme une semence de plante se développe dans la terre.
Hippocratès croyait en outre que les deux spermes se mêlant ensemble , le plus puissant prédominant sur l'autre déterminait dans le nouveau sujet un sexe analogue au sien ; et ce système fut ensuite adopté par un grand nombre d'autres Physiologistes.
Suivant Empédoclès , les deux semences se composaient d'un grand nombre de parties matérielles qui s' attirant les unes les autres , produisaient le fœtus ; opinion qui fut renouvelée dans les temps modernes par Maupertuis.
Yan-Helmont, tout en adoptant le système du mélange des deux semences , pensait toutefois que c'était la femelle qui fournissait plus particulièrement la partie matérielle du nouveau sujet , et que le sperme du mâle renfermait une espèce d'esprit qui ranimait ; opinion qui, tout en rentrant
dans celle du mélange des deux spermes , approchait toutefois beaucoup de layérité : des expériences plus modernes ayant prouvé que le mâle ne donnait que l'impulsion vitale au germe.
Dans le siècle dernier surgirent encore d'autres systèmes sur la procréation des germes. Les Micrographes ayant découvert dans le sperme des mâles adultes une foule de petits animalcules ayant d'ordinaire la forme de vers filiformes à grosse tête terminale , cette découverte fit penser k Hartsoœker, Leeuvenhoek, Boerhaave, etc., que c'était un de ces petits Êtres qui en se grefTant sur la femelle, ou dans Fœuf dans lequel il pénétrait, constituait ainsi le premier germe du nouveau sujet , et parcourait après diverses évolutions par lesquelles il devenait finalement semblable aux individus dont il provenait. La fausseté de cette opinion fut prouvée par Spallanzani, qu^ féconda des œufs de grenouilles avec du sperme entièrement dépourvu de ces animalcules.
Bufibn, tout en admettant le système du mélange des spermes, crut que l'un et l'autre étaient des extraits de toutes les parties du corps du mâle et de la femelle , et que ces particules se joignaient et se rangeaient k leurs places respectives pour constituer ainsi le corps du fœtus ; mais on lui fit remarquer que, d'après ce système , des parents mutilés devraient produire en conséquence des enfants qui le seraient aussi, vu que des organes qui n'existent pas ne sauraient fournir d'extrait; objection k laquelle ce Naturaliste éminemment systématique n'avait sans doute pas pensé.
Certains Physiologistes, et entre autres déjkHippocratès, Galien et Aristotélès , allant plus loin encore , ont avancé l'opinion que la différence de sexes des fœtus était due au côté droit ou gauche dés individus dont les spermes des deux sexes provenaient ; mais il fut facile de montrer l'erreur de cette opinion purement gratuite , en faisant voir que d'une patt des mâles, mutilés d'un côté, produisaient cepeu-